actu_28378_vignette_alaune

La révolution Phantom

Le 27 oct. 2015

Un son à couper le souffle, une expérience hors du commun... le Français Devialet s'impose sur le marché de la musique en véritable orfèvre, en prônant des valeurs fortes et un esprit de compétition permanent. Interview de Quentin Sannié, co-fondateur.

Un son et un design inimitables, c’est ce qui caractérise la gamme d’enceintes sans fil Phantom de Devialet une startup montée en 2007 et qui fait aujourd’hui figure d’exception dans la musique. Quentin Sannié, entrepreneur récidiviste comme il aime à se définir, Pierre-Emmanuel Calmel, ingénieur, et Emmanuel Nardin, designer, ont inventé l’ADH Intelligence (Analog Digital Hybrid), qui magnifie le son : une technique qui allie les points forts de l’analogique et du digital pour une véritable expérience émotionnelle. Une hybridation du traitement du signal que Devialet qualifie de cybernétique, à savoir « l’art de rendre l’action efficace ».

« Pour définir l’expérience Devialet, je fais souvent un parallèle avec la peinture. Il n’y a pas de commune mesure à découvrir une œuvre de Van Gogh ou de Renoir dans un beau livre, plutôt que dans un musée. Lorsqu’on se retrouve face à un tableau exposé, on comprend alors qu’une œuvre et sa copie ne sont absolument pas comparables, ne serait-ce que pour les valeurs émotionnelles qu’elles procurent. La différence entre les deux ce sont ces mille détails que l’on perçoit en se déplaçant autour de l’œuvre : les jeux de lumières, les nuances, les reflets de couleurs… En musique, c’est la même chose : nos technologies permettent de reproduire mille détails que l’on n’entendait jamais auparavant. Elles donnent accès à l’œuvre et pas à sa reproduction ce qui change du tout au tout. », nous confie Quentin Sannié.

La marque noue des contacts privilégiés avec les artistes et les influenceurs. Si elle communique peu dans les media, elle sait créer des moments d’exception pour rester dans les mémoires. « Nous communiquons essentiellement auprès des personnalités et des journalistes : leur témoignage n’aura de valeur que parce qu’ils ont entendu ou expérimenté le son Devialet. Sur des media classiques, il est compliqué d’expliquer la valeur ajoutée de notre technologie, il faut la vivre. ». Cet été, Devialet a noué un partenariat avec Matthieu Chedid : autour du projet MMM, à Arles, le chanteur a mis en scène les œuvres de Martin Parr. Il a créé un œuvre musicale autour de l’exposition et a associé chacune des œuvres à un instrument. Ainsi lorsque le visiteur se retrouvait devant une photo, il ne percevait que l’instrument qui lui était dédié ; en s'éloignant pour se replacer au centre de la pièce, il entendait le morceau dans son ensemble. Une expérience sonore subtile portée par la technologie Phantom.

« Deux sortes de populations sont déjà accros à nos produits alors que le grand public ne les connait pas encore bien : les professionnels des nouvelles technologies savent à quel point il est dur d’arriver à ce niveau de résultat et reconnaissent qu’il s’agit d’une innovation majeure ; les professionnels de la musique, les producteurs, les musiciens, comprenent que grâce à nous la valeur émotionnelle de ce qu’ils produisent est encore plus à même de trouver son public. Matthieu Chedid, Sting, Jay Z, will.i.am, Nathalie Dessay, en témoignent, ils viennent pourtant de milieux très différents. »

Aujourd’hui, Devialet lance en coproduction un album concept avec M : La B.O2-M-. Ce second album de Matthieu Chedid est porté par l’Orange Mécanique, un coffret collector dessiné (ci-dessous) et confectionné par les designers Devialet. Le soin apporté au design de ses produits n’a rien à envier à l’excellence du son. Les équipes d’ingénierie son et de de design travaillent main dans la main et se challengent entre elles. Le modèle Phantom aux lignes modernes et très épurées vient d’ailleurs d’arriver au MOMA à NYC.

« Si vous êtes innovant dans les technologies et que vous ne l’êtes pas dans le design, qui sera capable de voir que votre produit représente une innovation ? L’objet porte la technologie, la technologie porte le design… tous les éléments d’innovation sont nécessaires et complémentaires. C’est parce que vous avez une technologie exceptionnelle que vous devez avoir un objet exceptionnel pour la magnifier. La compétition est donc nécessaire, ou plus exactement le plaisir d’inventer des choses ensemble, de se dépasser. Les contraintes de Phantom sont considérables : ingénieurs en électronique, acousticiens, mécaniciens, designers, doivent travailler de pair pour résoudre ces problèmes. C’est une invention multi compétences. Elle ne naît pas d’un seul talent, mais d’un travail d’équipe. »

C'est une des raisons par laquelle philosophie des Lumières est au cœur des inspirations de la marque. L’appellation Devialet fait référence à Vialet, ingénieur et compagnon de Diderot, qui participa à l’écriture de certains articles de l’Encyclopédie Française. « Il faut responsabiliser les gens. Je dis toujours : faites ce produit pour la personne que vous aimez le plus au monde. On ne peut se satisfaire d’une solution moyenne. Cet état d’esprit est important. Ensuite, il est nécessaire que les personnes qui nous rejoignent puissent répondre à cette question : ''qu’êtes-vous à même d'apporter chez nous ?'' ; ils doivent avoir confiance en eux et nous leur faisons confiance. Ces ''anges'' ingénieurs, designers, commerciaux, marketeux,  seront ainsi à même de faire des choses extraordinaires, des choses dont ils ne seraient pas cru capables. Ce sont les Lumières de Diderot plus que celles de Rousseau au sens où on ne pense pas que c’est la société qui pourrit l’Homme mais au contraire c’est la vie sociale, y compris la vie sociale d’une entreprise, qui est capable de donner aux gens les capacités de s’élever, de se dépasser, de se développer. Notre vision est positive. »

En seulement 4 ans, après le lancement du premier produit, Devialet a conquis le marché mondial. Un succès que l’on doit notamment à la confiance de gros entrepreneurs comme Bernard Arnault, Marc Simoncini, Xavier Niel et Jacques-Antoine Granjon qui tous ont misé sur le projet dès 2012 en investissant des fonds. Cette année, la startup française a annoncé avoir mené à bien une levée de fonds de 25 millions d'euros pour accélérer son déploiement à l'international, notamment aux Etats-Unis. A ce jour, Devialet a déposé 88 brevets et dispose de 40 ingénieurs en acoustique, mécanique, électronique, traitement de signal et informatique, les meilleurs dans leur champ de compétence, pour inventer les technologies du son du futur.

« Ma plus grande fierté : quand des jeunes débutent chez nous et qu'après quelques années, ils deviennent les meilleurs, et des modèles pour tout le monde. Avoir la chance de révéler tel ou tel talent, c'est pour moi quelque chose d’extraordinaire. Ce sont de véritables victoires ».

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.