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Bridget Jones

Com’interne : l’heure de la considération a sonné

TBWA\Corporate
Le 18 oct. 2018

RIP le lien fort qui unissait jadis un employeur à ses collaborateurs. Aujourd'hui, seuls 11% s'investissent émotionnellement dans la réussite de leur entreprise. La faute à une génération individualiste ? Pas vraiment. 77% des collaborateurs ne se sentent pas considérés à leur juste valeur. Ni valorisés, ni écoutés, ils ne trouvent pas de bonne raison de s'engager pour leur employeur.

Du Komintern à la com' interne

Pour peu que ses responsables cessent d'être le porte-voix de la direction et deviennent celui des collaborateurs, la com' interne a les moyens d'impulser une vraie transformation au sein de l'entreprise.

Pour cela, il va falloir lâcher la bride : moins prendre la parole au nom de l'entreprise ou contrôler l'information, troquer les sujets qui captivent la hiérarchie contre ceux qui intéressent les collaborateurs, oser la transparence et, enfin, produire de l'émotion.

À terme, cette stratégie aura deux retombées positives : créer de la confiance entre les équipes (c'est rare) ET (re)donner du sens au travail (c'est inespéré). Les collaborateurs vont alors sentir que leur employeur éprouve à leur égard un sentiment auquel ils ne croyaient plus : de la considération. De là à susciter de l'engagement, il ne reste qu'un (petit) pas.

Aie confiance, crois en moi

Créer de la confiance n'est pas sorcier, à condition de se montrer exigeant sur la forme et le fond. Jetons aux oubliettes les newsletters et autres plaquettes vieillottes, aux polices moches et de piètre qualité rédactionnelle pour proposer des contenus arty intelligemment documentés.

D'autres exemples existent, qui ont fait leurs preuves : parler ouvertement des sujets qui fâchent (oui, discrimination et sexisme existent dans vos bureaux), informer en transparence les collaborateurs sur la vision d'entreprise (oui, ils sont capables de la comprendre) ou encore ouvrir un espace de parole libre.

C'est le choix qu'a fait HSBC avec son programme Exchange, animé par la direction de la communication et qui suggère aux collaborateurs d'organiser des réunions dont ils fixent l'ordre du jour et auxquelles ils convient leur manager… qui doit s'y taire. Ce dernier poste ensuite le compte-rendu des échanges sur un portail en ligne. Grâce à ce projet, surnommé Shut up & Listen, les collaborateurs savent que leur hiérarchie les entend et, mieux, les écoute. Qu'elle est tenue d'agir dans le sens de leurs attentes. En termes de culture d'entreprise, la bascule est inouïe. Et le rapport des collaborateurs à leur entreprise s'en ressent.

L'empire du sens

Ce sentiment d'appartenance à un groupe au destin commun, voici ce qui manque aux collaborateurs dont seulement 37% pensent que leur travail est utile. Il faut dire qu'ils sont 54% à suggérer des idées à leurs managers mais que seules 11% de ces idées sont retenues (Selon l'enquête Accenture/right.com, 2013). Bonjour tristesse. Pour rappel, distribuer un salaire n'est pas suffisant pour impliquer des collaborateurs. Bienvenue au club des gens qui ont aussi de la fierté. Et c'est justement en faisant appel à leurs valeurs, à ce qu'ils sont au-delà de leurs compétences professionnelles que la com' interne peut, là encore, jouer un rôle déterminant. En fédérant autour d'évènements corporate, en proposant des talent shows, en s'adressant à l'humain derrière le collègue, et en multipliant finalement les échanges au sein de la boîte, un esprit d'équipe moteur d'engagement peut enfin émerger.

In fine, la question que la com' interne doit se poser n'est plus « Comment l'interne va-t-il prendre cette info ? » mais « Pour qui prenons-nous l'interne ? »

 

Emmanuel Anjembe
Directeur des Stratégies et du développement de TBWA\Corporate


Pour retrouver l'intégralité de l'étude INSIGHT WE TRUST, rendez-vous ici !

 

Crédit Photo : Le Journal de Bridget Jones, 2001

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