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Instagram en quête de monétisation ?

Le 12 nov. 2012

C’est par une annonce sur leur blog qu'Instagram, jusqu’ici uniquement disponible sur plateformes mobiles (au grand dam de ses utilisateurs), a annoncé sa version web il y 3 jours. Par Sandrine Plasseraud.

“Vous réclamiez une version web d’Instagram, nous vous avons entendu - au cours des prochains jours, nous allons ainsi déployer des profils Instagram sur le web!”. C’est par cette annonce sur leur blog que le service de partage de photos, jusqu’ici uniquement disponible sur plateformes mobiles (au grand dam de ses utilisateurs), a annoncé sa version web il y 3 jours.

Une version web dont les profils (qu’ils soient pour des individus ou des marques) ne sont pas sans rappeler les profils Timeline de Facebook…

Photo de couverture, logo de profil, description de la page, mise en avant de l’URL… La similitude visuelle est bien là. Alors certes, sur Instagram, on parle de nombre d’abonnés au lieu de nombre de fans et la photo de couverture est dynamique (mosaïque des dernières photos) alors qu’elle est statique sur Facebook, mais on retrouve bien là les codes visuels auxquels Facebook nous a habitués.

 

Page Instagram Burberry

Page Facebook Burberry

 

Créé il y a tout juste 2 ans, nommé application de l’année 2011 par Apple, le réseau Instagram a été racheté par Facebook le 9 avril 2012 et pour certains la similitude visuelle des deux réseaux sociaux inquiète de nouveau. La peur du « grand méchant » Facebook est une nouvelle fois le sujet du jour : Facebook arrivera-t-il à donner assez de liberté à Instagram pour que le service continue à intéresser une communauté de plus en plus grande de passionnés (100 millions d’utilisateurs en septembre 2012), ou au contraire Facebook fera-t-il d’Instagram ce que Yahoo! a fait de Flickr ?

Pourtant, du côté du management des deux compagnies, le discours est clair depuis le départ : certes, les deux entreprises se côtoient (les équipes d’Instagram sont basées sur le campus de Facebook) mais elles fonctionnent de façon totalement distincte l’une de l’autre.

Quoi qu’il en soit, quelle qu’ait été la raison initiale du rachat d’Instagram (alors âgé de seulement 551 jours !) par Facebook pour un montant extraordinaire d’un milliard de dollars (chiffre finalement arrêté à 715M$ après la dégringolade du cours de l’action de Facebook), et même si les deux entreprises avancent pour l’instant de façon indépendante, on ne peut qu’imaginer que Facebook, lui-même en quête de monétisation, ait tout intérêt à rentabiliser son achat d’Instagram…

L’arrivée d’une version web du service de partage de photos n’aurait-elle pas alors pour objectif de rentabiliser Instagram, jusque-là décrit comme n’ayant aucun business model ?

Si c’est le cas, dans un premier temps, cette version web va permettre de toucher un plus grand public et de démocratiser de nouveau le service après le lancement de sa version Android il y a quelques mois. En effet, malgré un shift certain du PC au Mobile, il existe encore une majorité de gens qui utilise le web depuis un ordinateur.

Cette version web va aussi et surtout permettre aux marques de disposer d’une page de redirection sur Instagram autre que la version mobile, ce qui n’est pas sans nous rappeler les pages de marque sur Facebook et la question de la monétisation avec une offre dédiée aux marques. 54% des marques les plus populaires au monde et regroupées sous le terme d’Interbrand 100 sont actives sur Instagram. L’application est intuitive et permet de transformer n’importe quelle photo en quasi œuvre d’art. Lorsqu’on sait que le contenu visuel est devenu roi, on peut comprendre l’engouement des marques telles que Burberry, Nike, Gucci ou encore Audi pour Instagram - les photos sont en général plus engageantes que du texte pur !

Source : http://simplymeasured.com/blog/2012/08/08/how-top-brands-are-using-instagram-study/

 

Dans un tel contexte, Instagram aurait en effet tout intérêt à offrir des produits et services spécifiques aux marques et à ce niveau, le maître à suivre est bel et bien Facebook…Verrons-nous arriver des offres publicitaires sur Instagram, des post sponsorisés pour remonter plus facilement dans le flux de navigation des Instagrammers, des outils analytics payants ?

Seul l’avenir nous le dira. Ce qui est certain, c’est que la version web d’Instagram telle qu’elle existe depuis quelques jours est encore optimisable, et nul doute que le produit évoluera de nouveau très rapidement. En effet, certes cette version propose des photos organisées de façon chronologique et par mois, mais les fonctionnalités sont encore très réduites et les applications tierces telles que Statigram ou encore Webstagram sont à date bien plus riches. Il est par exemple impossible sur la version web actuelle d’Instagram de rechercher des utilisateurs ou des mots clés / des hashtags, la navigation n’est pas optimisée.

Et surtout, on est bien loin de la notion d’ « exploration » que Kevin Systrom, le CEO d’Instagram, avance régulièrement : « It’s not just about creation, it’s about exploration. That’s what we’re going to be most active in. »

 

Sandrine Plasseraud est Directrice Générale de We Are Social

 

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