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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 9 avr. 2021
Portrait d'Elise Pichon
© DR

Portrait d'Elise Pichon, fondatrice de Freeandise

En activité depuis 2005, Elise Pichon a fait l'essentiel de sa carrière dans l'événementiel, d'abord en agence puis en indépendante. En 2014, elle fonde la plateforme Freeandise avec pour objectif d'accélérer la carrière des freelances autour d'un collectif proactif et solidaire. Pour elle, les événements peuvent être des vecteurs de communication positive et un puissant facteur de transformation de la société.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. Un portrait, une rencontre.

 

Qu'est-ce que les événements peuvent apporter au changement ?

Elise Pichon : L'événementiel est riche d'un très grand nombre de formats. Il peut s'agir de sessions digitales, d'entertainment, de défilés, de compétitions sportives, d'opérations de sponsoring, de festivals de musique, de séminaires, de conventions d'entreprise, de sommets internationaux... Le spectre est très large. Les types de contenus proposés au public également, ce qui fait que l'événementiel est vecteur d'un grand nombre de moyens pour communiquer. Les enjeux vont bien au-delà de la simple organisation d'une soirée. Si on fait en sorte que l'évènement ait du sens, il peut devenir un outil pour transformer la société

 

Comment cela ?  

E.P. : Un événement, c'est à la fois du fond et de la forme. Le fond, ce sont les performances, la prestation d'un artiste ou le discours d'un PDG à ses salariés par exemple... La forme, ce sont les messages qui sont véhiculés. Un festival comme We Love Green propose des concerts mais le but est de sensibiliser à l'écologie. C'est un moyen pour communiquer sur la transformation environnementale et dire qu'il faut changer de paradigme. Autre exemple, Solidays invite les gens à se protéger et à se mobiliser contre le Sida. Ce sont des vecteurs de communication. Par ailleurs, les événements peuvent montrer l'exemple. Les gens peuvent expérimenter in situ le zéro déchets et voir que des solutions existent

 

Les évènements ont donc un pouvoir éducatif et transformatif ?

E.P. : Tout à fait. Le principal frein au changement, c'est la peur. L'évènementiel peut avoir un rôle à jouer pour lever ce frein car il permet d'informer dans un format différent de celui des médias, plus humain et plus ludique. Surtout, il permet aux gens d'échanger entre eux. Ce sont des lieux de rencontre. A l'heure actuelle, dans notre société, le lien social a tendance à s'effriter. On a créé des zones où il n'y a plus rien, plus de commerces, plus de bars. Juste des centres commerciaux. Le mouvement des Gilets Jaunes vient en partie de là, de ce besoin de sociabilisation et d'humanité (finalement les gens - souvent voisins - se retrouvaient chaque semaine sur un rond-point autour d’une cause commune). Le début de transformation à laquelle nous assistons actuellement, avec cette quête de sens et ce désir d'écologie qui traversent la société, a besoin d'être accompagné. Pour cela, il faut tisser du lien pour informer les gens, les inciter à passer à l'action et à trouver ensemble des solutions. Les évènements sont parfaits pour faire cela. 

 

Selon vous, le futur de l'événementiel pourrait-il mélanger présentiel et digital, avec une implication forte sur les sujets sociétaux et écologiques ?  

E.P. : Je pense que la forme va en effet changer. Le digital permet d'ouvrir l'audience à un public bien plus large et d'avoir une temporalité plus longue. C'est intéressant. Il est possible de diffuser du contenu en amont, de fédérer une communauté, de poursuivre les discussions en aval pour faire évoluer les choses plus efficacement. Le digital a cependant ses limites. Dans l'événementiel, il y a le principe de sérendipité. Rencontrer la personne qu'on ne s'attendait pas à rencontrer, découvrir des gens qu'on ne connaissait pas avant, être confronté à des idées nouvelles. C'est plus difficile à faire en ligne. Par ailleurs, il n'y a pas de convivialité, pas d'émotion. La magie de la rencontre humaine, physique et incarnée, n'a pas lieu. Il manque quelque chose. Dès que la crise sanitaire sera terminée, le présentiel va revenir en force, mais il sera certainement hybridé avec le numérique. 

 

Votre grand projet pour 2021 ? 

E.P. : Je souhaite que collectivement, avec l'ensemble de la filière de l'événementiel, nous essayions de faire quelque chose qui nous ressemble... Lancer un projet qui nous donne envie d'avoir envie de faire ce métier. Quelque chose qui nous permette d'avancer sur les problématiques RSE et les grands enjeux de notre époque.... Comment transformer la société vers le mieux ? Quand tout le monde sera vacciné en septembre, j'espère que l'activité va reprendre de façon normale !

 

Elise Pichon est membre de L’ADN Le Shift.
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Arnaud Pagès - Le 9 avr. 2021
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