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Des cheminées polluantes issues d'une usine chimique
© ferrantraite via Getty Images

Quels sont les business qui profitent le plus du dérèglement climatique ?

Le 24 janv. 2019

Alors que la communauté scientifique ne cesse d’alerter sur les dangers du dérèglement climatique, certains s’en frottent les mains. Une ONG dévoile comment les entreprises comptent en profiter pour gagner plus.

Tout le monde le dit. Les économistes, les scientifiques, les futurologues, les géographes… La collapsologie – comprendre : la science de l’effondrement – est partout. Si on ne fait rien, ça pourrait bien être la fin. Certains se bougent : citoyens, gouvernements, et même entreprises. D’autres, plus cyniques, se placent du côté de la fatalité. Foutus pour foutus, autant faire du business.

C’est très gênant, et c’est le constat glaçant du rapport mené par l’ONG CDP (Carbon Disclosure Project). L’organisation y répertorie les entreprises les plus responsables, mais aussi celles qui prévoient de profiter du dérèglement climatique pour générer du cash.

Plus de maladies, donc plus de médicaments 

Le dérèglement climatique entraîne la montée des eaux, mais aussi des flux migratoires importants – d’hommes et d’animaux. Les vecteurs de maladie se déplacent et vont atteindre des zones où les populations ne sont pas immunisées. Bonne nouvelle pour les laboratoires pharmaceutiques, qui pensent déjà à développer des médicaments en conséquence.

Merck, par exemple, prévoit que le marché des médicaments contre les maladies liées aux climats tropicaux ou transmises par l’eau va connaître une croissance fulgurante.

Prévoir ses vacances en fonction des zones arides ou inondées

Certaines zones du globe vont franchement souffrir de la montée des eaux ou des températures. Une aubaine pour Google, qui estime que son service Google Earth va connaître un taux de fréquentation record (« Si les utilisateurs privilégient notre outil pour surveiller les changements climatiques de la Terre ainsi que ses ressources, cela pourrait entraîner une hausse de leur fidélité ainsi que de la valeur de la marque »), mais aussi pour les compagnies aériennes.

La prévision d’United Airlines est claire. « Le dérèglement climatique pourrait entraîner des températures extrêmes dans certaines régions. Nos clients qui seraient touchés directement pourraient vouloir passer leur temps libre dans des zones au climat plus tempéré. Ce qui pourrait donc entraîner une augmentation des demandes de voyage. » CQFD.

Chez American Airlines, on est sympa. À conditions météorologiques extrêmes, geste commercial adapté. Ainsi, l’entreprise pourrait permettre aux voyageurs de modifier leur itinéraire en changeant d’aéroport au cas où celui qui était prévu initialement serait inaccessible. En gros : ils empochent le pognon, vous changez de destination, et on espère quand même que vous passerez de bonnes vacances.

C’est le moment d’investir dans la clim’

Si vous n’avez pas les moyens de vous payer un billet d’avion pour « un climat plus tempéré », vous pouvez toujours acheter une clim’. Un conseil : investissez dès maintenant. Le distributeur Home Depot, spécialisé dans l’équipement de la maison, mise sur une hausse des ventes de ses appareils climatiseurs.

Le groupe financier Wells Fargo se dit d’ailleurs prêt à accompagner celles et ceux qui souhaiteraient notamment faire des travaux pour mieux isoler leur habitation. « Se préparer au dérèglement climatique et aux catastrophes naturelles qui sont liées demandera des constructions plus solides ou des travaux plus solides », écrit l’entreprise. 

L’iPhone, votre meilleur ami

« Alors que les gens font face à des événements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquemment, nous pensons que ils auront de plus en plus besoin d’être rassurés et préparés en ce qui concerne leur sécurité personnelle et celle des êtres qui leur sont chers », constate Apple.

Et dans ce contexte, la marque mise sur une explosion des ventes d’iPhones. Ces derniers peuvent en effet servir de lampe de poche, de sirène d’alarme, donner des indications de premiers secours, être utilisés comme radio…

 

Le rapport ne sous-entend évidemment pas que ces entreprises souhaitent le pire. Mais elles s’y préparent. Et c’est glauque – on se dit que plutôt que de jouer le jeu du chaos, elles pourraient investir ailleurs, autrement, essayer de rectifier le tir.

Sur une note plus positive, le rapport répertorie aussi les bonnes initiatives. L’entreprise de pétrochimie brésilienne Braskem a développé un polyéthylène produit à partir de canne à sucre qui capture le CO2 contenu dans l’atmosphère. Fujitsu s’attèle à développer une intelligence artificielle capable de remettre sur pieds plus rapidement les zones touchées par les catastrophes météorologiques. LEGO a lancé ses premières briques fabriquées à partir de plastique végétal. La chaîne de distribution Best Buy a promu les services de l’entreprise ENERGY STAR, permettant aux Américains de réduire leur facture énergétique de plus de 45 millions de dollars en 2018 – mais aussi de réaliser une économie d’énergie équivalente au retrait de 55 000 voitures par an.

Tout n’est pas perdu, donc…

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