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Le capital humain : social-washing ou performance réelle?
© drante via Getty images

Le capital humain : social washing ou performance réelle ?

Malakoff Médéric Humanis
Le 21 juin 2019

Le capital humain, c’est « so » 21e siècle. 54 ans après sa création, ce concept qui fait de l’humain le moteur de la performance d’une entreprise est plus que jamais d’actualité. Mais de quoi parle-t-on au juste ?

L’économiste Gary Becker imaginait-il que le concept développé dans son livre Human capital, en 1965, serait la nouvelle Bible des entreprises du 21e siècle ? Ces dernières années, le capital humain est partout, et à toutes les sauces. Ce principe qui veut que chaque individu soit doté d’un capital propre composé de ses connaissances, ses compétences et son savoir-être (soft skills), est la nouvelle boussole RH et managériale. Certaines entreprises en ont même fait un pilier de leur marque.

Dorlotez vos salariés, c’est bon pour leur productivité

Depuis quelques années, l’attention portée au capital humain se focalise sur le bien-être et les soft skills. D’où la multiplication des discours sur l’intelligence émotionnelle, le management bienveillant ou encore le bonheur en entreprise. C’est le cas chez Patagonia. Bureaux flexibles, organisation non hiérarchique et collaborative, prise de décisions par consensus, accès à la nature et autorisation d’aller surfer à toute heure ou de venir avec son animal de compagnie… La marque multiplie les actions pour créer un cocon de travail épanouissant et respectueux de l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. Avec un principe simple : c’est la somme de ces individualités qui fait la force de l’entreprise. « Nous valorisons les penseurs indépendants ; nous n’engageons pas de personnes que vous pouvez commander. Nous ne voulons pas de robots, nous voulons des personnes qui ont et utilisent leur propre voix », souligne Evelyn Doyle, directrice RH Europe de Patagonia.

Surtout, dorloter ses salariés, c’est bon pour l’entreprise : en s’engageant, le salarié fait fructifier son capital humain, développe son employabilité mais aussi sa productivité. « Il y a une corrélation positive entre capital humain et productivité des salariés, souligne Thibaut Bardon, professeur à Audencia et titulaire de la chaire Innovations Managériales. Ce qui n’est pas étonnant : plus les salariés ont d’expertise, de connaissances, de compétences techniques et de compétences relationnelles, plus ils sont productifs et efficaces dans l’entreprise. » Pour mesurer cet impact, Malakoff Médéric Humanis a créé l’Indice de Capital Humain en Entreprise (ICHE). Les travaux menés avec Ethifinance le confirment : les entreprises qui ont le meilleur score sont plus performantes, à tous les niveaux (financier, social, économique), quelle que soit la taille de l’entreprise. Bref tout le monde y gagne. À condition de ne pas faire n’importe quoi.

Une injonction à devenir un meilleur salarié ?

« La notion de capital humain a développé l’idée d’un deal entre les entreprises et les salariés, avec ce capital humain pour monnaie d’échange », note Thibaut Bardon. Tu me formes, je travaille mieux ; je m’engage, tu me fais évoluer etc. Sauf que c’est plus compliqué que cela. « On se rend compte que souvent, cela se traduit par une injonction à augmenter son capital humain », regrette-t-il. Alors oui, certains salariés s’y retrouvent, s’engagent, prennent des initiatives, montent en compétences, augmentent leur valeur sur le marché du travail et dopent leur perspective de carrière… Mais d’autres n’ont pas envie de s’inscrire dans cette logique économique ! Il faut aussi en tenir compte.

 « Ce qui se dessine en creux, c’est une autre vision de l’entreprise et du capitalisme. Il y a aujourd’hui beaucoup d’entreprises ou des mouvements (comme le Mouvement pour une économie bienveillante) qui se lancent pour réconcilier humanisme et capitalisme dans un souci de performance globale », explique Emmanuelle Duez, fondatrice de l’agence The Boson Project qui accompagne justement les entreprises dans le développement et la gestion du capital humain. Finie la période où on devait choisir entre productivisme ou monde des Bisounours. Aujourd’hui, les entreprises doivent faire rimer profits avec sens et valeurs. « Dans la société de demain, on choisira le pragmatisme économique traditionnel et la performance économique et une approche humaniste ultra respectueuse du corps social, promet Emmanuelle Duez. Les entreprises qui n’ont pas pris la mesure de ces transformations vont passer à côté du futur. »


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Malakoff Médéric Humanis - Le 21 juin 2019
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