Portrait de Paul Jeannest, CEO et cofondateur de RaiseLab

Portrait de Paul Jeannest
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L’ADN Le Shift est le collectif de L’ADN, son prolongement humain. Il est né d’une volonté de faire naître d’authentiques conversations, de créer des relations durables et de nous donner les moyens d'agir ensemble. Ses membres veulent penser, encourager et écrire collectivement le grand récit de la transition écologique. Avec ces portraits, nous leur donnons la parole.

 

Rapprocher entre eux les différents acteurs d'un écosystème est la clé de voûte pour transformer les entreprises. La chose est connue. Pour autant, elle est généralement difficile à mettre en œuvre. Afin d'accélérer le mouvement, Paul Jeannest et RaiseLab se sont fixé pour objectif de mettre en relation les grands groupes et les startups et de les aider à innover ensemble. Un pari gagnant-gagnant.

 

À l'écouter parler, on se dit qu'il est branché sur du 10 000 volts. Paul Jeannest a en lui l'énergie débordante et la force tranquille de ceux qui savent où ils vont et qui sont déterminés à réussir ce qu'ils entreprennent. Après une expérience malheureuse dans une startup et un passage à l'Élysée en tant que chargé de mission à l'économie numérique, il a fait une rencontre décisive en 2014, celle de Clara Gaymard et de Gonzague de Blignières, cofondateurs de RAISE. Depuis, il a aidé les startups à grandir en pilotant le fonds de dotation RAISESHERPAS avant de se lancer en 2019 dans un nouveau projet visant à favoriser leur rapprochement avec les grands groupes grâce à RaiseLab, une structure elle-même issue d’un partenariat entre RAISE et Schoolab. Autant d'atouts pour accélérer l'innovation entrepreneuriale et permettre aux organisations d'avoir un impact positif sur la société.

 

En quoi consiste précisément votre activité ?

Paul Jeannest : Mon parcours s’est toujours situé à la frontière entre le soutien à l'entrepreneuriat et le bien commun. J'ai toujours voulu aider les entrepreneurs. Cela vient notamment du fait que j'ai fait mon stage de fin d'études dans une startup dans laquelle j'avais investi et qui s'était écroulée très peu de temps après. Comment quelque chose d'aussi prometteur pouvait disparaître aussi vite ? Depuis, l'écosystème des startups a explosé et l’entrepreneuriat a pris une place très importante dans notre économie. L'année dernière par exemple, 10 % des recrutements en France ont été grâce aux jeunes pousses. Désormais l’accompagnement des startups s’est bien structuré en France par le biais des pépinières, des incubateurs et accélérateurs, et avec le soutien de centaines d’acteurs.

Avec RaiseLab, première structure en France exclusivement dédiée à l’Open Innovation et à l’accompagnement des relations entre les grands groupes et les startups, nous favorisons la transformation des premiers tout en boostant la croissance des secondes grâce à la signature de contrats. C'est un modèle équilibré et vertueux. Nous constatons par ailleurs que plus de 50 % des projets que nous accompagnons ont un fort tropisme pour l'impact et le green. Nous travaillons notamment avec les acteurs de la gestion des déchets, la cosmétique, l’énergie... Ces rapprochements ne présentent que des avantages.

 

Comment prennent-ils forme ?

P. J. : Nous avons deux métiers, le contenu et le contenant. Le contenant, c'est un lieu de 2500 mètres carrés à Paris qui accueille notre écosystème. Outre les grandes et les jeunes entreprises, nous avons des associations, des PME, et des institutions. C'est le temple de l'Open Innovation. Nous l'avons pensé pour que ce soit la « Villa Médicis » des entrepreneurs.

Nous leur fournissons tout ce dont ils ont besoin pour qu'ils puissent laisser libre cours à leur créativité. En plus des espaces de bureaux, ils vont y trouver un hôtel, un restaurant et un rooftop. Nous avons créé une espèce de maison. Les membres peuvent y venir de manière permanente à l'année, ou de manière ponctuelle pour participer à des évènements et se rencontrer. Par exemple, nous avons accueilli le lancement de la radio So Good, mais aussi les bootcamps de la fondation La France s'engage avec François Hollande, et de nombreux autres événements principalement liés aux sujets de l'innovation, de l'impact et du digital.

Le contenu, c'est l'accompagnement des projets. Nous sommes aux côtés des entreprises pour trouver avec elles des solutions qui répondent à leurs besoins, que ce soit pour résoudre une problématique interne ou pour lancer une nouvelle offre, et ce toujours en mettant un acteur innovant dans la boucle.

 

C'est une démarche essentielle pour transformer les entreprises ?

P. J. : En effet, mais trop rares sont les collaborations qui fonctionnent. Nous voulons augmenter la proportion de relations qui aboutissent à un résultat parce que c'est toujours un challenge de réussir ce type de projet. D'un côté, il y a un grand groupe qui comptabilise potentiellement 100.000 collaborateurs, avec des process et des circuits de décision souvent compliqués, et de l'autre, une startup agile avec 20 personnes à bord, et une équipe très réduite pour s'occuper du business et du commercial.

Ces deux entités si différentes vont devoir contractualiser ensemble, ce qui est tout sauf simple. Il y a énormément de freins qui rendent difficile la concrétisation d'une telle collaboration... Nous sommes des facilitateurs, des tiers de confiance qui accompagnent la création de beaux projets.

 

Quels résultats obtenez-vous ?

P. J. : Ce qui est important, c'est de pouvoir mesurer l'impact d'une collaboration. Qu'est-ce qui fait qu'elle est réussie ? Qu'est-ce qui fait qu'un grand groupe est content de travailler avec une startup, et inversement ? Il faut mettre des indicateurs de succès pour prouver que ces projets fonctionnent. Nous avons envie de montrer qu'ils peuvent avoir directement un impact sur le business, le chiffre d'affaires, la rentabilité, l'acquisition de nouveaux clients... Il faut prendre en compte le retour sur investissement de l'innovation. Au-delà de ça, collaborer avec des startups permet aux grands groupes d’innover à la fois sur des sujets business et sur des sujets liés à l’impact environnemental et sociétal.

 

Votre objectif pour l'année prochaine ?

P. J. : Nous venons d'ouvrir un lieu en plein Covid. Ce n'était pas évident. Notre objectif est de faire en sorte qu'on puisse réapprendre à vivre ensemble à nouveau et que l'on ait envie de faire des rencontres et de solliciter des opportunités. RaiseLab est une plateforme qui permet cela sur le sujet de l'innovation au sens large.

J'ai envie qu'un plus grand nombre d'entreprises se disent que la solution dont elles ont besoin est à l'externe et qu'il faut aller la chercher. Pour avoir cette ouverture d'esprit, il faut accepter d'aller vers les autres. Je souhaite que nous initions de plus en plus de projets pour accélérer la transformation des entreprises.

 

Pour en savoir plus sur L’ADN Le Shift et rejoindre le collectif, rendez-vous sur notre site.

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