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Advanced Schema : Les données au service de la santé

Le 4 sept. 2018

Depuis 17 ans, Advanced Schema conçoit des solutions basées sur la collecte, le traitement et l’exploitation des données. Au fil du temps l’entreprise s'est spécialisée dans le domaine de la santé explique Joël Da Costa, directeur de l’activité Santé, et à la tête de la filiale ConneXin dont il détaille ici les enjeux en vue du Coopérathon.   

Dans quel état d’esprit abordez-vous le Coopérathon ?  

Nous sommes convaincus que l’innovation peut venir de partout et nous sommes très attentifs à tout ce qui peut surgir. Nous serons très heureux de contribuer à l’émergence de projets innovants, d’autant qu’il s’agit de santé.

D’une manière globale nous nous efforçons de mettre notre expertise dans la collecte et dans le traitement des données au service de l’intérêt général mais c’est particulièrement vrai dans le domaine de la santé. Car il ne s’agit pas là de faire progresser le chiffre d’affaires de grandes entreprises mais de contribuer humblement, à notre niveau, à améliorer la prise en charge des patients et à faire avancer la science.

Est-ce difficile d’innover dans le domaine de santé aujourd’hui ?

En un sens oui, et je m’en réjouis. Le traitement des données personnelles de santé est encadré par un arsenal juridique impossible à contourner en matière de protection des données personnelles de santé. Les patients doivent être en mesure de choisir s’ils partagent leurs données, même anonymisées, avec qui et dans quel but, selon les critères édictés par la CNIL. 

Cela n’empêche pas le secteur de la bio tech de bien se porter. Les startups continuent d’innover, sous l’œil attentif des grandes entreprises, des labos pharmaceutiques, qui y investissent et éventuellement les intègrent en les rachetant. Pour ces grands groupes, cela revient dans une certaine mesure à sous-traiter la R&D mais cela leur permet surtout de bénéficier de la souplesse, l’agilité, et l’inventivité de ces structures.  

Aux yeux des médecins et des professionnels de santé cependant, l’innovation doit être avant tout utile et pas contraignante. Que ce soit une nouvelle molécule, une messagerie sécurisée ou un système de prise de rendez-vous, ces nouvelles solutions ne doivent modifier qu’à la marge leurs habitudes. Ce n’est pas parce qu’ils sont réfractaires à l’innovation, c’est que leur priorité absolue reste la prise en charge des patients, pas la prise en main de nouvelles technologies.

Quels sont justement les défis auxquels vous vous attaquez, et qui pourraient inspirer les participants du Coopérathon ?

Nous avons identifié une problématique qui touche au prix des médicaments : Comment fixer un prix qui tienne compte de leur efficacité réelle ? C’est un enjeu majeur pour les laboratoires qui conçoivent et commercialisent ces molécules, ainsi que pour l’Etat qui en rembourse une partie, selon les modalités établies par le comité économique des produits de santé (CEPS).

Au lieu de se contenter des résultats obtenus lors d’essais cliniques, nous proposons d’utiliser les données issues de la vie réelle, forcément plus fines, et qui prennent en compte les dispositifs médicaux engagés, la durée de traitement, etc. En les croisant nous parviendrions à fixer le juste prix des médicaments en fonction de leur utilité réelle.

Joël Da Costa

Joël Da Costa est directeur de la branche Santé d'Advanced Schema

Une autre problématique concerne le suivi des patients et la mise en place du carnet de santé partagé, le fameux dossier médical personnel qui tarde à se mettre en place.

Pour mieux coordonner l’action des différents professionnels de santé qui vont prendre en charge un patient tout au long de son parcours médical, l’idée serait de faciliter leur mise en contact et surtout leur permettre d’accéder à toutes les données concernant le patient : les actes médicaux réalisés, les compte-rendu d’opération, les lieux, les dates les traitements passés, ceux en cours etc.

S'appuyer sur les données de la vie réelle pour aider la science

Toutes ces informations seraient centralisées de manière cryptée chez un hébergeur spécialisé dans les données de santé. Ces données seraient accessibles uniquement par les professionnels de santé qui font partie du parcours et avec le consentement éclairé du patient.

Cette solution, ConneXin, est en production. Avec des professionnels de santé du public et du privé, nous avons mis sur pied la collecte et la centralisation des données de 12.000 patients pris en charge en oncologie (pour des cancers) dans la région de Limoges. Nous avons bien sûr fourni des gages de confidentialité à la CNIL qui suit de près nos travaux.

A l'origine, ConneXin était une startup, c’est devenu une filiale d’Avanced Schema. Le but est bien sûr la d’améliorer la prise en charge des patients, mais aussi de rendre disponible cette matière - de manière anonyme et avec le consentement du patient – aux scientifiques, aux chercheurs, qui s’appuieraient là aussi sur des données de la vie réelle pour établir des liens de cause à effet, obtenir des résultats, et par là même, faire progresser la science.

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