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Euphorie collective

Les compétitions d’innovation trustées par des entrepreneurs chevronnés ?

Le 6 nov. 2018

On trouve de tout parmi les gagnants de la grande compétition d’innovation organisée par la BRED du 26 septembre au 30 octobre. Des curieux, des citoyens engagés, certes. Mais aussi des collaborateurs de la BRED, des entrepreneurs en herbe ou chevronnés. Tout le monde y trouve son compte.

 « Voici Jean-Marc. Jean-Marc n’a plus toute sa tête. Jean Marc, c’est mon père, et j’ai voulu développer une solution pour les gens comme lui ». C’est un classique du pitch. Et les participants au Coopérathon ne dérogent pas à la règle. Il s’agit de démarrer sa présentation sur une note personnelle ou individuelle, pour ensuite expliquer en quoi sa solution va servir l’intérêt général.

Si autant de participants au Coopérathon ont recours à ce procédé ce n’est pas seulement parce que les facilitateurs du Laptop ou de Makesense leur ont expliqué la méthode le jour même ou une semaine avant. Tous les porteurs de projets n’ont pas non plus une histoire personnelle douloureuse qui constitue la source de leur engagement.

 En réalité, parmi les finalistes de la grande compétition organisée par la BRED du 26 septembre au 30 octobre, certains sont rompus à l’exercice. Ils portent leur projet de hackathon en hackathon, avec des fortunes diverses. Quelques-uns en mènent plusieurs de front, avec d’autres équipes, sur d’autres sujets. Ils se présentent tantôt comme porteurs de projet, tantôt juste en équipiers. « On rencontre du monde, on aborde de vraies problématiques, réfléchit à de vraies solutions », témoigne une participante, dont le projet a été retenu à l’issue des demi -finales samedi 20 octobre. La finale a lieu un soir de la semaine suivante. Son agenda est déjà très contraint. « Je participe à 3 hackathons en même temps ! » avoue-t-elle.

Une compétition ou un mini programme d’incubation ?

A la veille de lancer son entreprise, cet autre participant a besoin de contacts. Le contexte est propice aux rencontres. Quand bien même son projet n’a rien à voir avec celui auquel il contribue dans le cadre du Coopérathon. « Je suis fan de l’intelligence collective en général. Fan de cette atmosphère particulière, cette émulation. Ce qui se passe lorsque tout le monde se met à réfléchir ensemble ».

Il se dit très attentif aussi aux méthodes de design thinking déployées par les facilitateurs du Laptop et de Makesense. « C’est une véritable formation accélérée ». Une autre participante va plus loin, et parle même d’un « mini programme d’incubation », « mais à moindre frais et à moindre risque ». 

Ils ont beau être entrepreneurs ou indépendants. Personne bien sûr ne se consacre à temps plein au Coopérathon. « Déjà se croiser une fois par semaine entre les sprints, c’était quasiment mission impossible. » Dans cette équipe, l’une est avocate d’affaires, l’autre coach en développement personnel, un troisième ingénieur. En vue du Coopérathon, ils ont fait appel à un ancien collègue développeur.

Arriver avec une équipe préconstituée n’est pas la règle cependant. « Parfois on vient avec un projet, parfois pas. Toute expérience est bonne à prendre » Par conséquent les équipes se mélangent : un jeune data scientist ou un étudiant développeur de l’école Simplon peut être amené à côtoyer l’un de ces serial entrepreneurs, et à former ensemble une équipe.

« Cette mixité, c’est précisément ce que l’on recherche », témoigne un facilitateur du Laptop. « Pour les porteurs de projets convaincre les nouveaux venus est un exercice plutôt sain. Tandis que les jeunes gens en face d'eux ne s’engagent qu’à condition d’y croire aussi ». Plutôt que de déséquilibrer les équipes, le fait de les mixer constitue plutôt une chance, selon lui.

Une compétition ouverte ou un programme d'intrapreneuriat ?

Pour les collaborateurs de la BRED engagés dans la compétition, la question se pose un peu différemment. « En arrivant, j’avais seulement un début de problématique, réellement tiré d’une expérience personnelle. Je voulais essayer de faire passer mon idée à un autre stade. Quelque chose de plus concret » témoigne ce collaborateur de la BRED.

« J’avais entendu parler du Coopérathon en interne et j’ai été voir sur le site de l’événement québécois » Outre les membres de son équipe au sein de l’entreprise, il convainc d’autres salariés de la banque ainsi qu’un ancien stagiaire et une personne rencontrée le soir du lancement du Coopérathon. « La problématique résonnait différemment chez chacun. Nous y avons tous apporté quelque chose et c’est devenu au fur et à mesure notre projet commun ».

 « Notre but était plutôt d’attirer l’attention, persuadés que notre initiative répond à un réel besoin de la société. Bien sûr nous ne voulions pas nous contenter d’un exercice de style. Nous voulions donner corps à quelque chose ».

Ce mardi 30 octobre au soir, l’Elysée Montmartre a accueilli la grande finale du Coopérathon. Un projet a été distingué dans chacune des 4 catégories : Environnement Santé Éducation et Finance. Parmi les participants, beaucoup ne comptent pas s’en tenir là. « Nous avons bien discuté avec l’un des membres du jury, et nous devons nous revoir » témoigne une participante. « Le projet a bien mûri mais nous n’y sommes pas encore » estime une autre. « Maintenant que nous avons gagné, nous comptons bien poursuivre sur notre lancée » témoigne ce collaborateur de la BRED vainqueur dans la catégorie Finance. Quitte à devenir le premier intrapreneur au sein de la BRED.

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