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Yahoo et les start-up: une stratégie de recrutement particulière

Le 20 juin 2013

Pour recruter les meilleurs talents, Yahoo a une stratégie originale: racheter les boites qui les emploient. Y compris et surtout celles qui n'arrivent pas à décoller ou qui se plantent.

"Acqui-recrutement", "aqui-débauchage"? Pas certain qu'il existe un mot en français pour décrire l'expression américaine "aqui-hire", mélange d'acquisition et de recrutement. Si quelqu'un a une suggestion, qu'il n'hésite pas à nous la communiquer.

De fait, ce barbarisme décrit une pratique qu'est en train de populariser Marissa Mayer, la très charismatique et médiatique patronne de Yahoo. Pour attirer dans son groupe les ingénieurs et les développeurs les plus talentueux, Marissa s'est mise en tête de racheter les boîtes qui les emploient ! Bon d'accord, ça coûte un peu cher, on évoque notamment le montant moyen d'un million de dollars par salarié, mais c'est très efficace et ça permet de gagner du temps... Mieux, selon Business Insider, Marissa n'hésite pas à s'offrir des start-up qui ont échoué, ou sont en passe de... Ce qui limite d'autant la facture. Enfin pas toujours, si l'on en croit Business Insider...

Ainsi, Yahoo s'est offert une bonne douzaine de start-up depuis le début de l'année, dans le seul espoir de récupérer ses meilleurs talents. La dernière cible du géant californien, Xobni, est spécialisée dans des applications sur les carnets d'adresses. Sans beaucoup de succès. Qu'à cela ne tienne, Yahoo en aurait proposé 30 à 40 millions de dollars. La firme a aussi fait une offre de 50 millions de dollars sur la start-up new-yorkaise Qwiki, qui a longtemps cherché le bon produit, avant de créer une application pour réaliser des clips à partir d'images ou vidéos - sans plus de réussite d'ailleurs. Mais là encore, Marissa vise surtout sa main d'oeuvre la plus qualifiée.

Un nouveau mode de recrutement? Certains experts n'hésitent pas à critiquer ouvertement cette stratégie. Car c'est forcément déprimant, comme le pointe l'un d'entre eux, d'être employé chez Yahoo et de voir arriver des gens dont le seul mérite est d'avoir planté leur start-up... Et surtout d'avoir touché le jackpot pour cela.

François Kermoal est directeur de la rédaction du magazine l'Entreprise.

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