bannière 2
bannière 2
premium1
actu_25824_vignette_alaune

S’inspirer des start-up à succès

Le 8 avr. 2015

Adrien Tsagliotis est journaliste. Pour son livre, il a choisi de rencontrer les patrons des plus grandes start-up, de décrypter leurs pratiques et de découvrir les secrets de leur succès. Interview.

Quelle a été votre démarche pour écrire ce livre ?

Adrien Tsagliotis : J’ai toujours été intéressé par le web, les start-up. J’ai fait un stage au Journal du Net pour découvrir cet univers plus en profondeur, et me faire un réseau. J’avais plutôt pour ambition de monter ma start-up après, mais ils m’ont proposé de rester et d’aller à la découverte des start-up américaines. Je me suis mis en free-lance : ce n’est pas mon truc de rester derrière un bureau. Le monde de demain, c’est de travailler dans un café pendant qu’un inconnu vit chez toi grâce à Airbnb. Le futur, c’est le bien-être collaboratif et réussir à organiser ta vie en mobilité. A partir de là, j’ai interviewé pas mal de grands patrons américains pendant 4 ans. J’ai récolté leurs témoignages, leurs anecdotes personnelles, et j’ai voulu en faire un bouquin.

 

Faut-il S’inspirer des start-up à succès quand on est soi-même une start-up ? Qu’en est-il des autres entreprises ?

A. T. : La plupart des démarches dont je parle ne sont pas réservées aux start-up ! Tout le monde devrait s’inspirer du credo d’Amazon et faire de la satisfaction client sa raison d’être. Ou développer une culture de l’empathie, comme Airbnb. Un patron n’est pas obligé d’aller dormir chez ses clients, mais il doit aller à leur rencontre. Il faut développer une communauté : le marketing participatif semble acquis quand on est une start-up. Tu mets ton offre en ligne, et tu l’améliores avec le feedback des utilisateurs : il faut que toutes les entreprises se l’approprient. Enfin, il faut que les boîtes comprennent qu’une petite structure n’est pas forcément un inconvénient, et peut être un réel avantage, notamment en ce qui concerne la relation client.

 

A qui s’adresse ce livre ?

A. T. : Il s’agit vraiment d’un livre à destination du grand public. Il n’y a aucun terme technique, il est facile à lire. Quand je l’écrivais, je l’ai envoyé à tous mes potes qui ne s’y connaissent pas en digital. Je voulais que même ma grand-mère puisse le lire ! Bon, elle n’a pas réussi… mais c’est la seule. En résumé je dirais que ce livre ne parlera peut-être pas à nos grands-parents, mais qu’il peut être compris par nos parents. Ce n’est pas un manuel, ni un guide pour créer son entreprise ou son business plan... C’est un recueil d’anecdotes, qui proviennent de divers entrepreneurs, sur plein de secteurs, avec un contenu un peu inédit.

 

Quand on parle de start-up, beaucoup évoquent des innovations de rupture. Est-ce indispensable ?

A. T. : En réalité, tu n’inventes jamais rien. Le covoiturage existait avant Blablacar. On n’a pas inventé une discipline, mais une réponse à un usage et à des problèmes rencontrés par les consommateurs. Les start-up sont des facilitateurs : les entrepreneurs utilisent quelque chose qui existe pour le réinventer. C’est vrai qu’au début les acteurs traditionnels sont plutôt opposés au changement, et les lois les protègent. Les start-up doivent effectuer des « regulatory hacks » pour forcer les législateurs à les suivre. Elles font, et demandent la permission après. C’est ainsi que sont construites les industries de demain.

 

Votre livre se consacre principalement aux start-up américaines. Quel est votre regard sur les start-up en France ?

A. T. : Mon discours rejoint celui que j’ai déjà pu entendre à l’étranger : c’est très dommage qu’en France nous ayons des ingénieurs talentueux, et des lois qui ne favorisent pas l’entrepreneuriat. En plus de cela, le marché français est intermédiaire : aux Etats-Unis, le marché est tellement gros qu’ils font à l’échelle locale et qu’ils peuvent déjà penser international. En plus de cela, ils ont un accès au capital qui n’a rien de comparable avec ce qui peut exister en France.

 

Quels sont les ingrédients indispensables pour être un bon entrepreneur ?

A. T. : Les investisseurs cherchent avant tout une équipe. Elle prime sur l’idée, sur le secteur. C’est le facteur n°1. Un bon entrepreneur trouve des solutions à un problème. Il n’y a pas de « recette » au niveau de la personnalité, mais des similitudes dans les parcours : ils ont tous connu au moins une fois l’échec. Ce sont des gens créatifs, qui sont déterminés.

 

Quelles sont vos anecdotes préférées ?

A. T. : J’adore l’exemple de WhatsApp. Jan Koum, le fondateur, est né en ex-URSS. J’ai beaucoup d’admiration pour lui : il a construit l’application sur le principe de son éducation, c’est-à-dire un grand respect de la vie privée et des données.  

 

Et les meilleurs conseils à donner aux entreprises ?

A. T. : Le premier est d’instaurer une relation de proximité avec les clients. N’importe quelle boîte devrait s’inspirer de ce que font les start-up en ce moment : inviter les clients et les utilisateurs à passer au bureau. Ca incite au feedback, la relation devient physique. Les clients ont de la créativité : c’est dommage de ne pas en profiter, de ne pas leur demander leur avis. Le marketing de GoPro, ce ne sont que les clients : ils utilisent leurs vidéos pour faire la promo de leurs appareils. En termes de recrutement, il faut assimiler que pour comprendre ses clients, il faut être en mesure d’utiliser le produit sur lequel tu travailles, mais aussi de l’aimer. C’est plus facile de séduire tes pairs quand tu travailles sur un problème que tu as rencontré. Zappos ou Amazon par exemple proposent de payer les employés qui veulent quitter la société, afin de s’assurer d'avoir des équipes motivées. Enfin, je dirais qu’il faut savoir s’immiscer dans le quotidien des clients en proposant des fonctionnalités qui ont de la valeur. Nous sommes dans un monde de personnalisation : il faut traiter les gens comme des individus. 

 

Adrien Tsagliotis

S'inspirer des start-up à succès, disponible aux éditions Dunod 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

L'actualité du jour