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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 7 avr. 2020
Loic Yviquel
© DR

Portrait de Loïc Yviquel, COO de Ulule

Après une première carrière dans l'industrie du sport, Loïc Yviquel est devenu, en 2019, directeur général de la plateforme de financement participatif Ulule avec pour mission d'en faire un incubateur de projets à impact. Pour cet entrepreneur enthousiaste, valoriser les initiatives positives est une des clés du changement.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale et confinés chez nous, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Shift. Un portrait, une rencontre.

 

En quoi le financement participatif permet-il aujourd'hui d'inventer de nouveaux modèles ?

Loïc Yviquel : Il faut arrêter de parler de financement participatif. Il faut simplement parler de participatif. De plus en plus, la société se dirige vers un modèle horizontal à rebours de la démarche top-down. Ce ne sont pas les premiers de cordée qui vont changer le monde. C'est tous ensemble que l'on pourra le faire. C'est sans doute ce qui explique le succès du crowdfunding, qui est né au départ sur les réseaux sociaux, notamment avec les systèmes de paiement en ligne qui sont arrivés à peu près en même temps, il y a une dizaine d'années. Au fil du temps, le participatif est devenu un moyen de tester des idées, des modèles, des perceptions, des envies, des attentes... Les gens qui viennent chez nous n'ont plus pour motivation première de réunir des budgets. Ils veulent d'abord pouvoir raconter et promouvoir leur histoire. Ils veulent pouvoir dialoguer avec des early adopters et s'assurer que leur projet rencontrera une communauté. Le participatif est devenu un formidable laboratoire d'innovation.

 

C'est aussi un moyen pour que tout le monde puisse participer au changement, même de façon très modeste ?

L.Y. : C'est une manière de consommer différemment. Cela va beaucoup plus loin que la contribution financière. Chez Ulule, les gens participent à des projets qui leur apportent quelque chose de fort... Quand ils soutiennent un projet de baskets fabriquées à partir de plastique issu de la méditerranée, ils ont la satisfaction de faire du bien à la planète. Ils cherchent des projets qui répondent à leurs attentes et qu'il ne trouvent pas dans leurs modes de consommation traditionnels. Entreprendre ne doit pas être une question de profit mais un moyen pour apporter une solution à un problème. Chez Ulule, nous sommes des "solutions makers". Nous facilitons le passage de l'idée à l'action en permettant aux projets de se lancer. Dans le monde des start-ups, tout le monde parle des licornes en laissant de côté les poneys. Pourtant, il y a de très bons poneys. Ce n'est plus la taille d'un projet qui doit compter mais son impact.

 

Comment accélérer la transformation vers un nouveau modèle de société ?

L.Y. : On y arrivera pas en partant du principe qu'il y a ceux qui ont tout compris et les autres. Il n'y a pas les gentils qui prennent soin de la planète et les méchants qui polluent...  Il faut qu'on arrive à travailler tous ensemble. Il faut une impulsion globale. Il y a des études qui ont établi que si tout les citoyens se mettaient à manger bio, à privilégier les mobilités douces et à trier leurs déchets, on ne résolvait que 25% du problème. Le reste vient des entreprises. Il n'y a pas deux schémas, il n'y en a qu'un seul. Il faut impliquer tout le monde. Aujourd'hui, les individus ressentent le besoin d'agir pour le bien commun. C'est ce qui renforce la dimension participative. Il faut fortifier cette impulsion. C'est ce qui m'a séduit dans le Shift, qui présente l'avantage de réunir des gens venant d'horizons différents.

 

Si vous deviez résumer le changement en 3 mots ?

L.Y. : Ce sont plutôt des slogans, voire des mantras. Tout d'abord, ne rien lâcher. Ensuite, on sera plus fort ensemble. Enfin, penser différemment. Il faut penser différemment pour s'autoriser à se tromper. L'important, c'est de faire les choses, tant pis si on se trompe. Il faut toujours essayer.

 

Vos objectifs pour 2020 ?

L.Y. : Nous lançons So Good, un magazine qui met en avant les initiatives positives. Tout le monde parle sans cesse du réchauffement climatique et de ses répercussions négatives... Les projets qui vont dans le bon sens et qui apportent des solutions ne sont pas assez visibles. Sur Ulule, nous en recevons 1500 tous les mois. Il faut réenchanter le futur.

 

Loïc Yviquel est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 7 avr. 2020
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