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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 23 juin 2020
Portrait d'Eric Newton
© E. Legouhy

Portrait d'Eric Newton, fondateur de We Are

Formé aux sciences économiques à l'Université de Nantes et détenteur d'un MBA en marketing obtenu à l'Ecole Supérieure de Commerce de Marseille, Eric Newton a été en charge du développement des activités numériques du Public Système, avant de devenir Directeur Général du digital d'Havas et de lancer ensuite HOME, une société de production audiovisuelle centrée sur la musique et l'entertainment. En 2019, il a investi les bureaux de l'ancien musée du parfum à Paris pour fonder We Are, un nouveau lieu hybride qui vise à revaloriser la palette des industries créatives tricolores et à favoriser la rencontre des talents.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier les portraits des membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

En quoi la créativité est-elle une composante essentielle du changement ?

Eric Newton : C'est le changement par nature. La créativité, quelle que soit la façon dont on l'aborde, est étroitement liée à l'innovation, au fait de créer quelque chose de nouveau et de différent. Inventer à partir d'une feuille blanche est, par définition, un acte qui provoque le changement. Cela englobe à la fois la création artistique, la création manuelle, la création intellectuelle mais aussi, dans une certaine mesure, la création économique. Un chef d'entreprise qui lance son entreprise fait un acte de création. C'est quelque chose qui est consubstantiel à l'être humain et qui a une influence sur son environnement, sa manière d'agir et sa conception du monde.

 

Le fait de fédérer une communauté de talents venant de disciplines différentes est un moyen de booster la créativité et de penser différemment ?

E.N. : Le frottement intellectuel et relationnel crée du mouvement, des rencontres, des opportunités. Et on peut penser que la meilleure manière d'avoir une bonne idée, c'est d'avoir plusieurs idées. Globalement, l'échange provoque des accélérations intéressantes. Pour lancer We Are, nous sommes aussi partis du fait qu'il y a des entreprises qui innovent parce qu'elles sont confrontées aux bouleversements de leur secteur. Quand les ventes de disques se sont effondrées avec l'invention du MP3, le fait d'avoir d'avoir créé un format de compression de l'audio a révolutionné le marché de la musique de façon extraordinairement importante. En retour, le streaming a été une manière de proposer une réponse intelligente à une problématique de dévalorisation musicale. Un secteur peut donc arriver à se réinventer. Peut-être que si l'industrie de la musique française avait mieux échangé avec celle du cinéma, nous aurions un Netflix à la française en plus de Deezer. L'idée, c'est de fédérer et de multiplier les échanges pour aller plus loin.

 

En France, la création est-elle trop silotée alors que le numérique impose un décloisonnement des pratiques ?

E.N. : Certainement. Décloisonner et créer un lieu pour que l'ensemble des acteurs puissent se rencontrer et échanger est l'ADN même de We Are... C'est le sens même de notre projet. Nous avons réuni trois ingrédients, une communauté, un lieu et des talents... Casser les silos et dynamiter les verticales permet de booster la créativité et de penser "out of the box"... En France, on pratique peut être un peu moins ça que dans d'autres pays. Les talents qui nous rejoignent souhaitent avant tout échanger et partager. Il y a l'idée d'une générosité réciproque dans le fait d'adhérer à We Are. Se dire qu'il est possible d'apporter quelque chose aux autres - une expérience, une expertise, un savoir-faire - et de recevoir quelque chose en échange. Le but est de s'enrichir mutuellement.

 

Le modèle de We Are aurait-il pu être 100% numérique?

E.N. : Tout remplacer par le numérique, c'est nier l'humanité. Un humain a besoin de voir, de toucher, de regarder, de sentir... Nous sommes dotés de cinq sens, voire à l'occasion un sixième. Aucun de ces cinq sens, finalement, ne trouve réellement son expression dans le monde virtuel. A partir du moment où on rencontre quelqu'un - c'est valable dans tout type de relation, amoureuse, amicale ou professionnelle - il y a le besoin de se connaître, de partager des moments, de construire un socle et une histoire commune. Et c'est ce qui fait que deux humains décident un jour de travailler ensemble. Le virtuel apporte plein de choses mais pas la véritable relation entre deux personnes. Ce que nous défendons, c'est la rencontre et l'échange des humains entre eux.

 

Vos projets pour cette année ?

E.N. : Nous allons pousser à fond notre modèle. Nous allons développer un grand nombre de projets événementiels pour créer toujours plus de rencontres. Nous avons fait la Fête de la musique dans nos locaux avec un grand concert et un vrai live. Nous allons continuer à la rentrée avec le cinéma et l'art contemporain. Nous n'arrêtons pas de produire et de mettre en en lumière les talents. Et puis, nous allons également nous associer à un certain nombre de grands événements, allant des festivals de cinéma aux foires d'art contemporain...

 

Eric Newton est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 23 juin 2020
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