Portrait de Sabine Maréchal, fondatrice de l'institut Les Humains

Portrait de Sabine Maréchal
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L’ADN Le Shift est le collectif de L’ADN, son prolongement humain. Il est né d’une volonté de faire naître d’authentiques conversations, de créer des relations durables et de nous donner les moyens d'agir ensemble. Ses membres veulent penser, encourager et écrire collectivement le grand récit de la transition écologique. Avec ces portraits, nous leur donnons la parole.

 

Accompagner la transformation des entreprises vers un fonctionnement vertueux est un processus qui est devenu, au regard de la situation climatique, absolument nécessaire. Pour y parvenir efficacement, Sabine Maréchal croise enjeux environnementaux et problématiques de marché dans une approche novatrice.

 

Difficile de ne pas voir en elle une femme d'engagement. Après un parcours orienté sur le conseil stratégique, Sabine Maréchal a décidé de se former au développement durable pour mettre son énergie et son expertise au service du changement. Pour aller plus loin, elle a fondé, fin 2017, l'institut Les Humains dans le but d'accélérer la transformation durable des modèles en s'attaquant au cœur du problème, la façon dont les entreprises fonctionnent et produisent. Convaincue que la responsabilité sociale et environnementale peut être un formidable relais de croissance et de pérennité des marques, elle entend faire rimer écologie et économie. Tout un programme.

 

En quoi consiste votre proposition ?

Sabine Maréchal : Nous faisons du conseil. Nous intervenons en consulting auprès des comités de direction, des comex, des directeurs de Business Unit, pour les aider à revitaliser leurs modèles, qui sont parfois déclinants, en les rendant durables. Nous travaillons beaucoup sur la circularité des modèles marchands en retail. Nous faisons également de la formation. Nous avons des programmes de sensibilisation sur les métiers de l'entreprise, les enjeux sectoriels, les impacts environnementaux, la RSE.  Nous faisons des démonstrations d'éco-conception. À chaque fois, c'est du sur-mesure en fonction des clients.

Enfin, nous faisons de la recherche. Nous avons une activité d'études exploratoires. Récemment, en juin dernier, nous avons mis en lumière le fait que les jeunes de 18 à 24 ans étaient la génération qui contribuait le moins à la transition écologique, ce qui contredit ce qu'on entend généralement dans les médias. Pour arriver à ce résultat, nous avons interrogé près de 300 jeunes dans le cadre d'un projet que nous avons mené pendant un an et demi. Ce type d'insight permet aux dirigeants de comprendre les leviers qu'il faut activer pour faire bouger les lignes. La durabilité n'est pas juste un métier mais un engagement qui doit être très fort. 

 

Pourquoi les entreprises font-elles appel à vous ?

S. M. : La plupart du temps, les entreprises souhaitent que nous apportions une réponse à un problème qui a déjà été identifié en interne. Quel modèle peuvent-elles mettre en place pour répondre aux grands enjeux actuels et aux évolutions du marché sur lequel elles opèrent ? À titre d'exemple, nous avons travaillé sur l'avenir du retail alimentaire frais. C'est une grosse bataille dans le secteur français. Notre rôle consiste à pointer ce qui a du sens en terme de durabilité, mais également en terme de durabilité du business. Nous sommes à la jonction entre environnement et économie.

 

Comment analysez-vous l'accélération des entreprises sur ces sujets ?

S. M. : Vous avez raison de parler d'accélération car c'est bel et bien le cas. Pour autant, une entreprise ne change que contrainte et forcée. Cela ne veut pas dire que, dans les comités de direction, il n'y a pas des gens qui s'engagent sincèrement. Pour autant, la crise du Covid n'a fait qu'aggraver des problématiques structurelles, et notamment le déclin de certains marchés... La transformation des modèles devient urgente, mais c'est parce qu'il y a des problématiques business que les décideurs s'y intéressent.

Nous sommes au cœur des enjeux liés à la durabilité, et pourtant nous ne voyons quasiment jamais une direction RSE. Ils n'ont pas les manettes du changement entre leurs mains. Nous les croisons en séminaires, ou quand nous organisons des rencontres, des débats, des tables rondes... Nos interlocuteurs, et je devrais plutôt dire nos donneurs d'ordre, ce sont les directeurs de Business Unit et les managers. Ce sont les décisions financières qui sont à l'œuvre dans les processus de transformation. Tout est drivé par le business. Nos clients viennent nous voir car ils ont peur pour leur chiffre d'affaires. Cela ne veut pas dire que tout est négatif car quand les grandes entreprises bougent, l'impact est énorme. Il est donc très important d'arriver à accompagner correctement ces mastodontes.

 

Votre grand projet pour 2022 ?

S. M. : Nous nous sommes fixé comme mission de faire entrer le développement durable dans les enseignements du supérieur. C'est quelque chose qui nous tient particulièrement à cœur. Il y a une énorme lacune, sauf dans les filières ingénierie et agro. Il y a un vrai manque d'éducation sur ces sujets. Il faut revoir ce qu'est le marketing et la communication à l'ère de la responsabilité.

 

À consulter :

www.leshumains-france.fr

 

Pour en savoir plus sur L’ADN Le Shift et rejoindre le collectif, rendez-vous sur notre site.

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