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Espèces de créativo-dépressifs

La fin de l’humanité sera-t-elle causée par une épidémie de dépression mondiale menée par les métiers créatifs ? Les marques, derniers communicants positifs, sauront-elles nous sauver ? Une tribune de Nesem Ertan.

Les contenus créés sont les meilleures traces socio-psychologiques de l’histoire de l’homme à travers les générations. A quelques jours de « la fin du monde », nous pouvons clairement noter une humeur commune aux terriens créatifs : alors que certains cherchent à se consacrer au récent mouvement de la « psychologie positive », d’autres plus majoritaires, se sont laissés rattraper par leur gène créativo-dépressif.

Critiquer, dénoncer, exprimer, interroger, chercher du sens.. ont toujours été parmi les moteurs principaux de la création. Ces êtres se font d’ailleurs de moins en moins rares, puisqu’en 2012, la génération Y cherche à tout prix à penser « out of the box » tandis que nos parents, eux, visaient à prouver leur « fit in the box ».

Mais les artistes-chercheurs qui font avancer l’humanité par leur pensée sont-ils vraiment les successeurs des romantiques éternellement frustrés ?

Des études récentes nous laissent à croire que oui : les personnes créatives seraient potentiellement plus exposées aux maladies mentales.

« Overall, creative professionals are about 8% more likely to suffer from bipolar disorder than the general population. The study found this to be true for artists and scientists. Writers were a whopping 121% more likely to suffer from bipolar disorder than the general population.. » Tiré du “Mental Illness, Suicide, And Creativity: 40-Year Prospective Total Population Study,”  (source : fastcocreate)

Ah oui, quand même.. La « génération moi » est justement définie comme étant rêveuse et créative.

Imaginons la vie en 2042 (ou 2057 si vous préférez) :

Les artistes sont en dépression, ils ne créent que des horreurs… l’humour est glauque, les émotions tristes…

 

Seules les marques, tenues de motiver leurs cibles à consommer dans la joie et la bonne humeur briefent leurs créatifs à créer des histoires et des visuels positifs.. Mais puisque les réseaux sociaux sont un écosystème transmédia tout puissant, il y a des fuites dépressives dans tous les sens.

Les marques sont face à un gros problème de e-réputation : le bad buzz est indomptable !


Tiré d’un article de Neon Mag : lien

Du coup, elles se concentrent sur la création d’expériences positives. Elles innovent sans cesse pour chouchouter toujours davantage leurs clients qui sont plus que jamais rois et reines.  Elles nous traitent comme aucun parent ne devrait éduquer ses enfants ! La génération ATAWAD (Any Where Any Time Any Device) devient IKWIWAIWIN (I Know What I Want And I Want It Now !).

Des hommes et femmes égocentriques, rêveurs, en recherche de reconnaissance sociale, insatisfaits, influenceurs influencés, bipolaires… qui regrettent que le 21 décembre 2012, la planète n’ait explosé d’elle-même.

 campagne IKWIWAIWIN récente sur fastcocreate

 

D’ici là, Greenpeace aura peut-être sauvé la planète des capitalistes irrespectueux de l’homme et de son environnement... mais qui nous sauvera de l’influence dévastatrice des créativo-dépressifs ?

 

 

 

Lisa, on compte sur toi pour nous sortir de là!

 

Nesem Ertan

Nesem est Planneuse Stratégique Digitale au sein de l'agence Passage Piéton
blog : http://wisdomofthebrain.com/
twitter : @nesemertan

 

 

 

 


 

 


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