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Hipster et tech, bienvenue au Northside Festival

Le 18 juin 2015

Digne petit frère de SXSW au Texas, le festival Northside a pris d’assaut Brooklyn pour cette septième année consécutive. Tout juste rentré, Olivier Vigneaux, Président de BETC Digital, nous dresse le récit de cet événement qui allie musique, film et innovation.

Bienvenue à Brooklyn, ses échoppes où on mange local, bio et végétarien, sa population barbue reconnaissable entre mille qui déambule nonchalamment dans un paysage d’entrepôts colorés. Bienvenue dans la capitale mondiale du hipsterland, où si à 30 ans, tu n’as pas un fixie et au moins 5 tatouages, tu as raté ta vie. Bienvenue au Northside Festival, la réponse de Brooklyn à South by SouthWest. Un festival qui combine depuis 2009 musique, film et innovation et réunit un peu plus de 2000 personnes pendant une semaine. Un événement beaucoup plus petit et plus détendu que SXSW, mais qui tourne autour des mêmes sujets que son grand frère du Texas.

 

Ainsi du design, grand sujet du moment, ou comment les designers peuvent, par leur mode de pensée unique, apporter des solutions aux problèmes du monde entier. On a entendu SwissMiss de son vrai nom Tina Roth Eisenberg, la « queen of design » qui vient partager les grands projets qui ont jalonné son parcours.  Des « creative mornings » qu’elle a créés il y a maintenant 7 ans et qui existent dans 116 villes dans le monde, pour aider les créatifs à trouver et partager de l’inspiration à l’application qu’elle a créée pour générer des « to-do list », Teuxdeux et son irrésistible  baseline : ‘TeuxDeux / What deux yeux have teux deux teuxday?’ Pourquoi avoir créé cette application ? Parce qu’elle ne trouvait rien de satisfaisant dans l’existant. Et comme elle le dit en citant James Murphy « The best way to complain is to make things ». Le design joue aussi un rôle important dans l’application Slack un outil de communication collaborative et gestion de projets. Cette start-up déjà valorisée à 2,8 milliards de dollars et qui compte plus de 700 000 utilisateurs payants a mis le design au cœur de son expérience utilisateur : chaque bouton, chaque interaction raconte une expérience plus facile, plus évidente et surtout plus fun que ce bon vieil email ! N’oublions pas le nouveau réseau social ello que son créateur, le designer Paul Budnitz positionne sur deux promesses qui lui sont chères et dont la juxtaposition est intéressante : ello est à la fois sans publicité et ‘beautiful’. Il ne vous reste qu’à tester pour juger.

 

Créativité et contenu est l’un des autres grands sujets de Northside, Brooklyn oblige. On a écouté dans ce domaine les leçons de Casey Neistat, réalisateur qui a décidé il y a 5 ans d’abandonner les canaux traditionnels pour se consacrer uniquement à sa chaîne Youtube qui compte aujourd’hui plus de 700 000 abonnés. Il s’est mis depuis quelques semaines à produire un film de 8 minutes chaque jour, qui met en scène sa vie quotidienne en « storytelling ». Chaque film fait environ 300 000 vues (des chiffres qui feraient rêver de nombreuses marques) et Casey Neistat explique que la contrainte d’imaginer, de créer, filmer et monter un contenu par jour force et démultiplie sa créativité. On aime cette agilité, non ?  On a aussi entendu la jeune Emily Weiss, qui forte du succès de son blog Into the Gloss, et de la communauté qu’elle réunit autour de sa vision de la beauté, est passée du contenu au commerce en lançant sa propre marque Glossier, des produits basiques et exclusifs, une nouvelle routine beauté inspirée par les femmes qui la lisent. Encore une fois une inspiration pour les marques qui cherchent à marier éditorial et commerce.

