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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 5 mai 2020
Portrait de Jan Kolar
© Daniela Kockova

Portrait de Jan Kolar, fondateur de 28° Design

Diplômé de Sciences Po Paris, Jan Kolar s'est spécialisé dès 2014 dans le conseil en innovation et en développement durable. Il y a deux ans, il a fondé l’agence 28° Design pour aider les marques dans leur transition vers des modèles économiques construits autour de la résilience et de la durabilité. Grâce au concept de "nouvelle valeur", il entend dynamiter les vieux schémas pour faire avancer l'entreprise tout en faisant progresser l'humanité.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale et confinés chez nous, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Comment définir votre activité ?

Jan Kolar : Je suis un designer de la nouvelle valeur. J'accompagne les entreprises pour qu'elles puissent prendre le chemin d'une autre manière de créer de la valeur, plus vertueuse et plus positive pour la société. Pour y parvenir, nous les aidons à redéfinir leurs stratégies d'innovation et de développement. Cela se traduit souvent par la mise au point de modèles alternatifs qui peuvent être intéressants d'un point de vue sociétal et économique. Nous les aidons à mettre en place des dispositifs qui vont leur permettre de développer des projets innovants et accélérer la création de nouvelles activités et de nouvelles offres. Nous adoptons une approche de co-design en intelligence collective, soutenue par une ambition d'impact sociétal positif.

 

L'innovation est au coeur de votre démarche ?

J.K. : Tout à fait. Mais seulement dans les modèles économiques. L'innovation permet le défrichage de nouveaux pôles de valeur. Elle favorise le changement des pratiques managériales. Pour être à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui, il est nécessaire de s'attaquer à la manière dont les entreprises ont été pensées pour créer de la valeur. C'est le coeur du réacteur et c'est cela qu'il faut transformer, sinon on ne sera pas en capacité de traiter les changements en cours. Modifier les modèles économiques, c'est cibler ce qui peut atténuer les impacts du changement climatique avec une grande efficacité.

 

Comment transformer un modèle économique ?

J.K. : La plupart du temps, les ingrédients de le nouvelle valeur sont déjà présents dans les entreprises. Au final, j'agis plus comme un révélateur que comme un designer. Je mets les entreprises dans des postures qui, grâce à l'intelligence collective, leur permettent de structurer des projets innovants. Il s'agit de mettre en lumière les bonnes solutions. Nous les aidons sur la manière de changer. Comment s'y prendre ? Par quoi commencer ? Dans tous les cas de figure, nous construisons le chemin ensemble. Si je me contentais de venir avec une solution, elle ne serait jamais appropriée. Il y a beaucoup d'entreprises qui ont juste besoin de repenser la façon de créer de la valeur sans tout changer de A à Z. Etant donné l'urgence, il est nécessaire de travailler sur la transformation des entreprises actuelles. 

 

Un exemple ?

J.K. : Un exemple emblématique est celui d’Interface, une entreprise qui vend des dalles de moquette fabriquées avec de la pétrochimie à des professionnels. Lorsque ces professionnels déménagent, ils laissent souvent derrière eux les dalles de moquette, ce qui représente une quantité phénoménale de déchets. Interface a changé son modèle de commercialisation en se tournant vers l'économie de la fonctionnalité. Désormais, ils louent les dalles et les récupèrent lorsqu'elles sont en fin de vie. Ce qui les a amené à innover de mille manières, par exemple, pour faciliter la récupération des dalles, il ont du inventer de nouvelles colles qui pouvaient s'enlever facilement, ils ont repensé leur écosystème productif pour transformer en matières première les filets laissés à l'abandon par les pêcheurs aux Philippines, pensent aujourd’hui leurs usines comme s’il s’agissait des écosystèmes forestiers, etc…  Nous travaillons aujourd’hui avec plusieurs entreprises, publiques ou privées, dans divers secteurs, sur des problématiques similaires.

 

Quel est votre prochain défi ?

J.K. : J'ai la chance d'être engagé dans la création d'un nouveau modèle économique en travaillant avec une très grande diversité de parties prenantes sur la chaîne de valeur du réemploi. Il s'agit de contribuer à la montée en puissance de la filière de réemploi en France. Mon défi pour cette année est de mener à bien ce projet.

 

Jan Kolar est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 5 mai 2020
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