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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 6 avr. 2021
Portrait de Valérie Lourdel
© DR

Portrait de Valérie Lourdel, Directrice de la Marque et de la Communication du Groupe associatif UCPA

En charge de la marque et de la communication de l'UCPA depuis 2013, Valérie Lourdel a fait tout son parcours dans des structures d’utilité sociale qui participent à la construction d'une société plus équilibrée et plus juste. Aujourd'hui, elle mise sur une expérience client engagée et innovante pour favoriser le lien social et l’émancipation des jeunes.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. Un portrait, une rencontre.

 

Quel est votre impact sur le changement ?  

Valérie Lourdel : Il est avant tout dans la vraie vie, dans l'action et au contact des autres. L'UCPA est une des plus grandes structures associatives en France, avec une utilité sociale et publique reconnues. C'est une association sportive issue de l'éducation populaire qui a su évoluer et rester connectée aux jeunes générations. Notre but est de proposer au plus grand nombre, sans discrimination, de s'épanouir par le sport, au contact de la nature et par le biais d'expériences authentiques. Dans les aventures UCPA, on lâche prise, on avance à son rythme mais avec le groupe, on tombe et on se relève, on engage son corps et ses sensations aussi. Je suis persuadée que ce type d’expériences est fondamental dans le développement des individus. Le changement est aussi dans les actions qu’on mène ensemble et dans l’esprit d’ouverture et de solidarité. Au début des séjours, il y a un lien qui se crée par l’aventure partagée, guidé bien entendu par le moniteur. Je crois à l'émancipation et au bien-être de chacun par le collaboratif, les rapports horizontaux, le pluralisme des origines et des horizons, les échanges d'idées. Et quand tout cela s’anime autour d’une expérience sportive ou associative utile, cela créé un pouvoir d’agir unique et marquant.

 

Le changement pourrait-il passer par une reconnexion à la nature, au vivant, et donc au corps ? 

V.L. : Je pense que oui. Au passage, la société a trop tendance à mettre de côté tous ceux et celles qui font des métiers d'intelligence corporelle et relationnelle, ceux qui travaillent avec leurs mains, les artisans, les agriculteurs mais aussi ceux qui prennent soin, qui accompagnent... Les personnes qui vivent au contact de la nature dans un rapport plus responsable et moins consumériste au monde, contribuent elles aussi à leur façon au changement. Nous nous inscrivons dans cette sensibilité là. Nous travaillons notamment à éduquer les jeunes à la biodiversité et à la préservation de l'environnement en les invitant à lâcher prise au contact des éléments, à se laisser porter et à ressentir l’équilibre et le rythme des saisons, des vagues, du vent et de leur propre corps. Cela fait partie de notre rôle. Cela passe par les expériences que nous leur donnons à vivre et que nous accompagnons. Les travaux réalisés en psychologie de l'environnement ont démontré que les personnes les plus écoresponsables sont aussi celles qui vivent en contact avec la nature

 

Comment développez-vous ces principes ? 

V.L. : Pour aller plus loin et faire évoluer nos méthodes éducatives de terrain, nous travaillons avec des laboratoires de recherche pour mieux comprendre les bénéfices de cette forme de sociabilité que nous proposons. Comment créer du lien entre des personnes venant d’horizons si divers ? Quel rôle pour les équipes éducatives ? Quel impact pour les individus ? Comment l’augmenter ? Nous réfléchissons à ces questions et nous les travaillons en plan d’actions concrets, en formations-actions et en référentiels. Cela alimente également nos enquêtes clients qui nous permettent d’objectiver cet impact. Ce sont les clients qui évaluent notre projet éducatif et sportif. Nous engageons aussi un travail avec les équipes pour mieux valoriser, pour augmenter et objectiver l’impact des expériences sportives de nature que nous proposons. Nous faisons partie des acteurs qui ont un rôle à jouer pour rapprocher les individus et augmenter leur bien-être.  

 

L'éviction d'Emmanuel Faber de la direction de Danone laisse penser que la transformation de la société pourrait plutôt passer par des structures comme l'UCPA, sans actionnaires et donc plus libres ?

V.L. : Plus libres en effet mais avec un modèle économique plus tendu. Expliquer ce que nous faisons à un banquier, c'est compliqué. Il est difficile de prouver l'impact social de l'éducatif ou du sport, faute de recherche aussi en la matière, alors même que son pouvoir de transformation est énorme. C'est beaucoup plus simple de mesurer l'impact carbone d'un bâtiment pour l'améliorer dans la durée, mais du côté des bénéfices humains, on peut s’interroger. Depuis toujours, les choix de notre association sont guidés par ses missions d’utilité sociale, et par ce qui fait sa force : l’énergie des hommes et des femmes qui s’y engagent. Cela ouvre des possibilités qui ne sont pas celles des entreprises privées, mais avec des contraintes de performance qui sont bien là puisque nous évoluons sur des marchés très concurrentiels. C'est exigeant, parfois un peu décalé dans notre société, et en même temps, c'est passionnant et totalement moderne.

 

Votre objectif d'ici la fin de l'année ?  

V.L. : Avant tout, j'aimerais que les 12000 collaborateurs de l'UCPA puissent se réengager dans l’activité rapidement. Nous avons tout mis en oeuvre pour préserver l’emploi, la crise nous impacte très fortement sur le plan économique. Mais nous avons l’énergie, nous sommes prêts à repartir, à nous adapter. Je pense que l’attente et le besoin de connexion aux autres, de liberté et de sport sont très forts, chez les enfants, chez les ados comme chez les adultes. Et je souhaiterais aussi qu’on puisse ouvrir les portes de deux nouvelles destinations sportives, situées à Meudon et à Reims, les UCPA Sport Station. Ce sont des multiplexes sportifs qui sont de véritables terrains d’aventures ouverts à tous et à toutes les envies. Nous allons en ouvrir une dizaine en France dans les prochaines années, à Paris, Bordeaux, Nantes... C’est une petite révolution dans la façon de vivre le sport en ville. Une expérience attractive, multi-sports qui casse la routine et embarque les débutants. Un lieu de vie, pas loin  de chez soi, qui permet de faire une pause et de respirer ensemble… Je crois que nous allons tous en avoir besoin ! 

 

Valérie Lourdel est membre de L’ADN Le Shift.
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Arnaud Pagès - Le 6 avr. 2021
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