habillage
premium1
actu_12324_vignette_alaune

La WTF generation

Le 20 mars 2012

Parmi les meilleurs amis de la publicité nous avons bien entendu le sexe, mais l’humour reste d’autant plus imbattable ! Les mad men nous ont beaucoup fait rire en TV, en print.. mais les choses évoluent…Par Nesem Ertan

 

Internet offre aujourd’hui un grand monde de possibilités d’expression de la créativité et l’objectif par excellence est devenu la maximisation du earned media (bouche à oreille auto-générée par l’audience). C’est ainsi que les théoriciens modernes en sont arrivés à multiplier les key notes et les décryptages : comment un contenu devient-il viral !?

Le livre référent dans le domaine reste tout de même The Tipping Point du fameux Malcolm Gladwell mais notre ère étant réellement celle du dynamisme, quelques nouveaux points de vue deviennent intéressants.

Voici une vidéo Ted, bien brève et agréable à regarder, soulevant quelques points importants.

 

 

 

Kevin Allocca est trend manager chez Youtube et il nous fait part des facteurs clés qui selon lui permettent à un contenu quelconque de devenir viral. Il faut donc que le contenu soit inattendu, qu’un « tastemaker » (ou influenceur) le partage avec son entourage, et que cet entourage participe à prolonger la vie du contenu (en en créant, par exemple, des parodies).

Il nous nomme alors la « remix generation », une génération qui ne se contente plus de prendre plaisir à ce qu’il découvre, mais qui va se l’approprier et participer au développement de ce contenu sous différents formats.

Mais ce qu’on doit sans doute noter aujourd’hui, c’est qu’au-delà du networking et du personal branding qui se fait sur les facebook , twitter et autres.. nous sommes de plus en plus une génération qui aime déconner à grande échelle !

Ainsi, les comptes twitter qui ne font que partager des contenus incompréhensibles, stupides, drôles, décalés rassemblent un nombre important de followers !

 

 

Les teasers de lancements de films, de produits, ou autres events jouent de plus en plus sur ce genre incompréhensible pour susciter la curiosité et le bouche à oreille.

Voici un bon exemple de création produite par et pour la « déconne generation » :p :

 

The Humping Pact Trailer from Diego Agulló on Vimeo.

“The Humping Pact operates on the basis of missions. Thanks to the community of our supporters, we travel around the world to find the places that used to have creative potential. Through our action we are hoping to attract attention to these beautiful artefacts of human persistence and to celebrate the convulsions of human body in its desire to be inspirational.” lien 

 

Contrairement aux particuliers qui doivent attendre qu’un tastemaker partage leurs créations, les marques jouent de leur puissance à pouvoir atteindre rapidement une forte notoriété via leurs owned et paid media (interfaces propres de la marque et achats d’espace) et souvent, elles activent également les leviers d’influence (bloggeurs etc..).

Une des formules gagnantes du brand content devient alors le format court et décalé du wtf.

 

 

Les codes intouchables des secteurs se voient challengés : l’alimentaire, par exemple, flirte avec des images écœurantes mais bizarrement… le capital sympathie de la marque s’en voit augmenté !

 

 

Ainsi les pubs nous offrent à découvrir des femmes qui donnent naissance à un bonbon Reese’s Pieces (lire article),et à des jeunes qui ont des Skittles (lire article) qui leur poussent sur la peau !

Un de mes blogs préférés, le copyranter excelle dans l’art de la curation concernant ce type de publicités, pas toujours réussies mais toujours aussi WTF.( L’une de ces dernières perles : la pub Hornbach.) Dans le même genre, Adweek fait désormais chaque année, après sa liste des meilleures pubs de l’année, une liste des Freakiest Ads de l’année et forcément, on y retrouve bien sûr de l’Old Spice.

Kevin Allocca expliquait dans sa vidéo Ted que ces contenus viraux définiront petit à petit l’Entertainment de demain et il semblerait que de nouvelles valeurs soient déjà en train de s’installer sur Internet. Si nous adhérons de plus en plus à ce type de communication, c’est déjà une indication que le « consommateur » devenu « audience » considère déjà que le rôle de la marque n’est plus uniquement de renseigner sur la qualité de son offre mais aussi de nous proposer son sens de l’humour propre, sa personnalité.

Le cerveau humain, constitué de 3 niveaux de traitement de l’information, fait toujours intervenir en premier lieu le lymbique, c’est à dire l’émotion, avant de passer au cortical, représentant la raison.

Les marques qui jouent sur l’humour doivent donc très vite cibler leur audience et son sens de l’humour spécifique pour devenir progressivement une love mark : une de ces marques dont on testera probablement les nouveaux produits (surtout s’il s’agit de produit banal) quoi qu’il en soit… parce que nos barrières rationnelles sont affaiblies par l’émotionnel. Reste à ne pas faire de faux pas sur la qualité de l’offre !

En bonus, pour finir, une des mes pubs WTF thaïlandaises préférées :

 

 

 

Nesem Ertan 

 

Nesem est Storyplanner chez Newcast / Vivaki
blog : http://wisdomofthebrain.com/
twitter : @nesemertan

 

Source : merci à @benoitbochu pour the Humping Pact 😉

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.