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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 18 juin 2020
Portrait de Sébastien Vilgrain
© DR

Portrait de Sébastien Vilgrain, directeur général de L'Antenne

Issu d'une longue lignée d'entrepreneurs, Sébastien Vilgrain a vécu plusieurs vies professionnelles dans le cadre d'un parcours atypique et riche en expériences variées. Tour à tour patron de boite de nuit à Miami, gérant de la partie meunerie et trade du Groupe Familial en Afrique, puis fondateur d'un cabinet de conseil en management et d'une chaîne de télévision en France, il a posé, en 2016, ses valises dans le 11ème arrondissement de Paris pour ouvrir L'Antenne, un tiers-lieux d'un nouveau genre entièrement consacré aux médias.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier les portraits des membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Quelle est votre vision du changement ?

Sébastien Vilgrain : Je ne suis pas sûr que ma vision du changement soit quelque chose de simple. J'ai exercé un grand nombre d'activités durant mon parcours, et j'attends toujours qu'une nouvelle aventure, totalement différente de la précédente, se présente à moi. Ma vie est tissée de nombreux fils qui représentent à chaque fois de grands changements. C'est assez particulier. Je n'ai pas une vision stable de l'avenir. Le changement, c'est en permanence chez moi. C'est une évolution perpétuelle. Tout va tellement vite aujourd'hui que j'ai appris à perpétuellement me positionner pour saisir les bonnes opportunités et ne pas hésiter à prendre des virages forts.

 

Qu'est-ce que L'Antenne propose à ses adhérents ?

S.V. : C'est un tiers-lieu qui comprend des espaces de travail pour les journalistes et des studios de production audiovisuelle. C'est une sorte de coworking sur la filière média. Il y a des salles de post-production, des plateaux télé, des fonds verts... Les gens qui viennent travailler chez nous sont spécialisés dans la création de contenu et dans la communication. Ils trouvent tout ce dont ils ont besoin sur place pour faire leur boulot sans devoir investir massivement dans de la technologie. Nous mettons tous les moyens nécessaires à leur disposition. C'est une première brique. Je souhaite développer d'autres lieux semblables dans chaque filière de métiers.

 

Comment cela ?

S.V. : Les tiers-lieux apportent une flexibilité sur le nombre de postes de travail et les mètres carrés disponibles, ainsi qu'une meilleure compréhension du vivre ensemble, avec un plus grand respect vis à vis des autres. C'est un modèle communautaire. Il y a des associations fructueuses qui peuvent se créer, avec une meilleure réflexion stratégique et plus de souplesse pour les entreprises... Nous sommes dans l'idée du partage et de l'échange. C'est forcément positif et cela permet de tirer tout le monde vers le haut. Et ce n'est pas réservé seulement aux petites boites. J'ai une entreprise à L'Antenne qui appartient à un grand groupe international sponsorisé par Bolloré en France. Ils ont aimé l'idée de pouvoir côtoyer d'autres entreprises qui opéraient dans la même filière qu'eux. Avec la crise, l'économie va énormément souffrir dans les mois et les années qui viennent. Développer des filières métiers avec une approche différente du travail est un moyen pour trouver de la résilience et d'expérimenter une autre manière de fonctionner dans des filières professionnelles spécifiques. Par les temps qui courent, c'est un projet qui a du sens.

 

Le modèle des tiers-lieux est-il en train de devenir une source d'inspiration pour les entreprises ?

S.V. : Les tiers-lieux sont fait pour favoriser la collaboration des gens entre eux et pour offrir au plus grand nombre  la possibilité d'entreprendre avec des moyens qui ne seraient pas accessibles si ils n'étaient pas partagés. C'est une manière différente de travailler. Ce qui m'anime, c'est de pouvoir donner accès à une proposition vertueuse qui passe par de la flexibilité, de la collaboration et de la compatibilité plutôt que par de la concurrence. Les gens qui font des métiers semblables au mien peuvent être compatibles avec mon activité. Il est possible de travailler ensemble et de s'enrichir mutuellement, de mutualiser nos expériences, nos bonnes pratiques et nos moyens. Les tiers-lieux apportent cette solidarité et cette résilience qui font généralement défaut aux entreprises. 

 

C'est aussi un moyen pour réinventer le travail et faire émerger une nouvelle société ?

S.V. : J'entends beaucoup parler de tous ces sujets. La technologie va tellement vite aujourd'hui qu'il est possible de réinventer plein de choses en permanence. Mais que change-t-on réellement? Je trouve que ces affirmations sont parfois un peu trop prétentieuses. Le monde actuel fait qu'il est devenu nécessaire de se réinventer. C'est une question d'adaptation en continu. Ce n'est pas un choix. L'agilité est devenu une qualité essentielle. Mais avec la crise, tout le monde pensait que tout allait changer, ou à minima un grand nombre de choses... En fait, les gens se sont acclimatés au télétravail et à l'école à distance. Du coup, il y aura peut-être des gens qui vont désengorger les centres-villes pour retourner en province, avec à la clé une vie plus stabilisante. Mais in fine, je ne pense pas que les habitudes de consommation changeront radicalement. C'est toujours le consommateur qui décide. Dans tous les métiers que j'ai fait, ça a toujours été ça, même si les tiers-lieux participent, avec d'autres initiatives, à réinventer les modèles.

 

Votre grand projet pour 2020 ?

S.V. : Le projet qui me tient à coeur est de lancer un tiers-lieu dédié à l'excellence culinaire. Je ne suis pas certain que ça se fera cette année, mais c'est dans les tuyaux. Ce sera un centre de formation dédié à la cuisine d'assemblage, un espace collaboratif et un lieu d'échange autour de métiers de la gastronomie.

 

Sébastien Vilgrain est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 18 juin 2020
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