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Biocoop dit stop aux bouteilles en plastique

Le 23 mars 2017

Lors de sa conférence annuelle, Biocoop a confirmé avoir stoppé la vente d’eau en bouteilles plastiques. Une décision militante qui vise à inciter les consommateurs à boire l’eau du robinet s’ils le peuvent.

Les résolutions du début d’année prennent des formes variées. Chez Biocoop, les équipes ont souhaité abandonner l’eau embouteillée depuis le 1er janvier 2017, dans tous les points de vente. La démarche correspond à un désir fort de la marque : celui de peser sur les choix de société.

En effet, en abandonnant les bouteilles d’eau, Biocoop souhaite participer à la réduction du coût énergétique et de l’impact écologique de l’extraction jusqu’à la mise en bouteille, du transport et du retraitement. Pour Patrick Marguerie, Directeur de la communication de Biocoop, la décision s’inscrit dans le postulat initial de la marque. « Nous sommes nés en 1986 en réaction au consumérisme. L’idée n’était pas de faire du commerce, mais de développer une agriculture biologique. A l’époque, il s’agissait d’une posture totalement militante ».

Depuis, la coopérative a toujours su se priver de chiffre d’affaires pour respecter ses convictions. « En 2013, nous avons par exemple arrêté de vendre du tarama. Là encore il s’agissait d’un choix environnemental : nous ne voulions pas soutenir d’une quelconque façon les pêches de hauts fonds ».

Pour Patrick Marguerie, il s’agit de rester logique envers une charte fondatrice qui reste inchangée depuis les débuts de l’aventure. « En tant que coopérative, nous sommes limités dans nos résultats. Nous n’avons pas d’actionnaires hors entreprise à servir… Cela nous permet aussi d’avoir plus de latitude que d’autres : l’eau en bouteille représente 1% à 1,5% du chiffre d’affaires d’un magasin, mais si l’on juge nécessaire de nous séparer du produit, nous avons la possibilité de le faire ».

Toutefois, il est important de préciser qu’abandonner un produit n’est pas une finalité : l’objectif est bien de le faire évoluer dans le sens d’un cahier des charges établi. « Si ça n’est pas possible, nous arrêtons de le commercialiser ».

Si la décision a été prise en début d’année, elle est soutenue jusqu’à la fin du mois par une campagne de communication signée par l’agence Hungry and Foolish. Le dispositif mis en place, sur www.ma-cons-eau.com, permet de calculer sa consommation annuelle de bouteilles d’eau en plastique et ses conséquences sur l’environnement.

Ainsi, à raison de 7 bouteilles par semaine, un consommateur émet chaque année 39 Kg de CO2, 5 Kg de déchets non recyclables et gaspille 255 L d’eau pour la production des bouteilles…

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Mais plutôt que de rester sur ce triste constat, la marque propose aux consommateurs d’aller plus loin en adoptant de nouveaux modes de « cons’eaumation ».

Ainsi, Biocoop :

  • Offre une bouteille en verre aux 12 premiers clients qui en font la demande
  • Propose aux internautes de découvrir la qualité de l’eau du robinet selon les communes
  • Met en place des solutions de filtration à découvrir en magasin
  • Et édite une brochure sur la consommation d’eau et les avantages de l’eau du robinet.

 

« Notre positionnement est d’être intransigeant. Nous avons développé un côté pédagogie : il ne suffit pas d’abandonner un produit sans expliquer pourquoi au consommateur. Nous voulons accompagner les citoyens dans une vraie transition ». Pour Biocoop, la solution ultime n’est pas d’arrêter de vendre des bouteilles en plastique, mais d’arrêter l’épandage de pesticides sur les zones de captage d’eau. « Ainsi, nous pourrions avoir une eau du robinet qui soit de qualité. En attendant, nous proposons les meilleures solutions pour les consommateurs afin qu’ils puissent changer leurs comportements. Nous voulons pousser la société vers une consommation plus responsable ».

Ce qui est important, c’est de donner une tribune à la société. « Les gens prennent conscience de leur pouvoir et de la pression qu’ils peuvent exercer sur les distributeurs, plus que sur les pouvoirs publics. Finalement, ils votent avec leur carte bleue : ça permet de faire bouger les lignes ». Et le sens de l’histoire devrait aussi faire bouger les pouvoirs publics… « Nous voyons bien que la dynamique de notre entreprise séduit une part grandissante de la population ».

Car en plus du pouvoir de la carte bleue, il existe le pouvoir des réseaux sociaux. Patrick Marguerie revient sur l’affaire qui a opposé Biocoop et Interfel. En cause, une publicité qui incitait les citoyens à ne manger que des pommes bios… « Nous nous sommes faits attaquer sur le fond et sur la forme. Sur le fond, on a gagné, sur la forme, on a perdu : Interfel jugeait notre communication dénigrante… » Mais la jolie surprise vient après le verdict : une fois condamné, Biocoop a pu constater le soutien de sa communauté sans même qu'elle ne soit sollicitée : « sur les réseaux, les gens se disaient prêts à nous aider à payer l’amende ! »

Un signal positif, qui montre que le bien commun pourrait finir par l’emporter… « On ne peut plus attendre : nous voulons faire avancer le sujet, prendre des décisions courageuses et arriver à une solution qui ne sera pas seulement bénéfique pour nous, mais pour tous ».

Bravo.

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