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Les capitaux-risqueurs misent sur les copycats des marchés émergents

Le 21 juin 2012

Refroidis par leur marché domestique, les investisseurs américains ont tendance à miser leur argent au Brésil, en Indonésie ou en Turquie, sur des idées de start-up qui ont fait leurs preuves dans les pays développés. Par François Kermoal

Les copycats, ces start-up qui s'inspirent de modèles établis, ont la cote auprès des capital-risqueurs américains, selon un article de The Economist (@TheEconomist), qui observe qu'ils sont de plus en plus nombreux à y investir.

Cette pratique bien connue se développe désormais dans les marchés émergents, sous le nom de " tropicalisation ". Après la Chine et L'Indes, les investisseurs à la recherche de perles rares ont tendance à se tourner vers des pays comme le Brésil, l'Indonésie, la Russe, l'Afrique du Sud, ou la Turquie.

L'an passé, les capitaux-risqueurs ont investi 3,4 milliards de dollars pour soutenir des start-up sur ces marchés émergents, le double de 2008, note The Economist. Le titre économique justifie cet intérêt par la difficulté des investisseurs à maîtriser leur marché domestique ; les tickets d'entrée dans les start-up sont de plus en plus élevés et les retours sur investissements d'autant plus hypothétiques...

Ainsi, sur 100 opérations réalisées ces dernières années, 62 n'ont pas donné de retours plus élevés que la bourse, selon la société d'études Preqin, qui alimente les capitaux-risqueurs en informations. A cela s'ajoute la concurrence entre start-up, de plus en plus nombreuses à vouloir lever de l'argent. D'où cet intérêt pour les marchés émergents et, pour y limiter les risques, des modèles qui ont fait leurs preuves aux Etats-Unis ou en Europe: en Chine, la moitié des investissements sont réalisés sur des copycats, un chiffre plus proche de 70% au Brésil, relève The Economist.

Revers de la médaille, les copycats font rarement d'énormes carton. Pour commencer, leur activité est par nature limitée à leur marché local, sous peine de se heurter à leur modèle. Quand la copie n'est pas elle-même menacée par l'idée dont elle s'est inspirée... Le Facebook de l'Amérique latine, Sonico, a été laminé par l'arrivée de son illustre modèle. Il y a finalement une morale.

 

François Kermoal est directeur de la rédaction du magazine l'Entreprise.

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