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Les codeurs superstars

Le 31 oct. 2014

Les séries ne s’y sont pas trompées : Big bang theory ou Sillicon valley, les codeurs sont désormais des “stars” et comptent parfois plus de fans que certaines célébrités. Comment la société a t'elle fabriqué ces nouvelles idoles ? L’analyse du phénomène semble aussi logique qu’une ligne de Php.

1955

Le tout premier concours Eurovision de la chanson est lancé en Suisse. Son succès s’explique par des valeurs qui dépassent la simple compétition musicale. Des considérations d’ordre géopolitiques entrent en jeu chaque année diffusant le message d’une cohésion européenne positif pour l’avenir.

 

Pendant ce temps, l’informatique en est encore à ses balbutiements. Loin des paillettes, les programmateurs sont financés par les ministères de la Défense. Leurs recherches ne sont même pas encore qualifiées de science. Élitiste et obscur, leur langage n’a pas encore de répercution sur le quotidien du grand public. 

 

1985

Aux États-Unis, l’émission Starsearch connait un succès sans précédent, s’inspirant du principe des radios-crochets et élargissant le panel des graines de star à différentes branches artistiques comme la danse ou la comédie. Dans la longue liste des jeunes révélations de l’émission, on compte une certaine Britney Spears et une dénomée Beyoncé. 

 

Les jeunes prodiges se trouvent aussi en informatique. Mais si les “geeks” et les “nerds”, nouvelles catégories sociales à part entière, commencent à entrer dans les séries télévisées et les fictions pour adolescents, ils restent pour le moment marginalisés à la salle informatique de leurs lycées. Pourtant, les systèmes Windows de Microsoft et Mac OS d’Apple permettent doucement la révolution sociale de l’informatique. Tout le monde peut désormais apprendre les rudiments du code.

 

2005

20 ans plus tard, les radio-crochets sont de retour à la télévision. La Star Academy, Popstars battent leur plein brassant chaque année de nouvelles promotions de jeunes premiers. Le public est avide de jeunes talents, tout le monde veut son quart-d’heure de gloire.

 

Les succès rapides des réseaux sociaux et des plateformes de partage font enfin entrer les codeurs sur le devant de la scène. Les fondateurs/programmateurs de Napster et Facebook deviennent vite aussi connus que leurs services. Les conférences qu’ils donnent sont aussi sold-out que des concerts. Partis de rien, les Shawn Fanning  ou les Mark Zuckerberg vendent au grand public l’idée qu’il suffit de quelques lignes de codes pour connaître la réussite et la richesse. Geek rime désormais avec chic.

 

2015

Les radios-crochets sont partout : dans votre playlist, la nouvelle star présente son nouvel album, dans votre cuisine les best-sellers du nouveau top chef s’ajoutent à votre collection de livres de cuisine. Quelque part, dans le bureau d’un producteur, on songe à une nouvelle idée de show, La Code Academy. 

 

Après être devenus des businessmans éclairés, les codeurs sont infiltrés dans toutes les couches de la population et déclinent un panel de profils aussi variés qu’originaux. Ils sont partout, votre boulanger travaille durant ses jours fériés à son application mobile, votre mère prend des cours de soutien en HTML5 pour customiser sa boutique Etsy. Tout le monde a envie d’avoir LA prochaine idée digitale à 5 milliards de dollars. Évidemment, comme dans toutes les disciplines, il y a beaucoup d’appelés, peu d’élus. Cependant, contrairement aux autres domaines populaires, le talent n’est pas une option mais un prérequis pour devenir un développeur de génie.

 

On entend ici le vieil adage “le génie commence les beaux ouvrages, mais le talent les achève”. Tout comme d’autres carrières dites à vocation, les deux pierres angulaires de celle d’un codeur sont bel et bien “passion et labeur quotidien”. À la manière d’une langue étrangère, Java, Ruby, et toutes les variations subtiles de ces idiomes doivent être pratiquées tous les jours. Nombre des développeurs les plus renommés évoluent en agence. Avec une place aussi prépondérante que celle des designers, ils assurent la cohérence et la fluidité des prototypes. Leur veille permanente participe à la proposition d’expériences toujours plus immersives pour l’utilisateur. Chez ultranoir, nous préservons un espace de respiration à ces créatifs d’un nouveau genre afin de mieux stimuler leur esprit d’initiative. Notre lab est une parenthèse entre les projets où ils peuvent laisser libre cours à leur imagination débordante. Ce lab a pour objectif d’identifier, et de tester les technologies réellement utiles aux expériences utilisateur de demain.

 

En conclusion, au-delà de l’effet de mode, ces codeurs “superstars” ont prouvé leur nécessité, correspondant aux besoin de notre temps. Multitâches, autodidactes et slasheurs, ils cumulent qualités artistiques, créativité et rigueur scientifique. Les codeurs modernes seraient-ils la meilleure image des générations y et z ?

 

 

ultranoir

 


Sylvie le Roy - Le 31 oct. 2014

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