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Facebook veut "socialiser" Internet !

Le 1 juill. 2011

 

 

Cédric Deniaud nous livre son analyse sur la volonté de Facebook, après avoir su adresser une audience considérable, de se rendre indispensable pour n'importe quel site Internet.

Cédric est auteur sur CedricDeniaud.com et MediasSociaux.fr et co-fondateur du cabinet conseil Internet, The Persuaders.


La bataille ne se situe peut être pas sur le terrain qui concentre aujourd'hui toutes les attentions. D'un côté, en effet, on compte le nombre d'inscrits, on compare les chiffres d'audience, on regarde le temps de connexion. Cette obnubilation de l'audience et des visiteurs est directement héritée du Web 1.0.

Pour autant, aujourd'hui et Facebook l'a probablement compris avant Google et autres, la bataille n'est pas essayer seulement d'avoir l'audience la plus large, mais plutôt d'intégrer ses fonctionnalités et ses services partout sur le web.

 

 

La Facebookisation du Web ?


"Social is like the air" est une phrase que beaucoup de gurus américains n'hésitent pas à reprendre à leurs comptes. Il est vrai aujourd'hui qu'il ne faut plus regarder ce qui fait partie des médias sociaux ou pas puisque le web devient social :

-Les sites e-commerce doivent ainsi évoluer pour intégrer une dimension sociale et proposer à leurs internautes une vraie expérience de social shopping ;

-Les sites institutionnels doivent devenir conversationnels en permettant aux utilisateurs de poser des questions, de chater avec des portes parole de l'entreprise, de poser des questions à d'autres internautes...

-Les sites d'informations doivent pouvoir permettre facilement de réagir sur une actualité, d'entamer une conversation et de la partager à son réseau ;

 

 

Vous l'aurez compris : le web est devenu social... et ce n'est qu'un début. Que cette conversation soit hébergée sur tel ou tel site, soit concentrée sur des forums pour certaines thématiques ou conversations, l'enjeu pour les entreprises est de repérer ces conversations et d'y participer en ajoutant une vraie valeur ajoutée.

La valeur ajoutée ne peut pas être seulement de reproduire des jeux concours sur Facebook ou de diffuser son catalogue produits sur une boutique dédiée sur Facebook.

C'est en partie ce que Julien Codorniou, nouveau responsable des partenariats Facebook exprime lorsqu'il dit, lors d'une interview récente pour L'Expansion.fr qu'il "faut arrêter de se focaliser sur les boutiques Facebook".

 

Julien Codorniou exprime ici la ligne du parti (Facebook) qui est bien de développer les partenariats et sa présence en externe de sa plateforme afin d'assurer que son graphe social (vous, votre réseau et les interactions que vous avez avec lui) puisse devenir la référence utilisée par tous les sites.

Cette bataille est loin d'être gagnée puisque :

 

- Facebook n'est pas le seul à voir dans le graphe social un enjeu majeur dans les années à venir sur Internet. Lorsque Google annonce il y a quelques jours le lancement de son +1 Button (Un pas de plus de Google vers le social search avec le +1 Button) que vous retrouverez dans le moteur de recherche mais aussi dans tous les services Google (Youtube, ...).

Le principe de Google est identique au "I like" de Facebook à savoir d'agréger des données sur vos goûts et intérêts en plus des données comportementales sur les sites et pages sur lesquels vous naviguez. Google veut faire de son bouton +1 un véritable cheval de Troie comme Facebook avec ses plugins sociaux.

En effet, à l'instar de Facebook, Google devrait prochainement proposer la possibilité d’intégrer ce bouton +1 sur n’importe quel site. L’idée est de permettre sur n’importe quel contenu Internet de pouvoir savoir si l’internaute a aimé ou pas ce contenu afin de mieux définir à terme son profil en agrégeant quantité d’informations. Bientôt finis les cookies pour savoir sur quels sites vous allez, n’importe quel site pourra être personnalisé en fonction de vos goûts déclarés au travers toutes ces actions de vote et de partage.

