Portrait d'Elsa Grangier, directrice générale Ashoka France

Portrait d'Elsa Grangier
© J. Panconi

L’ADN Le Shift est le collectif de L’ADN, son prolongement humain. Il est né d’une volonté de faire naître d’authentiques conversations, de créer des relations durables et de nous donner les moyens d'agir ensemble. Ses membres veulent penser, encourager et écrire collectivement le grand récit de la transition écologique. Avec ces portraits, nous leur donnons la parole.

 

Pour qu'une nouvelle société, plus équitable et plus respectueuse du vivant, voie le jour, il est essentiel que chaque citoyen puisse devenir un acteur du changement. C'est précisément ce mouvement qu'Elsa Grangier cherche à impulser.

 

Sur les réseaux, elle se définit elle-même comme « toujours impatiente de contribuer à la bonne marche du monde. » Et on veut bien la croire. Tour à tour autrice, entrepreneuse, conseillère pour l'ONU, chroniqueuse à la télévision, journaliste, productrice de documentaires, Elsa Grangier a une carrière riche et diversifiée qui est guidée depuis toujours par le même fil rouge, celui de l'engagement au service de la société, de l'environnement et de la jeunesse. Dès lors, rien de plus normal qu'elle ait été nommée, en 2021, à la tête de la branche française d'Ashoka, la plus grande communauté d'acteurs de changement au monde, avec un objectif, celui de faire bouger les lignes pour de bon.

 

Quelle est la mission d'Ashoka ?

Elsa Grangier : Nous sommes une organisation internationale au service du changement qui existe depuis quarante ans et qui est présente dans 93 pays. Nous voulons créer les conditions d'apparition d'une évolution sociétale majeure avec la mise en avant de nouvelles façons d'être et d'agir au service du vivant. Pour cela, nous nous appuyons sur les acteurs du changement. Notre méthode consiste à identifier les entrepreneurs sociaux qui veulent avoir un impact systémique, ceux qui vont considérer que la résolution du problème de société auquel ils s'attaquent doit passer par une démarche holistique. Cette approche est un véritable atout car elle permet de mailler toutes les parties prenantes pour que tout le monde puisse bouger en même temps. C'est réellement un gage d'efficacité. En France, nous en sélectionnons 5 à 7 tous les ans que nous intégrons à la communauté Ashoka. Ce sont des entrepreneurs sociaux. Nous les aidons à développer leurs projets. À cette communauté d’entrepreneurs s’ajoutent aussi bien des jeunes engagés dans la défense d'une cause, que des patrons d'entreprises qui ont une véritable conviction RSE, des mentors philanthropes ou des institutionnels qui veulent transformer les politiques publiques.

 

Comment accompagnez-vous les entrepreneurs sociaux ?

E. G. : Nous les finançons pendant trois ans, sous forme de bourses, et nous mettons à leur disposition un programme de développement au niveau local et international, ainsi qu'un ensemble de partenaires pro bono. Le but recherché est que les solutions qu'ils proposent puissent changer d'échelle. Nous avons accompagné des gens aussi différents que Marie Trellu-Kane, à l'origine du service civique, François Taddei, le patron du Learning Planet Institute, ou Moussa Camara qui a monté Les Déterminés, une association qui crée des programmes d'entrepreneuriat dans les quartiers. Nous travaillons beaucoup avec la jeunesse car nous considérons qu'elle est la clé de l'avenir. Nous avons également une activité de plaidoyer car il faut que nous soyons en capacité de transformer ces initiatives en recommandations vis-à-vis des institutions, afin qu'elles adoptent les changements prônés par nos acteurs. Nous voulons que les jeunes soient considérés comme des parties prenantes des politiques publiques, et plus uniquement comme de simples bénéficiaires. Cela fait partie de la résolution de l'équation.

 

Justement, comment réagit la puissance publique à vos propositions ?

E. G. : Nous sommes davantage écoutés. L'État se rend bien compte qu'il est devenu nécessaire pour lui de bouger. La multiplication des mouvements citoyens, et l'horizontalité des opinions sur internet, et plus spécifiquement sur les réseaux sociaux, font que les décisions politiques sont challengées en permanence... Il faut désormais que ces décisions soient le plus en phase possible avec les citoyens pour pouvoir répondre à leurs attentes. Il faut que la puissance publique change de braquet et devienne un peu plus humble. Il y a du progrès, mais encore beaucoup de travail à faire. Derrière tout cela, l'objectif est d'avoir une économie au service de la société, et non pas l'inverse comme c'est toujours le cas actuellement.

 

Vous œuvrez également à la transformation des entreprises ?

E. G. : En effet. Nous avons une entité qui s'appelle Change Maker Company et qui opère uniquement au sein des entreprises. Nous travaillons avec Chanel, EDF, Ikea, Sage, Klesia et BMW... Nous les aidons à modéliser de nouveaux modes de coopération basés sur la co-création, le co-design, le co-leadership. Ashoka prône la croissance de l'idée. Et si celle-ci est répliquée par quelqu'un d'autre, c'est encore mieux car les idées défendues par Ashoka sont celles qui attaquent les causes-racines de nos problèmes de société.

 

Votre grand projet pour 2022 ?

E. G. : C'est celui que j'évoquais. Que chaque jeune ait confiance dans sa capacité à être partie prenante du changement. Nous voulons que la jeunesse soit actrice des décisions politiques et partie prenante de ces décisions à l'échelle locale et nationale. Nous voulons donner encore plus de poids aux actions d'Ashoka qui vont dans ce sens.

 

À consulter :

https://www.ashoka.org/fr-fr

 

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