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Cooperathon adresses global issues

Olivier Klein, Directeur Général de la BRED : "L'innovation n'est pas que technologique !"

BRED
Le 28 août 2018

Lancé au Québec en 2016 par le Mouvement des Caisses Desjardins, le Coopérathon s’installe aujourd’hui en France grâce au soutien de la BRED. Pendant un mois, des ateliers réuniront citoyens engagés, entrepreneurs/startupers, experts, et grands groupes partenaires pour travailler sur des solutions concrètes et pérennes dans les domaines de la finance, de l’éducation, de la santé et de l’environnement. 
Olivier Klein, directeur général de la BRED, revient pour nous sur l’engagement de la banque et de ses collaborateurs au cœur de cet événement.

L'ADN : Pour quelles raisons ce grand marathon de l’innovation a-t-il retenu l’attention de la BRED ?

Olivier Klein : Tout d’abord parce que nous avons la conviction, à la BRED, qu’il faut donner leur chance aux idées sans a priori. Nous avons mis en place une équipe interne – La Factory – qui a pour mission de mobiliser les énergies d’innovation au sein de la BRED. C’est cette équipe qui porte aujourd’hui le Coopérathon pour permettre au plus grand nombre de s’exprimer, d’imaginer des solutions et de tester leur pertinence. 
En 2017, nous avions déjà organisé un « Sparkathon » sur 48h, , en partenariat avec IBM. L’objectif était alors davantage ciblé sur l’innovation bancaire. Avec le Coopérathon, nous entendons aujourd’hui ouvrir cette démarche, et nous intéresser de manière plus large aux enjeux sociétaux, ceux qui façonnent notre époque. Le format du Coopérathon, qui s’étend sur une plus large amplitude de temps (25 jours), la possibilité pour les participant-e-s de se faire coacher, d’êtres mis-es en relation avec des incubateurs et de disposer de moyens techniques conséquents nous ont également séduits.
J’ajouterai que le processus de co-innovation, comme l’engagement sociétal et la volonté d’entreprendre encouragés par ce type d’événement trouvent un écho dans les valeurs du monde coopératif que nous partageons avec le mouvement des Caisses Desjardins.

L'ADN : Les participants seront regroupés en 4 pôles phares : la Finance, l’Education, la Santé et l’Environnement. Organisatrice de l’ensemble de l’événement,  la BRED est aussi plus précisément partenaire de l’un des 4 pôles. « Innovation en finance ». Pourquoi soutenir particulièrement  cette  thématique ?
 
O. K. : Les banques et plus généralement le monde de la finance sont parties intégrantes d’un écosystème. Elles  ne peuvent s’abstraire de leur responsabilité dans cet environnement, y compris des questions de développement durable ou de responsabilité sociale de l’entreprise.
Accompagner la thématique « Innovation en Finance » est une excellente opportunité de porter et de soutenir des innovations utiles, de créer encore plus de valeur dans l’exercice de notre métier, là où notre expertise et notre capacité d’agir sont avérées.


 
L'ADN : En tant que partenaire de la thématique « finance », à quels types de défis aimeriez-vous que ce Coopérathon apporte des solutions ? 
 
O. K. : L’objectif est de travailler sur des solutions orientées vers une finance inclusive, accessible, utile et  responsable. D’après la Banque Mondiale, plus de 2 milliards de personnes, représentant plus de la moitié de la population mondiale des adultes exerçant une activité professionnelle, sont exclus des services financiers « formels ». Accès au compte, aux solutions de paiement et de transfert d’argent, à l’épargne, au crédit … les enjeux sont multiples.
La BRED dispose de plus sur ce plan d’une expérience concrète qui devrait lui permettre d’accompagner efficacement les participants dans l’élaboration de leur projet. Nous sommes en effet implantés à l’international, en Asie, dans le Pacifique, dans la corne de l’Afrique, dans des pays en forte croissance et faiblement bancarisés, confrontés à ces problématiques.
En métropole, nous travaillons par ailleurs en partenariat avec des organismes de microcrédit, nous soutenons également la création d’entreprise, comme l’ensemble des banques populaires. A cela s’ajoutent les aspects de gestion des risques financiers et de finance responsable auxquels nous sommes quotidiennement confrontés dans l’exercice de nos métiers.
 
L'ADN : L’innovation dans le domaine financier est bien souvent en lien avec le digital et l’intelligence artificielle, qui tendent à l’ubérisation des services bancaires. N’est-ce pas en contradiction avec votre vocation de banque de réseau ?
 
Demain le conseiller sera-t-il remplacé par l’intelligence artificielle ? Je ne le pense pas. Le big data par exemple permet d’analyser la masse de données à notre disposition pour adresser des propositions appropriées, aux clients, mais je ne crois pas en la seule technologie pour suivre une relation avec nos clients, qui auront besoin aussi de nos conseillers pour les appeler, attirer leur attention sur les propositions adressées, expliquer, ajouter de la valeur. Car dialoguer avec l’autre induit une interaction permanente pour trouver les meilleures solutions. La relation de confiance ne pourra pas s’installer aisément avec la seule machine. 

Le conseiller apporte son expertise, mais il est aussi en empathie avec son client, notamment pour bien saisir les projets qui lui tiennent à cœur. Pour une machine ou un algorithme c’est plus difficile ! Même avec de l’intelligence artificielle. Le conseil, qui est l’essence même du métier de banquier, est fondé sur la relation humaine et l’expertise, et se déploie dans le temps long. Aujourd’hui toutes les entreprises, toutes les banques utilisent le digital, qui offre de formidables opportunités en termes de praticité, de fluidité des process, voire d’aide à la décision. Ce qui fera la différence, c’est l’humain ou plus exactement la capacité de marier la banque de réseau et ses conseillers au digital de façon performante. C’est notre modèle BRED de banque sans distance : l’humain augmenté du digital.
 
Enfin n’oublions que la création de valeur peut aussi s’appuyer sur des innovations d’usage, des innovations de process, etc. L’innovation n’est pas que technologique !

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