 

-Les questions autour de la confidentialité et la sécurité des données, le côté propriétaire des bases de données restent là encore une bataille importante et de nombreux annonceurs se posent des questions. Aller trop loin avec Facebook pourrait s'avouer faire prendre un risque important s'il s'avérait que le vent souffle moins favorablement à Facebook dans les prochaines années. Mettre tous ses œufs dans le même panier est rarement une stratégie gagnante.

 

 

Facebook fait tout pour développer son usage en dehors de son site


Au delà, des propos et recrutements de personnes pour développer les partenariats, Facebook est bien décidé à passer la seconde pour se répandre comme un virus sur Internet. Récémment, pas mal d'annonces tendent à favoriser l'usage de Facebook :

 

-Le lancement de Facebook Studio pour les agences: http://www.facebook-studio.com. Certains étaient sceptiques sur le fait que ce soit bien Facebook derrière ce site, pour autant le WhoIs et un tweet confirme que l'initiative vient bien de Facebook. Il s'agit d'un site permettant aux agences de partager leurs retours d'expériences et opérations menées sur Facebook.

Bien entendu que les agences y participeront pour valoriser leur travail / expertise, le tout dans une logique de courbe d'expérience permettant de tirer les opérations proposées vers le haut puisque le site se veut surtout une source d'inspiration.


 

 

 

 -Le lancement de "Personnalisation instantanée". Vous n'avez probablement pas encore entendu parler de cette fonctionnalité mais elle risque de faire couler beaucoup d'encre lorsque les premiers partenariats seront passés avec des sites en France.

Il s'agit en fait de partenariats passés entre Facebook et certains sites pour que ces derniers puissent récupérer, sans votre autorisation préalable, des informations issues de votre profil permettant de personnaliser leur site... le tout à votre insu bien sûr. La promesse faite ici est de servir les attentes des internautes de plus de personnalisation.

Toutefois, il risque probablement d'y avoir certaines levées de bouclier en Europe, et en France. En effet, à date, la fonctionnalité est activée dans vos paramètres de confidentialité sur Facebook... mais est désactivable si vous savez chercher un peu. Autant dire que si vous n'êtes pas avertis (ce qui concernera probablement 99% des internautes), des informations sur votre profil permettront de personnaliser votre navigation sur d'autres sites que Facebook.

Facebook se défend en autorisant à date que quelques sites "de confiance" et en assurant que les informations ne sont pas stockées par le site en question.


 

 

 

-Une plateforme pour les développeurs faisant la part belle à l'intégration de Facebook sur d'autres sites: http://developers.facebook.com/showcase/. En tout cas, la promesse ne peut pas être plus évidente lorsque on consulte la plateforme Facebook pour les développeurs.

En effet, à l'instar de Facebook Studio, l'idée est encore de valoriser des actions menées par certains sites afin de donner de bonnes idées aux développeurs. Le principe est identique que pour Facebook Studio, avec une démarche ici qui est plus ancienne puisque dès les premiers mois de son existence ouverte (en dehors des universités partenaires), Facebook a bien compris que s'appuyer sur la communauté des développeurs externes permettraient de développer les possibilités offertes aux inscrits puis aux entreprises.

Twitter aura quelques mois après su s'inspirer de cette force de la communauté des développeurs.

 

 

 


Vous l'aurez compris : Facebook est partie dans une bataille de la socialisation d'Internet, et il devra lutter face à des Google, Twitter et dans une moindre mesure aujourd'hui Microsoft et Yahoo!. Pour mener à bien cette bataille, Facebook a compris que s'appuyer sur les agences et les développeurs seront des alliés de premier choix sur lesquels il pourra compter.

 

Cédric DENIAUD
@cdeniaud

 

 

Rubrique créée en partenariat avec Novius.

 

 

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