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Portrait de Sylvie Borzakian, directrice générale du Club de Paris des Directeurs de l'Innovation

Portrait de Sylvie Borzakian
© DR

L’ADN Le Shift est le collectif de L’ADN, son prolongement humain.
Il est né d’une volonté de faire naître d’authentiques conversations, de créer des relations durables et de nous donner les moyens d'agir ensemble.
Ses membres veulent penser, encourager et écrire collectivement le grand récit de la transition écologique. Avec ces portraits, nous leur donnons la parole.

 

Plus que jamais, notre époque doit miser sur le collectif car mutualiser les idées, les réflexions, et les initiatives est à coup sur le moyen le plus efficace pour transformer la société. C'est précisément ce à quoi se consacre Sylvie Borzakian en aidant les entreprises à coopérer entre elles pour répondre aux grands défis du moment.

 

En répondant à mes questions, elle cherche parfois ses mots, hésite sur le terme à employer... De son propre aveu, elle est arrivée dans le monde des entreprises presque fortuitement tant le hasard et les rencontres ont joué un rôle déterminant dans sa carrière. D'abord analyste financière, Sylvie Borzakian a ensuite été bassiste professionnelle pendant vingt ans, jouant notamment aux côtés de de Louis Bertignac, Patricia Kaas, Florent Pagny, avant de croiser la route de Marc Giget, président de l'Institut Européen de Stratégies Créatives d'Innovation. Depuis, elle dirige, avec talent et maestria, le Club de Paris des Directeurs de l'Innovation, que ce dernier venait de fonder, afin de favoriser les rencontres et les collaborations entre grands groupes. Un rapprochement plus que jamais nécessaire pour faire bouger les lignes.

 

Comment est né le Club de Paris des Directeurs de l'Innovation ?

Sylvie Borzakian : Le club a été créé en 2008, au moment de la crise des subprimes, lors de la 1ère Rencontre Nationale des Directeurs de l’Innovation. A cette époque, il y avait de nombreux questionnements au sein des entreprises sur leur avenir. Une grande partie d'entre elles avait besoin d'y voir plus clair et de trouver un langage commun. C'est la raison d’être du Club. Il aide les Directeurs de l'Innovation à répondre aux grands défis actuels avec pour valeurs l'excellence, l'humanisme et la création de richesses partagées. Pour ce faire, il y a mise en commun des études et des analyses sur les évolutions en cours et le meilleur état de l'art en innovation. C’est un lieu de réflexions sur les problématiques du moment, avec des partages d’expériences et de formations en commun.

C’est également un lieu de rencontres et de conception de projets entre membres du club souhaitant travailler ensemble, car ils avancent plus vite et obtiennent de meilleurs résultats en coopérant. Le fait qu’ils soient dans des secteurs totalement différents est également une richesse. Ils ne posent pas les mêmes questions et n’abordent pas les problèmes de la même façon, ce qui permet de faire émerger des idées et des solutions qui n'auraient pas fait surface de façon isolée.

En étant au contact de leurs pairs, les Directeurs de l'Innovation peuvent mieux comprendre leur métier et leur époque dans un esprit de partage. Et la formule fonctionne... Depuis dix ans, nous avons grandi et accueillons de plus en plus d'entreprises et organisations. Nous sommes passés d'une vingtaine de membres aux débuts, à plus d’une centaine à présent, aux ¾ leaders mondiales. Nous sommes à leur écoute pour leur fournir de nouveaux services et faciliter leur vie professionnelle.  Aujourd'hui, les membres du Club forment une communauté réellement bienveillante et empathique au sein de laquelle règne un esprit de partage, de découverte et d’entraide.

 

Innover est-il essentiel pour réinventer nos modèles de société ?

S.B. :   Absolument, mais pour moi, l'innovation n'a d'intérêt que si elle délivre du progrès humain. Et encore plus aujourd'hui, dans un monde qui doute. Une innovation n'a de sens que si elle est au service de la société, et qu'elle améliore la condition humaine, ne serait-ce qu’un peu. Le plus important est moins l’innovation que le progrès qui peut en découler.

Il faut réfléchir à ce dont nous avons vraiment besoin pour que notre monde aille mieux, que ce soit au niveau sociétal ou environnemental, en s’appuyant sur des valeurs fortes. Il ne faut pas revenir à l'âge de pierre mais il faut trouver un juste équilibre entre une technologie déshumanisée et les attentes fondamentales des individus. C'est la coopération qui permet de réunir des visions différentes pour trouver les bonnes solutions. C'est vraiment notre challenge. Actuellement, c'est un phénomène qui prend de l'ampleur. Il y a beaucoup de coopérations qui se créent... Cela permet d'avancer. Par exemple, de grands groupes comme Solvay, Veolia ou Total se regroupent pour améliorer le recyclage des batteries. Nous voulons aider ces entreprises à coopérer. La Chine et les Etats-Unis sont en compétition technologique violente. Il ne faut surtout pas que l'Europe reste à la traîne.

 

Quels autres facteurs peuvent permettre d'avancer dans le bon sens ?

S.B. : Il faut aussi prioriser l'éducation. Cette question est fondamentale. On  le voit actuellement avec la désinformation et la confusion sur les vaccins, mais aussi avec la plupart des problèmes sociétaux. Tout vient d'un manque d'éducation, y compris au niveau écologique. Je pense qu'on réglera beaucoup de problèmes quand on se  sera occupé d'éducation. Je suis convaincue que tout passe par là.

 

Et aussi par la transformation de l'économie ?

S.B. : Oui, tout à fait. Il y a par exemple beaucoup de radicalité chez les jeunes actuellement, avec une partie d'entre eux qui ne souhaitent pas travailler pour des entreprises qui polluent. L’économie s’entend aujourd’hui de façon élargie et les grands groupes se transforment car ils sont eux-mêmes en danger. Pour accélérer ce mouvement, la coopération « humaniste » est essentielle. J'ai confiance dans l'être humain et reste convaincue que les solutions émergent lorsque l’on a conscience de l’ampleur des enjeux.

 

Quels projets ont fait leur apparition grâce au Club ?

S.B. :  Par exemple, plusieurs initiatives ont vu le jour, et notamment à l'occasion de la crise sanitaire. Des coopérations entre entreprises ont été mises en place, comme par exemple entre les entreprises de transports sur la désinfection des avions, trains, autocars. Ils ont trouvé des solutions qui ont été testées et qui fonctionnent très bien. Mais il existe bien sur de nombreux projets collectifs qui naissent entre les entreprises membre du Club...

 

Votre objectif pour l'année prochaine?

S.B. : Nous souhaitons rassembler tous les acteurs des stratégies R & D : Directions R&D des entreprises, CNRS et grands instituts de recherche, administrations concernées, au niveau français et européen pour débattre ensemble des grands enjeux technologiques de l’Europe pour la décennie. C'est notre principal enjeu. Nous avons également le souhait de repartir à l'international avec des voyages d’études, notamment en Inde. Pour les directeurs de l'innovation, il est très important d'aller voir régulièrement ce qui se passe ailleurs pour s'en inspirer. Retourner au contact de l'international est impératif pour éviter le repli sur soi. N’oublions pas que nous sommes face à des problèmes globaux et que les solutions ne peuvent être que globales.

 

A consulter : https://www.directeur-innovation.com/

 

Pour en savoir plus sur L’ADN Le Shift et rejoindre le collectif, rendez-vous sur notre site.

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