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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 2 mars 2021
Portrait de Martin Besson
© DR

Portrait de Martin Besson, fondateur de Sans A_

Il y a huit ans, alors qu'il était lycéen, Martin Besson a pris la décision d'arrêter ses études pour lancer le projet solidaire Sans A_. Son objectif ? Apporter une aide concrète à tous ceux et toutes celles qui sont sans abris, sans argent, sans avenir et sans amour afin de les sortir de la rue. Aujourd'hui, il entend passer à l'étape supérieure en rendant la philanthropie accessible à toutes et à tous.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier les portraits des membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Quelles sont les activités de Sans A_ ?

Martin Besson : Nous sommes un média d'impact qui a pour but d'encourager les citoyens à passer à l'action pour aider les personnes sans domicile fixe, que ce soit en leur consacrant du temps, en leur écrivant une lettre, ou en faisant un don financier pour soutenir un projet de réinsertion. Pour sensibiliser les gens à ces situations de grande précarité, nous publions les portraits des personnes qui dorment dehors... Nous fonctionnons comme une communauté d'entraide. Nous sommes également une agence de communication qui a pour mission d'accompagner les marques dans la mise en visibilité de leurs engagements et de leurs actions sociales, autour des valeurs d'éthique, de transparence et d'impact.

 

Le changement vers un modèle de société durable est focalisé sur la crise climatique... Pourtant, il faut également solutionner la fracture sociale très profonde qui existe dans notre pays ?

M.B. : Je ne pense pas qu'il soit possible résoudre la crise climatique en ne s'occupant pas de la crise sociale. J'ai la conviction que quand on n'est pas en situation de précarité, on peut s'intéresser à des sujets qui nous dépassent, notamment le climat ou la biodiversité. Quand on est dans une logique de survie, on ne pense d'abord qu'à soi. Vivre dans la rue n'est pas compatible avec la préoccupation environnementale.

 

Quels sont les résultats de Sans A_ ?

M.B. : Au cours des derniers mois, nous avons collecté un peu plus de 10 000 euros pour soutenir les personnes sans abri. Récemment, nous avons pu reloger une personne qui s'appelle Serge. Sans domicile fixe depuis 1997, diabétique et atteint d'un cancer au pancréas, il a trouvé un appartement début janvier. Son histoire est disponible sur notre site internet. Nous avons également pu aider Léa à acheter une voiture. Au cours de ces dernières années, nous avons touché un peu plus de 9 millions de personnes. Et nous avons raconté plusieurs dizaines d'histoires.

 

Vous êtes les premiers à donner de la visibilité aux sans-abris ?

M.B. : Nous sommes en effet les premiers à avoir fait ça. La Fondation Abbé Pierre, par exemple, œuvre à mettre en lumière la fragilité de ces publics, mais dans leur globalité. Nous, nous travaillons sur les individus. Nous donnons un visage aux gens qui n'en ont pas.

 

Selon vous, les pouvoirs publics mettent-ils suffisamment de moyens sur la table pour résoudre le problème ?

M.B. : Les Français font partie de ceux qui sont les mieux aidés. Le problème est la réaction face à l'urgence. Réagir constamment dans l'urgence ne permet pas d'apporter de solutions pérennes. Une personne sans abri coûte 17 000 euros par an à la collectivité sans être relogée. Si elle a un toit au-dessus de sa tête, elle coûte moins cher. Il faut une vision sur le long terme pour appuyer l'action sociale sur le terrain.

 

Quel a été l'impact du Covid sur votre activité ?

M.B. : La crise sanitaire ne nous a pas freinée. Ça a même été le contraire. Nous avons accéléré car les personnes à la rue ont été encore plus touchées que les autres. Lors du premier confinement, elles se sont retrouvées dans une situation de précarité bien plus grande que d'ordinaire. Du coup, nous avons fait énormément de portraits avec un rythme de publication plus soutenu. Nous avons développé un grand nombre de contenus et lancé de nouveaux projets.

 

Votre objectif pour 2021?

M.B. : Nous voulons devenir le Netflix du don pour rendre la philanthropie accessible à toutes et à tous. Nous voulons faire en sorte que chaque personne qui décide de faire un don puisse connaître la réalité de son impact, que celui-ci soit financier ou que ce soit en termes d'action sur le terrain. C'est un moyen efficace pour encourager la générosité.

 

Martin Besson est membre de L’ADN Le Shift.
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Arnaud Pagès - Le 2 mars 2021
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