Portrait d'Hélène Briand, Co-Founder et CTO de Bon Vivant Food

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L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. Un portrait, une rencontre.

 

Qui êtes-vous ? Quelques mots sur votre parcours

Hélène Briand : Je suis ingénieure en agronomie de formation et j’ai hérité de la fibre entrepreneuriale de ma famille. Mes origines bretonnes y sont certainement pour quelque chose ! J’ai toujours aimé relever des défis, surtout scientifiques. J’ai commencé comme ingénieure en agriculture, puis j’ai exploré le potentiel des insectes et me voilà maintenant dans la protéine de lait avec Bon Vivant.Quand je ne passe pas mon temps dans la recherche et l'innovation, j’adore être dehors. Je pratique l’équitation en compétition depuis longtemps et en bonne malouine, je suis passionnée de voile !

 

4 dates qui ont provoqué votre déclic climatique ?

H.B. : -1994 : j’ai quatre ans et mon grand-père décède de la maladie de la vache folle, il mangeait beaucoup de viande. C’est un enjeu alimentaire et non climatique au sens propre, mais pour moi, les deux sont liés. C’est ce qui m’a donné envie de me spécialiser en agronomie.-2016 : j’arrive à Kuala Lumpur pour le travail avec l'ambition de  faire évoluer les pratiques agricoles. C’est en novembre et l’air de la ville est irrespirable. Lorsque j’apprends que cette pollution est due aux déforestations causées par les Indonésiens et Malaisiens pour accélérer le processus de plantation de palmiers qui produisent l’huile de palme, je comprends qu’il y a un problème.-2018 : lors d’un voyage en Inde, j’étais dans une voiture avec un collègue qui, sous mes yeux, s’est mis à jeter son gobelet en plastique par la fenêtre. J’étais choquée et triste de constater qu’une grande partie du monde est encore loin d’être sensible au sujet alors que nous sommes tous concernés.-2020 : j'ai réalisé qu'essayer de convaincre les agriculteurs asiatiques de ne pas utiliser de farines animales et d’antibiotiques n'était pas suffisant pour changer es choses,  j’ai alors compris que la solution était de proposer aux consommateurs des solutions alternatives et complémentaire à l'élevage : c'est comme ça que Bon Vivant est né en 2021!

 

Les 3 romans, essais, bd, film, série, documentaires… qui vous ont retourné ?

H.B. : -J’ai trouvé le documentaire Seaspiracy de Netflix un peu trop choquant dans son approche qui se veut alarmante. Je reconnais qu’il faut prendre conscience des failles de notre système alimentaire actuel mais il faut aussi célébrer les progrès qui ont été faits depuis les années 1990.-Le livre Be The Lion: How To Overcome Big Challenges And Make It Happen de Tim Castle m’a aidé à comprendre la psychologie de l’être humain et son mode de fonctionnement.-La série The Dropout de Disney + qui raconte l’histoire d’une jeune entrepreneuse scientifique qui révolutionne le monde médical et lève des milliards grâce à une technologie s’avérant être une totale escroquerie. Cette histoire m’a confortée dans l’idée qu’il faut toujours rester soi-même et être honnête, surtout face au pouvoir et à la vénalité.

 

L'engagement que vous avez réussi à tenir ?

H.B. : Que ce soit lorsque j’étais engagée dans le remplacement des antibiotiques pour les animaux, quand je travaillais sur les insectes ou encore aujourd’hui avec l’agriculture de fermentation, j’ai toujours mis mon métier au service de l’humain, des animaux et de la nature. Je crois beaucoup en la diversité des sources pour obtenir un équilibre durable et permettre à la population d’accéder à une alimentation saine.

 

La résolution que vous avez du mal à mettre en place (mais vous ne désespérez pas) ?

H.B. : Devenir 100% végétarienne. Sur le principe, j’aimerais bien mais je n’ai pas encore trouvé de solutions équivalentes adaptées à mon mode d’alimentation, aussi bien sur le plan nutritionnel que sur celui du plaisir gustatif. C’est pourquoi avec nos protéines de lait Bon Vivant nous avons voulu répliquer les qualités nutritionnelles du lait de vache mais aussi son goût.

 

Vos 3 secrets pour soigner votre solastalgie ?

H.B. : J’ai la chance de vivre à la campagne donc à chaque fois que j’ai un coup de mou, je m’occupe de mon potager.Le contact avec les animaux m’aide aussi à me sentir mieux, surtout avec mon chat, Datine.Quand je suis en Bretagne, les sorties en mer restent le meilleur moyen de se ressourcer.

La solution ou la personnalité qui vous a le plus inspirée…

H.B. : Mon grand-père m’a beaucoup inspirée, c’était un visionnaire. Il a essayé de développer le Tetra-Pak en partant de rien, dans sa cuisine. Malgré qu’il se soit fait devancé par d’autres, il a quand même décidé de se lancer dans le papier à l’export. Aujourd’hui, mon oncle a repris l’entreprise pour créer des couches culottes durables. La fibre entrepreneuriale est vraiment dans la famille !

 

Vos raisons d'espérer ?

H.B. : La population aura toujours de quoi manger : les gouvernements encouragent l’innovation durable et les entreprises se sentent de plus en plus concernées, ce qui les poussent à investir davantage dans leur R&D. L’exemple des insectes est très parlant. Si je vous avais dit il y a encore dix ans que nous mangerions des insectes, vous ne m’auriez pas cru et voilà qu’aujourd’hui, Innovafeed réfléchit à des produits destinés à l’alimentation humaine.

Vos projets pour ces prochaines années ?

H.B. : Grâce à Bon Vivant, j’aimerais que l’industrie laitière réussisse à faire co-exister l’agriculture traditionnelle avec celle de la fermentation.Sur le plan personnel, je souhaiterais m’engager davantage dans la défense des animaux et de l'environnement. Mon rêve serait de partir en Antarctique pour des explorations et marquer les baleines pour assurer la conservation de l’espèce.

 

Si vous deviez résumer votre raison d’être ?

H.B. : A mon échelle, ma mission sur terre c’est de pouvoir contribuer à la transformation d’un des maillons de la chaîne alimentaire par mon travail scientifique. On n’est jamais trop ambitieux !

 

Hélène Briand est membre de L’ADN Le Shift.
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