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Robotisation : gagner du temps, mais à quel prix ?

Le 31 oct. 2017

Walmart va déployer des robots à inventaire dans plus de 50 magasins américains. L’objectif ? Réapprovisionner les stocks en un temps record pour limiter les pertes et faire gagner du temps aux employés.

Entièrement autonomes, ces robots de 60 centimètres déambuleront dans les rayons de plusieurs dizaines de magasins dans l’Arkansas, en Pennsylvanie et en Californie. Dotés d’une tour à multiples caméras, ces derniers devraient balayer les allées pour vérifier les stocks, repérer les articles manquants ou mal placés, détecter les prix incorrects ou encore les erreurs d’étiquetage. Une fois transmises, les informations récoltées permettront aux employés du magasin de rectifier le tir et de réapprovisionner les stocks en conséquence.
Walmart Tests Automation to Scan Shelves, Free up Time
Un gain de temps énorme pour les employés qui peuvent consacrer leurs temps à des tâches plus « sophistiquées » ou stratégiques, et un moyen de limiter certaines déconvenues clients en rayon : quand on ne trouve pas son paquet de Kellogg’s 0%, c’est une opportunité de vente manquée qui peut avoir un impact significatif sur le distributeur.
Pour Jeremy King, directeur technique chez Walmart, l’inventaire est une tâche « que l’humain n’aime pas et ne sait pas bien faire », explique-t-il à Reuters. « Les robots sont 50% plus productifs que leurs homologues humains et peuvent numériser les rayons de façon beaucoup plus précise et trois fois plus rapidement. », ajoute-t-il.

Un argument qui peut potentiellement effrayer mais qui est rapidement contrebalancé par l’assertion de l’entreprise de ne pas remplacer ses salariés et d’intégrer peu à peu des automates en rayon sans pour autant affecter ses effectifs dédiés.

L’automatisation signifie plus de temps de gagné pour les employés et les distributeurs, oui. Mais elle renvoie peut-être aussi à plus d’inégalités sociales, selon Stephen Brobst, CTO de Teradata, éditeur de solutions informatiques spécialisé dans l’entrepôt de données et dont Walmart est l’un des principaux clients.

Quant aux métiers qui seront voués à disparaitre, Stephen Brobst pointe plutôt du doigts ces jobs alimentaires dont de nombreux individus, peu ou pas du tout qualifiés, sont dépendants au quotidien. « C’est un vrai problème, et l’on doit se pencher dessus : la technologie a un impact social, et nous avons un rôle à jouer pour trouver des solutions. », expliquait-il  à l’occasion de la conférence Teradata Partners.

Si les robots ne voleront pas nos boulots, ils pourraient en revanche accentuer certains contrastes sociaux préexistants et aggraver les conditions de vie des personnes se trouvant déjà en situation de précarité. À nous de savoir y remédier ?

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