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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 2 juill. 2020
Portrait de Théo Scubla
© DR

Portrait de Théo Scubla, fondateur de each One

Après des études de commerce et d’entreprenariat à l'ESCP Business School, Théo Scubla a fondé en 2015 each One, une entreprise sociale qui mise sur un programme d'accompagnement, de formation et d'inclusion hébergé dans de grandes écoles et universités partenaires pour booster le potentiel professionnel des personnes réfugiées. Pour soutenir cette initiative, il a ensuite créé Wero en 2018, premier cabinet dédié au recrutement des personnes réfugiées pour que les organisations puissent, en misant sur l'inclusion, s'entourer de compétences venues d'ailleurs et devenir ainsi plus efficaces, plus diversifiées et plus durables.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier les portraits des membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Votre participation au changement consiste à mettre en lumière tout ce que les personnes réfugiées peuvent apporter à la société ?

Théo Scubla : Nous engageons en effet chaque partie de la société dans un processus gagnant / gagnant. Nous révolutionnons la façon de faire de l'intégration en permettant à chaque personne d'y prendre part et d'en tirer parti. Tous les acteurs peuvent ainsi en devenir bénéficiaires, aussi bien les réfugiés eux mêmes, que les universités, les entreprises, ou encore les étudiants qui participent à nos programmes et qui s'ouvrent ainsi à des parcours et à des idées différentes. Notre cadre est pensé pour la performance durable, en transformant ce qui est considéré comme un problème social en une véritable opportunité. La question de la migration est clivante mais nous l'extrayons du cadre politique et nous apportons des réponses sur le long terme aussi bien socialement, qu'écologiquement et économiquement.

 

Comment faites-vous pour y parvenir ?

T.S. :  Il est d’abord nécessaire de partir du postulat suivant : toute personne a une valeur qu’elle emporte partout avec elle. A partir de là, nous construisons un cadre pour faire émerger cette valeur. Nous connectons alors les besoins des sociétés aux besoins des personnes réfugiées. En réalité, tout le monde s'enrichit dans ce process. En se diversifiant, les entreprises sont en capacité de prendre de meilleures décisions...  Notre force, c'est que nous avons créé un format de mise en relation qui mutualise les intérêts et les volontés de changement, d'impact et de sens, des uns et des autres. C'est ainsi que nous avons réussi à placer 150 personnes en CDI sur les quatre derniers mois, et ce malgré la crise. Et nous continuons d'accompagner des milliers de personnes tous les ans avec notre écosystème de partenaires.

Dans quelle mesure, notre société souffre encore d'un réel manque d'inclusion et de diversité ?

T.S. : La diversité, c'est un état de fait. C'est un peu comme une photographie du réel. L'inclusion, c'est notre capacité à composer avec cette diversité. Par nature, et on le voit avec les entreprises avec lesquelles nous travaillons, la société est diverse. Mais il faut être capable de voir toute la valeur derrière chaque personne et faire en sorte que chaque personne puisse réellement exprimer son talent. Aujourd'hui, une entreprise a besoin de diversifier ses talents pour être performante. Si elle ne recrute que des clones, elle perdra en créativité et en résilience. Parce que les personnes réfugiées ont des compétences, une expérience et une vision du monde différentes, l'inclusion devient un levier de performance. Et c'est le grand défi de notre société. Comment faire pour que chaque diversité fonctionne ensemble et que les entreprises progressent par l'ajout de nouvelles compétences ? Ce n'est pas un problème de volonté de faire avec l'autre... C'est en connectant les intérêts économiques à la nécessité de résoudre les problèmes sociaux qu'il est possible d'impulser un vrai changement.

 

Votre objectif en 2020 ?

T.S. : La crise nous a révélé révélé de manière très significative l’effet papillon, qu'une poignée de main en Chine pouvait mettre en branle des entreprises en France et que nous avions besoin de chaque partie prenante pour pouvoir réussir ensemble et durablement. Pour être résilient et tenir la route, chaque énergie est nécessaire et il ne faut pas laisser une seule personne de côté. Avec la pandémie, le message de l'écologie et de l'inclusion ont pris encore un peu plus d'importance. Nous voulons faire encore plus avec tous les talents en présence et construire un écosystème dans lequel il n'y aura que des gagnants. Cette année 2020 a renforcé notre raison d'être. Nous souhaitons montrer que l'inclusion est entièrement dans l'intérêt des entreprises pour opérer un passage à l'échelle.

 

Théo Scubla est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 2 juill. 2020
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