Un panel est même consacré aux « side-projects », ces projets dans lesquels peuvent se lancer des créatifs qui s’ennuient trop dans leur travail ! Les intervenants ont rappelé que les entreprises doivent encourager le plus possible la naissance de ces « side projects » car ils peuvent devenir de vrais projets rentables et bénéfiques : Gmail par exemple était au départ un side-project développé par un employé de Google sur ces 20% de temps disponibles, ou encore Basecamp, l’application de gestion de projets développée au départ par une agence de communication et qui est devenue depuis leur principale source de revenus. S’intéresser aux contenus, c’est aussi s’intéresser aux plateformes qui les diffusent, et  il apparaît au NorthSide Festival que plus personne ne considèrent qu’ils sont dissociables les uns des autres. Ainsi on a assisté à un panel réunissant des référents en la matière Linkedin, Gawker (Gawker - Today's gossip is tomorrow's news) et Medium (Welcome to Medium, a place to read, write, and interact with the stories that matter most to you) clamant comme un seul homme qu’ils se considèrent tous trois absolument autant comme des plateformes que comme des ‘publishers’. Interrogés sur le monde de la communication, ils considèrent d’ailleurs que le futur est aussi dans cet univers à l’hybridation entre agences medias et agences créatives. Expertise du contenant, des audiences et créativité semblent désormais indissociables.

 

Autre sujet de préoccupation essentiel : l’intelligence artificielle et tout ce que ses progrès ouvrent notamment en termes de robotique. Qu’on se rassure « robots are not taking over » selon les participants de la conférence, même si une simple recherche Google nous montre que les avancées de l’intelligence artificielle peuvent effrayer les gens.

 

Et cette défiance manifestement croissante à l’égard de l’intelligence artificielle est un sujet montant, à suivre de très près. D’abord car elle peut conduire à remplacer des salariés, et pas toujours les moins qualifiés. Ainsi, la société Automated Insights nous a expliqué qu’elle pouvait analyser d’importants volumes de données et les transformer automatiquement en récits lisibles que les journalistes, par exemple, peuvent directement utiliser pour leurs publications. Troublant.

On a aussi écouté attentivement David Rose, professeur au MIT, nous donner sa vision des développements futurs de l’intelligence artificielle. Il recommande pour les futurs objets intelligents de notre quotidien, de limiter les mémoires dites ‘persistantes’ pour éviter que les utilisateurs  ne finissent par les considérer comme de trop fidèles espions de leur vie privée. De même, il questionne la tendance actuelle consistant à chercher à donner des personnalités aux intelligences artificielles et à les transformer en robots plus ou moins anthropomorphes, arguant qu’il sera plus acceptable pour les utilisateurs de s’entourer d’objets intelligents considérés simplement comme des outils, que de compagnons dotés d’une personnalité. Ceux qui ont lu la saga des Robots d’Asimov se souviendront que ces questions étaient déjà au cœur de ses récits de science-fiction. Au détail près qu’il semble que tout ceci soit désormais à nos portes.

 

Enfin, le sujet du moment et probablement le plus discuté depuis le lancement de l’Apple Watch, les wearables. Un nouveau business qui pourrait potentiellement générer énormément d’argent, mais qui peine encore à trouver ses usages. Nous avons vu des early adopters sur scène… et découvert des usages surprenants. Certains utilisent leur Apple Watch pour retrouver leur téléphone égaré, d’autres utilisent leur Android Wear pour débloquer leur téléphone facilement… Intéressant peut-être, mais cela vaut-il 500 à 600 Euros ? Pour les participants du panel, les wearables arriveront à se développer quand les datas qu’ils collectent sur nous deviendront vraiment actionnables : ces objets ne devraient pas seulement compter mes pas dans la journée ou mes heures de sommeil mais m’aider à développer des comportements plus vertueux.  Et de citer la marque d’assurance new yorkaise Oscar qui a annoncé un partenariat avec le fabricant de bracelets connectés Misfit : chaque assuré d’Oscar peut recevoir un bracelet Misfit gratuitement et se voir récompensé financièrement quand il marche ou fait une activité physique. Une manière moderne pour une marque d’encourager les comportements vertueux tout en récupérant de la donnée sur ses clients.

 

A Northside, comme à SXSW, les préoccupations et les sujets sont finalement très proches. Le hipster est donc sans doute un digital comme les autres !

 

Olivier Vigneaux, Président de BETC DIGITAL

Sébastien Houdusse, Head of engagement planning chez BETC DIGITAL

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