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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 29 mai 2020
Portrait de Ruben Grave
© DR

Portrait de Ruben Grave, fondateur de Reborn-And-Be et Be-Coworking

Aux manettes de Reborn-And-Be et de Be-Coworking, des tiers-lieux pensés pour être des écosystèmes collaboratifs, Ruben Grave n'a fréquenté l'école que deux ans dans sa vie. Ce passionné de la résilience s'est formé en étudiant par lui même et en observant la nature. Il passe son bac grâce à l'enseignement par correspondance, avant de décrocher un premier poste dans une start-up à 18 ans. Aujourd'hui bien décidé à faire bouger les lignes, il fonde “Reborn-And-Be” en 2020 puis "Be-Tiers-Lieux", le premier média dédié à ces laboratoires de la résilience humaine de demain et à l'économie sociale et solidaire.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

Comment en êtes vous venu à vous intéresser aux tiers-lieux ?

Ruben Grave : Il y a 15 ans,  j’ai accompagné d'autres entrepreneurs en créant un incubateur pour faire de la formation et du conseil. C'était un espace où les gens travaillaient et rêvaient à demain. Nous mélangions déjà des associations, des artistes, des entrepreneurs, des experts du numérique et des PME dans un même espace. Il y a cinq ans, j'ai eu envie de faire autre chose mais toujours dans l'accompagnement, dans l'innovation et dans la création de projets. Je voulais monter une vraie boîte, centrée autour de ma passion : être le facilitateur de la réalisation des rêves humains. Je suis parti d'une feuille blanche car le métier d'incubation n'était pas du tout pérenne à l'époque. Il y avait un vrai défi à relever. Comment trouver un modèle économique qui serve de tremplin pour aider les artistes, les entrepreneurs, les associations, les grands groupes et les habitants ? L'objectif de ce projet, c'était de permettre à n'importe qui de trouver des réponses à ses besoins pour lancer son activité. Nous voulions un tiers-lieu transversal qui accompagne les métamorphoses. C'est en cela que nous nous inscrivons dans une démarche de réinvention du monde.

 

Pourquoi lancer un média cette année ?

R.G. : Un des défis que nous avons à relever est de devenir plus lisibles pour le grand public. Les gens ne voient pas le point commun entre un FabLab, un jardin partagé, un coworking, une résidence d'artistes... Ces lieux n’ont pas tous les mêmes fonctionnements mais partagent une ADN commune. C'est pour cette raison que nous avons créé Be-Tiers-Lieux. Nous voulons permettre au grand public, aux institutions et aux entreprises de s'acculturer au fonctionnement des tiers lieux, et de pouvoir s’en inspirer pour réinventer demain.

Be-Tiers-Lieux est né comment ?

R.G. : Reborn-And-Be conçoit et restructure des lieux multi modulaires en France et en Afrique depuis 5 ans et accompagne L’ANTENNE depuis 2 ans dans sa métamorphose. L’ANTENNE est initialement un bâtiment de 1800 m2 situé à Paris dans le 11ème, qui regroupe un restaurant, un théâtre, un plateau TV, des bureaux et un rooftop transformé en ferme urbaine. Notre accompagnement a permis de faire émerger le fil rouge : la création du premier tiers lieu parisien totalement LIVE, dédié aux médias, au digital, à la production de contenu et aux arts vivants. Le premier média dédié aux tiers lieux est né de cette rencontre entre Reborn-And-Be et L’ANTENNE.

 

Votre mission, c'est d'aider les autres à changer.  Comment procédez-vous ?

R.G. : Comme tous les sujets protéiformes, il n'y a pas une recette mais autant de recettes que de personnes. C'est toute la complexité du modèle. Chez Reborn-And-Be, nous leur fournissons une grande variété de Lego dans laquelle il y a les ingrédients pour permettre de répondre à des besoins différents.... Des ateliers sur la prise de parole en public, des échanges avec d'autres entrepreneurs, des outils numériques, des formations, du coaching personnalisé, de la solidarité en cas d'échec. Il y a aussi un accompagnement pour répondre aux besoins de financement ou pour développer une stratégie digitale... A chaque fois, nous proposons des solutions à géométrie variable en fonction des moyens et du stade de maturité des projets. Nous apportons des outils et des méthodologies, des logiciels et des ressources qui vont aider les incubés à trouver une réponse à un besoin. Nous mettons en place des formations sur des sujets aussi variés que le référencement Google, le management, le commerce, la stratégie digitale ou l'informatique. C'est multifactoriel.

 

Avec la crise actuelle, la tendance est au local, au solidaire et au résilient. Est-ce que les tiers-lieux fournissent une source d'inspiration pour construire des modèles plus adaptés à l'avenir?

R.G. : Absolument. Ils se sont construits comme ça. Toutes ces valeurs sont inscrites dans leur code génétique. Ils sont composés d’humains qui ont tout lâché pour redonner du sens à leur existence et retrouver un équilibre entre leur travail et leur vie personnelle, avec une très forte implication dans des projets locaux, artistiques, culturels, solidaires... Ils ont tous en commun cette caractéristique. Ils ont tous réussi à affronter le risque de perdre tout ce qu'ils avaient avant. Se lancer dans cette aventure, c'est comme sauter dans le vide. Notre mode de fonctionnement est la résilience même. Nous explorons de nouvelles pistes, échangeons entre nous et partageons nos expériences en permanence. Nos lieux accompagnent la métamorphose des humains et des organisations.

 

Vos futurs projets ?

R.G. : A l'heure actuelle, les tiers-lieux sont des OVNIS pour les entreprises. Notre objectif est de créer une passerelle pour que les grandes groupes puissent s'appuyer sur les tiers lieux et que les tiers-lieux puissent bâtir grâce à eux un modèle économique pérenne. Mettre en place cette passerelle dans les deux sens fait partie de mes objectifs cette année.

 

Ruben Grave est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 29 mai 2020
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