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Le règne des IKWIWAIWIN

Le 24 janv. 2013

La génération IKWIWAIWIN prend le pouvoir. Pour les engager, les experts se déclarent la guerre des connexions. Et vous, quelle est votre approche créativo-innovante ? Tribune de Nesem Ertan

Aujourd’hui, la créativité est devenue le talent n°1 valorisé au sein des entreprises mais également des communautés de la sphère sociale.

Après les amateurs qui se sont libérés durant l’aire de la Longue Traine, nous avons vu naître les crowdfunders (My Major Company, Kickstarter, etc ) qui nous ont tout droit menés à l’ère des makers, plus libres que quiconque.

Quelles sont les raisons poussant l’humanité à toujours vouloir créer et innover ?

Défier sa propre mortalité ? Gagner l’approbation de ses pairs ? Améliorer ses conditions de vie ? Se divertir ? Les conséquences à long terme de ses créations lui importent-elles réellement au delà des discours politiquement corrects et PRable ?

Kevin Kelly a écrit « What technology wants », Douglas Rushkoff a écrit « Program or be programmed », Philippe Borrel s’interroge sur « Un avenir sans humains »… Hélas, il n’est pas anodin de se demander si nous parvenons à maîtriser ce dynamique de destruction créatrice qui nous habite.

Une nouvelle génération de créateurs, de hackers et de makers est donc en train de s’enflammer sous nos yeux. Faire, réfléchir, connecter sans cesse et de toutes les façons imaginables.. Quelle est cette psychologie de l’innovation ? Sommes-nous drogués au flow, ce sentiment d’énergie positive et d’épanouissement puissant éprouvé brièvement aux moments de pics de « créativité » ? Cette tendance humaine existe sans doute depuis la nuit des temps mais les nouvelles technologies encouragent et en ouvrent les portes à de plus grands nombres. On ne se dit plus « je ne pourrais jamais », on se dit « je vais tenter le coup et puis on verra !». On approche alors la vie tel un gamer qui ne vit que pour collectionner des « epic win ».

 

Quand on jette un œil aux biographies des icones de l’art contemporain, un modèle de fonctionnement se dessine et se répète. Prenons Dali (en expo actuellement à Beaubourg) ou Picasso :

-          je suis curieux

-          je me trouve un (ou des) prof(s) / muse(s) / mentor(s)

-          je copie, je duplique et je m’approprie des techniques

-          je suis un travailleur acharné et méticuleux, je multiplie les créations

-          je me constitue un réseau d’inspiration et d’échanges avec d’autres artistes (faiseurs et penseurs)

-          j’arrive à maturité, je crée ma technique et enfin les « pièces d’art » qui en sont l’application

 

Si on s’arrête sur Dali quelques instants, sa dynamique de créativité incarne l’hommage d’une vie au « think different ». « Et si je prenais les objets solides et les rendais mous ? Et si je prenais un élément de la nature sensée être orange et le peignais en bleu ? Et si je mettais des fourmis partout, même dans les cocktails ? ». Cet homme a joué avec toute l’existence et s’est amusé à inter-changer sans arrêt les spécificités et caractéristiques de ce qui l’entourait. Il est resté spectateur des guerres et des évènements du monde des adultes et s’est focalisé sur son jeu et son univers psychologique interne (en peignant répétitivement ses questionnements, sa relation à ses parents, à la sexualité, etc..). En tant qu’enfant éternel, il s’est créé un personnage fou, excitant les médias et lui offrant une liberté illimitée dans ses gestes..

Les objets et pièces que nous créons ne sont finalement que les fruits de méthodes et d’approches que nous développons. Il en va de même aujourd’hui avec l’innovation qu’il s’agisse de produits, services ou de technologies. Le plus grand des chefs d’œuvre n’est alors peut-être autre que la méthode ayant libéré l’ensemble des productions d’un créateur ?

La science de la Psychologie Positive est en train d’ouvrir une toute nouvelle page passionnante devant nous. Les trucs et astuces pour libérer le cerveau inondent les key notes et conférences !

 

 

Notre génération des IKWIWAIWIN (#IKnowWhatIWantAndIWantItNow) ne veut que ça : être toujours plus comblée, plus heureuse, plus satisfaite.. Ou plutôt, éliminer toutes les sources de frustrations importantes et futiles qu’elle subit. Les frontières entre arts et produits, entre penseurs et faiseurs, entre créateurs et duplicateurs, entre consommateurs et entreprises sont en train de devenir plus floues que jamais.

 

 

Les grandes questions pour les communicants et les marques sont aujourd’hui les suivantes : Savez- vous créer une idée de campagne de communication engageante, adaptée à tous les devices et touch points media? Maîtrisez-vous vraiment vos ROI ? Parvenez-vous à casser les silos dans votre fonctionnement ? Vos services sont-ils durables ? Répondent-ils à des « zones de frictions » dans le quotidien de votre cible ?

 Mais les véritables questions sont : Quelles vont être les modèles/méthodes de création gagnantes ? Quels cerveaux allez-vous connecter ? Comment allez-vous les orienter et les stimuler ?

Je déclare la guerre aux techniques de brainstorming… ouverte !

 Beaucoup de techniques existent et sont inventées chaque jour mais l’importance stratégique de ces modèles et le potentiel à développer ne sont sans doute pas encore suffisamment saisis. En France, il n’est pas rare qu’au lieu d’adapter et de produire nos propres méthodes, nous rejetions l’exercice même en y collant une étiquette anglosaxonne : « c’est pour les British ça ! ». Ou encore… « Quoi ?! Il est hors de question que je pousse des cris d’animaux en collant des post-its sur les murs… »

 

Nesem Ertan

Nesem est Planneuse Stratégique Digitale au sein de l'agence Passage Piéton
blog : http://wisdomofthebrain.com/
twitter : @nesemertan

 


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