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Engie : Portrait de marque

Comment le groupe énergétique mondial recourt à l’open innovation pour faire face aux mutations auquel il est confronté.

Effondrement des prix, consommation d’énergie stagnante, nouvelles attentes impliquant de décentraliser, de miniaturiser, de diversifier, de passer aux renouvelables… Bref. Les géants de l’énergie vivent une révolution sans précédent qui remet à plat tous leurs fondamentaux. Heureusement, Isabelle Kocher qui vient d’être nommée directeur général d’Engie, connaît bien la boutique. Car le métier doit évoluer, vite, et sur tous les registres : la vente, le transport et la distribution du gaz ; la production d’électricité ; sans négliger la partie solutions clients, dont l’Ebitda augmentera de plus de 50 % à horizon 2018. Peut-on manœuvrer un paquebot avec l’agilité d’un hors-bord ? Le pari est audacieux… mais les initiatives menées par le groupe tendent à prouver qu’il n’est pas impossible de faire basculer la culture sur un mode plus open, en quelques mois et en menant de front plusieurs initiatives…

 

L’open innovation : au cœur de la transformation digitale d’Engie

Il y a deux ans était créée une nouvelle direction ‘Commercial, Innovation et nouveaux métiers’ dirigée par Jean-Louis Blanc. Sa mission : renouveler la culture de l’innovation du groupe en lui donnant un grand coup d’open. Certes la maison n’abandonne pas son service R&D, mais le but est de l’enrichir de nouvelles dynamiques : en mobilisant l’interne d’une part, et en se pluguant à l’externe d’autre part.

 

Susciter la créativité des collaborateurs

Depuis un peu plus d’un an, la plateforme interne, Innov@ENGIE, a été mise en place et permet aux collaborateurs de partager des idées sur de nouveaux produits et services. 10 000 collaborateurs y sont déjà actifs, et 450 idées y ont été déposées. Résultat : 20 projets lancés, et cinq d’entre eux déjà sur le marché. Tous ont suivi le même parcours combatif de l’entreprenariat : la validation en interne de la viabilité de l’idée, la mise en incubation dans des incubateurs externes, des points d’étapes tous les trois mois menés par des équipes d’Engie pour apporter les inévitables corrections. Car l’objectif n’est pas fictif : en 12 mois, tous doivent avoir trouvé leur marché. Exemple ? Blu.e, plateforme numérique pour la maîtrise énergétique des installations industrielles, a déjà réalisé un chiffre d’affaires de 500 KE en 2015 ; Deepki, solution logicielle SaaS qui permet aux gestionnaires de parc immobilier de visualiser, analyser et réduire leurs factures énergétique, gère désormais 35 000 bâtiments pour une soixantaine de clients ; Nextflex, met en place la flexibilité de la consommation électrique de 76 sites industriels et tertiaires en France pour un CA de 1.5 millions d’euros…

 

Initier des partenariats externes

Mais la sollicitation de l’interne va de paire avec l’activation d’un écosystème externe.

 

Première volet : multiplier les rencontres avec des startups. Stéphane Quéré, directeur de l’innovation, met tout en œuvre pour susciter des rencontres entre les équipes et l’écosystème des startups. « Le point culminant de cette démarche est notre semaine de l’Innovation. Lancée en 2015, elle se déroulera cette année du 6 au 10 juin. C’est l’occasion, partout dans le groupe, de créer des événements, des séances de pitchs, des rencontres dans des incubateurs, des lancements d’appel à projets, des hackathons, des séances de créativité...  Nous ne faisons que suggérer les différents formats mais ce sont les entités qui décident de les mettre en œuvre. En 2015, pour la première saison, nous avions un comité de pilotage. Cette année, les initiatives arrivent spontanément : une centaine d’évènements sont programmés, d’autres sont encore en cours d’organisation. »

 

Seconde volet : proposer des appels à projet. Les entités opérationnelles sont toutes confrontées à des problématiques clients auxquelles il faut répondre de manière adaptée. Dans ce cadre, soumettre des appels à projets à des entrepreneurs externes peut apporter de vraies solutions. Sur la plateforme externe Openinnov by Engie, les équipes du groupe peuvent poster leurs sujets. « Par ailleurs, nous avons tissé des liens avec un vivier d’incubateurs qui jouent le rôle de relais. Sur une vingtaine d’appels à projet, on a reçu 350 réponses, et réalisé 18 deals, et une quarantaine seront bientôt lancés. Cette démarche rencontre un succès croissant à l’intérieur du groupe. Le réflexe est pris. Côté startup, notre engagement est clair : on n’offre ni argent, ni cadeaux, mais la possibilité réelle de travailler avec nous et en contact direct avec le client. Sur Openinnov by Engie, elles peuvent aussi nous proposer spontanément leurs compétences. » ajoute Stéphane Quéré.

Pour compléter ce dispositif, Engie organise parfois des hackathons. Là encore, le but n’est pas de faire des effets de communication : deux solutions sont déjà en phase de déploiement.

 

Troisième volet : un fonds d’investissement. Doté de 100 millions d’euros, il investit dans des startups en phase de développement commercial. Stéphane Quéré :   « Nous ne faisons pratiquement pas d’amorçage, l’innovation selon nous doit être sur une échelle de temps de 12 à 18 mois. Si c’est plus long, c’est de la recherche, et notre direction de la recherche et de la technologie peut prendre le relais avec des acteurs qui ont besoin de développer leurs technologies. Nous prenons des participations minoritaires. Nous avons fait huit opérations en France, en Belgique, au Royaume-Unis, aux USA. Nous faisons de plus en plus de business avec ces entités, et nous ne souhaitons pas investir dans des projets qui ne génèrent pas de réelles interactions avec le terrain. »

 

L’ensemble du dispositif repose donc sur la volonté d’obtenir des résultats rapides et concrets. Mais il est aussi et peut être surtout à l’origine d’un changement culturel. « Ces initiatives ont un formidable effet d’entraînement. Les valeurs de l’innovation ouvertes sont très positives, et fédèrent rapidement. Cela nous pousse à plus d’ouverture, et a la vertu de développer notre goût du risque. » conclut Stéphane Quéré.

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