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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 16 juin 2020
Portrait de Laurence Bordry
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Portrait de Laurence Bordry, VP de l'Innovation Lab Marketing Global chez Accor

Forte d'un parcours drivé par l'innovation, Laurence Bordry a été successivement directrice de la communication des groupes Iliad et Partouche, puis directrice marketing des Galeries Lafayette, avant de rejoindre Accor en 2013. Depuis 2017, elle est vice-présidente de l'Innovation Lab Marketing Global du groupe, ce qui lui donne l’opportunité d’être à l’écoute des consommateurs pour proposer de nouveaux concepts, à la fois plus durables et mieux adaptés à l'évolution des comportements. Depuis 2019, elle est également présidente du Club des Annonceurs, Think Tank d’innovation des Dirigeants de Marques.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

En quoi consiste précisément votre travail ?

Laurence Bordry : Depuis trois ans, j'ai la chance de pouvoir mobiliser pleinement mon énergie et mon temps pour comprendre les signaux faibles et identifier les tendances émergentes afin de développer de nouveaux concepts pour le groupe. L’équipe a, par exemple, créé une nouvelle marque, Jo&Joe. C'est un concept destiné aux milléniums qui sont à la recherche de lieux de vie pour se retrouver et rencontrer, à l’occasion de leurs voyages, des locaux en découvrant de nouvelles cultures. C'est une "Open house", ouverte sur le monde extérieur !

 

Que faites-vous pour contribuer au changement ?

L.B. : Depuis à peu près deux ans, je travaille sur « Positive Place », un nouveau sujet autour de la déconnexion que je développe avec une équipe interne composée de collaborateurs qui ont à coeur d'y contribuer. C'est une forme d'intrapreneuriat au sein même d'Accor. A cela, dans une démarche d’open Innovation, nous enrichissons ce projet avec des contributeurs externes :  startups, étudiants, chercheurs, sociologues... Nous sommes partis d'un constat simple. Il y a aujourd'hui de plus en plus de personnes qui habitent dans les grandes villes. D'ici dix ans, 60% de la population vivra en zones urbaines. C'est considérable. Il y a une pression de plus en plus forte liée à un rythme de vie trépidant. Dans le même mouvement, les consommateurs se préoccupent de leur bien-être et souhaitent se reconnecter à leur environnement. Notre idée, c'est de créer un lieu en ville qui permet de se déconnecter de son quotidien pour se reconnecter à soi, aux autres et à la nature. C'est un projet qui fait complètement sens actuellement. Avec la pandémie, un grand nombre de gens veulent ralentir leur course effrénée pour prendre un peu plus leur temps. Les moments que vous passez pour vous et vos proches sont incroyablement précieux. Ma vision de l'avenir et du changement, c'est que ce besoin de se reconnecter à soi, à ses proches, et à cette nature qui était sur terre bien avant nous et qui a beaucoup à nous apprendre, ne va faire qu'accélérer.

 

Pour opérer un changement à plus grande échelle, ne faudrait-il pas réinventer notre façon d'innover ?

L.B. : Il n'est pas facile de répondre à cette question parce que nous nous devons d'avancer. C'est humain et c'est également une question de survie. Quand on innove, il y a inévitablement des dommages collatéraux et des imperfections. Pour y remédier, la solution tient peut-être dans notre façon de fonctionner. Sur beaucoup de sujets, il n'y a souvent qu'un seul regard et qu'une seule idée qu'on cherche à développer. Bille en tête, les équipes vont alors suivre la feuille de route jusqu'à l'objectif final. En faisant travailler ensemble des gens qui ont des approches complètement différentes, cela pourrait permettre d'éviter ces imperfections, ou au moins de les limiter. Changer la façon d'innover, c'est avoir l'opportunité de challenger un projet en impliquant des profils très variés, et c'est pour cette raison que le Shift m'intéresse. Cela permet d'éviter le piège de la pensée unique pour affiner un sujet afin de pouvoir l'appréhender sous tous les angles.

A titre personnel, quels enseignements avez-vous tiré de la crise ?

L.B. : Comme lorsque l'on plonge une photographie dans un révélateur, les choses finissent lentement par apparaître. Pour moi, ça a mis en lumière et accéléré un certain nombre de sujets. A titre personnel, j'ai pris conscience que l'instant était ce qui était le plus important. Et que tout pouvait arriver. Cela m'a fait prendre conscience de ce facteur d'incertitude énorme qui pèse sur nous. Et du coup, de l'importance du moment présent. Il fallait vivre l'instant et in fine, en tirer parti aussi. La course permanente dans laquelle nous étions avant la crise nous a fait oublier à quel point les petits moments du quotidien sont importants. J'ai réalisé que j'avais le droit de préférer mon bonheur, celui de ma famille et de mes amis. Aujourd'hui, j'ai envie de me recentrer sur l'essentiel.

 

Laurence Bordry est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 16 juin 2020
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