Grands groupes et start-up sont de plus en plus nombreux à unir leurs forces pour gagner des marchés. La formule gagnante pour plus d’impact ?

Decathlon s’est associé à Sportihome, sorte d'Airbnb des voyageurs sportifs. Ramsay Santé digitalise et partage des documents de santé dans ses 143 centres grâce à un partenariat stratégique avec la jeune pousse parisienne Lifen. EDF et Airbus viennent de signer un partenariat en matière d’innovation. L’objectif ? Repérer les start-up les plus prometteuses et multiplier les prototypes.

Bref, les partenariats stratégiques pleuvent entre grands groupes et jeunes pousses, et ces nouvelles collaborations redéfinissent l’écosystème d’innovation français, comme l’a montré la 3ème édition du Prix David avec Goliath, qui récompense les meilleures pratiques françaises en matière d’Open Innovation.

Innover avec les start-up ou… disparaître ?

« La collaboration ne peut plus être considérée comme un supplément facultatif, c’est un impératif stratégique », expliquait en 2017 Aline Santos, la vice-présidente du marketing mondial d’Unilever. Presque trois ans plus tard, le colosse aux 400 marques de produits de consommation courante, inaugure un nouveau centre d’innovation alimentaire aux Pays-Bas. Montant de la facture pour que Kellogg’s, Lipton, Maille, Fruit d’Or, Amora ou encore Knorr bénéficient de l’audace et de l’agilité des start-up ? 85 millions d’euros !

« Nous avons besoin d'une transformation fondamentale du système alimentaire si nous voulons nourrir plus de 9 milliards de personnes de manière durable et nutritive », a déclaré Alan Jope, PDG d’Unilever. Nourrir le monde, certes, mais c’est aussi pour Unilever une manière de garder la main sur le futur. Selon David avec Goliath, 87 % des grandes entreprises déclarent que les collaborations avec de jeunes entreprises ont un impact fort pour elles. Bref, chaque partie y trouve son compte. Enfin, globalement.

Vous avez dit choc des cultures ?

La bonne nouvelle, c’est que les relations entre grands groupes et jeunes entreprises sont au beau fixe. Ainsi, 87 % des start-up ont eu des interactions avec des grandes entreprises cette année (+3 points par rapport à 2018) et 34 % d’entre elles se félicitent des opportunités business que ces relations apportent, selon une étude de David avec Goliath menée par Raise et Bain and Company.

Mais tout n’est pas rose dans la start-up nation. Les start-up sont nombreuses à déplorer encore la lenteur et la complexité de leur relation avec leurs grands partenaires. Des prises de décisions interminables, des processus administratifs à n’en plus finir, un manque de réactivité des interlocuteurs… voilà ce qui est encore reproché aux grands groupes.

Pas de formule magique donc, on y va à tâtons et ça paye ! Les relations sont de plus en plus matures selon l’étude de David avec Goliath (6,5/10, +0,4 pts vs 2018). En attendant, pour éviter ces décalages qui peuvent parfois miner le moral des deux parties, 95 % des grandes entreprises ont défini une stratégie d’Open Innovation et 87 % d’entre elles lui allouent des budgets spécifiques. Mais il y a un autre chantier dans cette immense et périlleuse entreprise de transformation pour les grands groupes, celui de l’impact.

Et demain, des collaborations à impact ?

Il suffisait de se rendre à la finale du prix David avec Goliath pour percevoir la nouvelle exigence de ces alliances : elles doivent désormais être porteuses de sens, à l’image de la collaboration entre K-Role et Bouygues Construction, lauréate du trophée 2019. La start-up a tapé dans l’oeil du géant du BTP avec son cargo permettant aux compagnons de tout transporter sans efforts. Le groupe prouve son agilité, la start-up gagne des marchés et on avance concrètement sur la santé et la sécurité des travailleurs du secteur de la construction.

Ensemble, petites et grandes entreprises ont la possibilité d’accélérer sur certains grands enjeux, comme la transition écologique et solidaire de notre économie. N’est-ce pas la démarche de Seb, quand il accompagne la start-up Vrac’N Rool dans son développement ? Idem pour Dassault Systems qui, avec son laboratoire 3DExperience, accompagne quinze nouvelles start-up mondiales à impact « pour développer numériquement des projets transformateurs qui contribuent à un ou plusieurs des objectifs de développement durable des Nations Unies. » De son côté, la Maif travaille avec la start-up Assoconnect pour lancer « Mon asso facile », une plateforme dédiée à la gestion et au développement des associations. Enfin, Phenix aide Leclerc, Auchan et Carrefour à lutter contre le gaspillage alimentaire. Demain, les collaborations seront-elles toutes à impact positif ?

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