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Tirelire - l'épargne devient équitable

Eva Sadoun, l’entrepreneure qui veut redonner du sens à votre épargne

Le 26 sept. 2018

Et si au lieu d’investir à l’aveugle dans des produits bancaires classiques, on pouvait choisir en tant qu’épargnant à quoi sert l’argent que l’on place ? C’est l’objet de la plateforme Lita.co, co-fondée par Eva Sadoun.

Pourquoi le financement des entreprises sociales et solidaires ne reposerait que sur des campagnes de dons ponctuelles ou d’hypothétiques levées de fonds ? Il s’agit pourtant de TPE ou de PME économiquement viables, et qui créent de l’emploi. Or pendant ce temps-là, les banques gèrent des encours énormes dont une partie pourrait aller au financement de ces « entreprises à mission ».

« Nous voulons que les gens se réapproprient leur épargne, qu’ils comprennent qu’ils peuvent avoir un impact direct sur l’économie » lance Eva Sadoun, cofondatrice avec Julien Benayoun de Lita.co. Cette plateforme propose aux particuliers de prendre des parts dans des entreprises « à mission ». Des entreprises telles que « Nos grands-mères ont du talentLa Foncière Chênelet, ou Kawaa, qui affichent toutes l’ambition, certes d’être rentables, mais d’avoir un impact positif sur la société ou l’environnement.

Le particulier qui investit à travers Lita.co est donc en droit d'attendre un retour sur investissement, mais pas seulement. Il est également en mesure de savoir précisément à quoi sert son argent. Non seulement parce que les missions des entreprises sont expliquées en détail sur le site. Mais aussi parce qu’elle a fait l’objet en amont d’un audit en « due diligence ».

 Lita.co embauche 7 analystes à plein temps, à cheval entre Paris, Marseille Bruxelles et Milan. Ceux-ci sondent le tissu économique local, et étudient au cas par cas les dossiers (activité récente, stratégie de l’entreprise, perspectives, entretiens avec ses cadres, etc.)

 
 
 
 
 
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Pour Eva Sadoun, la manière d’investir est presque aussi important que le fait même d’investir. « Cela crée un cercle vertueux » souligne-t-elle. Jusqu’ici les épargnants ne savaient pas à quoi servait leur argent, tandis que les entrepreneurs sociaux n’en trouvaient pas.

 « Chez nous, les investisseurs partagent des valeurs, des principes ». Ils ne se contentent pas de placer leur argent, ils deviennent actionnaires voire sociétaires de structures auxquelles ils croient, de projets sociaux, avec un impact tangible.

Un rendement équivalent à des produits bancaires classiques

D’ailleurs, Selon une étude menée auprès de leurs sociétaires, 80% d’entre eux n’avaient jamais souscrit d’épargne solidaire avant de connaitre Lita.co. Un problème d’aiguillage estime-t-elle.

« Car en réalité, il y a des encours énormes qui pourraient aller vers des produits de finance solidaire ». D’autant que les solutions ne manquent pas. Selon elle, pas une banque ne dispose pas de produits d’investissement socialement responsables.

« Mais ils ne communiquent pas dessus, ils ne savent pas les mettre pas en avant ». Et ce, alors même que leur rendement est équivalent à celui des produits classiques. Parmi lesquels les produits d’assurance-vie par exemple, décidément plus opaques.

« Heureusement, reprend Eva Sadoun, le digital, les fintech ont permis de changer la donne ». En repackageant ces produits d’épargne solidaire, en soignant l’interface client et en jouant la transparence quant à l’allocation des fonds, il est possible de les rendre plus attractifs.

« Il faut que ce soit accessible au plus grand monde et pas pour un microcosme ou une élite » insiste-t-elle. Notre rôle consiste à démocratiser « l’impact investing ». Faire prendre conscience aux épargnants de l’influence qu’ils peuvent avoir sur le fonctionnement de l’économie.

Toutes nos campagnes font appel à au moins 60% d’individus, de personnes physiques. Elles co-investissent aux côtés de grands groupes et de banques. A ce propos, Eva Sadoun défend une approche très pragmatique. Elle se refuse à brocarder l’action de tel ou tel acteur du secteur. « On a besoin de tout le monde, on ne pointe personne du doigt ».

De l'intérêt de se constituer en écosystème

Comme il s’agit d’avoir le plus d’impact possible, Lita.co s’associe et noue des partenariats avec les grands acteurs du secteur : « Pour nous c’est important de faire partie intégrante de cet écosystème : Nous sommes partenaires et engagés dans des projets de co-financement avec la Nef (établissement financier coopératif) avec PhiTrust, INCO ou Aviva Impact Investing. Nous sommes également au bureau de Finansol, et du Mouves (le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux).

Par nos actions de plaidoyer, en cherchant à être audibles, nous finissons par bénéficier d’une certaine assise dans le milieu de la finance solidaire. Résultat, Lita.co se voit mandaté par des gestionnaires de grandes fortunes privées pour investir dans des projets solidaires, et par des banques via leurs fonds d’investissement responsable, Mirova par exemple, mais aussi la BNP Paribas ou la caisse d’Epargne.

Au-delà de la question de l’image pourtant. Pour ces grands établissements financiers, l’enjeu est tout à la fois stratégique et règlementaire, explique-t-elle.

Règlementaire : parce que les entreprises sont obligées d’avoir un plan d’épargne salariale solidaire. Elles sont d’ailleurs régulièrement évaluées sur leur action sociale et environnementale par des agences de notation comme Vigeo.  

Stratégique : parce que l'investissement socialement responsable va avoir des conséquences concrètes dans les années à venir. Au niveau local, sur l’emploi par exemple. Via sa plateforme, Lita.co a d'ores et déjà collecté 12 millions d'euros pour 35 entreprises aidant à la création de 1.600 emplois selon La Tribune

Eva Sadoun, co-fondatrice de Lita.co

L'intérêt général en ligne de mire 

« Je ne dis pas qu’on tient la solution. Ni que la finance solidaire va permettre de déresponsabiliser l'Etat qui a aussi son rôle à jouer. Mais d’ici 2-3 ans on pourra déjà voir ce qui a marché ou pas. Par notre vision et notre action, je pense qu’à terme on peut avoir un impact systémique. D’ici là nous continuerons à tester des modèles et à garder en ligne de mire l’intérêt général. 

C'est d'ailleurs en ce sens qu'Eva Sadoun a accepté de devenir "leader inspirant" du Coopérathon 2018. Pendant un mois la BRED et ses partenaires vont accompagner de jeunes entrepreneurs. Ceux-ci devront concevoir des solutions concrètes et pérennes aux défis que rencontrent 4 secteurs : la Finance, l'Education, la Santé et l'Environnement. Coup d'envoi de cette grande compétition d'innovation ce mercredi 26 Septembre au Comptoir Général à Paris

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