habillage
premium1
premium1
Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 19 mai 2020
Portrait de Georges de La Ville-Bauge
© Cécile Tardy

Portrait de Georges de la Ville-Baugé, fondateur d'OpenBubble

Ingénieur en informatique, Georges de La Ville-Baugé a été Chief Digital Officer d'Ipsos et de Kompass pendant plusieurs années, après avoir co-fondé le pure-player d'information EconomieMatin en 2012. Il y a deux ans, il a décidé de prendre un virage radical en lançant OpenBubble, une plateforme qui a pour but de lutter contre la solitude et de favoriser l'intégration sociale.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Que proposez-vous exactement avec OpenBubble ?

Georges de La Ville-Baugé : Nous opérons dans le cadre de l'Economie Sociale et Solidaire. Nous sommes labellisés ESUS, c'est à dire que notre mission sociétale est inscrite dans nos statuts, à côté des objectifs financiers. Nous sommes jugés sur la façon dont nous changeons le monde. Notre mission consiste à favoriser les rapprochements humains et à recréer des liens sociaux, indépendamment des silos, des cultures et des castes... Il s'agit de permettre à deux personnes de se rencontrer autour d’un café le temps d’une conversation. Pour ce faire, nous avons créé une communauté mondiale de personnes bienveillantes, partant de l'idée que 90% des gens sont très sympathiques 90% du temps. Avec OpenBubble, deux personnes peuvent entrer en contact et partager une discussion, ce qui peut faire naître une grande amitié, une collaboration professionnelle fructueuse ou simplement un bon moment passé ensemble. Il n'y a aucun objectif préalable à cette rencontre à part l’envie d'échanger avec un autre individu. Par rapport à des sites de rencontres classiques, il n'y a pas de sélection à l'entrée, pas de catalogue de profils, et le modèle économique ne repose pas sur l’addiction des utilisateurs.

 

La relation humaine est un élément essentiel du changement ?

G.V.B. : C'est encore plus fondamental que ça. C'est une composante essentielle du bonheur ! Il est extrêmement difficile de définir ce qu'est le bonheur mais on peut s'accorder sur le fait, étayé par des études scientifiques, que les gens entourés sont plus heureux, vivent plus longtemps et sont en meilleure santé que les gens qui sont seuls. Avec le néolibéralisme, nous pensons depuis 70 ans qu'il est possible d'être parfaitement heureux en restant dans sa bulle et en consommant toujours plus. Avant le confinement, le bonheur se résumait à être chez soi, à regarder Netflix, à acheter des produits sur Amazon, à commander des repas livrés à domicile. C'est un modèle qui alimente l'égo mais pas le bonheur.

 

Notre définition du bonheur est en train de changer ?

G.V.B. : A un moment donné, cette course folle qui n'a aucun sens doit s'arrêter. Une vie heureuse et épanouie passe par la facilité à être en relation avec les autres, pas par le nombre d'objets que l'on possède. Nous vivons dans un monde qui rend l'accès à l'autre de plus en plus compliqué, voire même marchandisé, comme le font les applications de dating... Il ne faut pas que ce soit la seule offre. Nous sommes une alternative. Lorsque deux individus entrent en contact grâce à OpenBubble, nous les invitons à entamer leur conversation sans parler de leur travail, ni de l'endroit où ils vivent, car ce sont des sujets qui induisent presque systématiquement un jugement. Il faut retrouver cette gratuité, cette simplicité, et ce naturel de la rencontre. A ce titre, le confinement nous a montré à quel point nous avons besoin les uns des autres, à quel point la présence des autres est riche et importante pour chacun d'entre nous. 

 

Justement, comment avez-vous opéré pendant le confinement ?

G.V.B. : Nous avons saisi l'opportunité de développer le online. C'est exactement la même offre et la même philosophie, sauf que c'est du tchat sur internet. Nous faisons très attention à la protection de la vie privée et nous nous assurons que nos utilisateurs sont réellement bienveillants. OpenBubble online nous a donné la possibilité de répondre à cette période particulière où les gens se parlaient d'un bout à l'autre du réseau sans pouvoir se voir. Mais notre ADN reste le même : permettre de fermer les écrans et d'avoir des discussions dans le monde réel. 

 

Est-ce que la crise a donné plus d'importance aux relations humaines ?

G.V.B. : Mon intuition, c'est que beaucoup de gens ont effectivement perçu l'importance de l'autre. Il y a un formidable besoin de prendre soin les uns des autres. C'est flagrant avec les applaudissements aux fenêtres à 20h. C'est tout à fait inédit et c'est mesurable en décibels. Aujourd'hui, les petits gestes sont devenus très importants.

 

Georges de la Ville-Baugé est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
Vivez des expériences imaginées par L’ADN, et construisez votre réseau d’acteurs du changement.
Vous êtes également un acteur du changement et vous souhaitez rejoindre le collectif L’ADN Le Shift ?
Découvrez le programme de l’année et écrivez-nous ici pour nous faire parvenir votre candidature !

Arnaud Pagès - Le 19 mai 2020
À lire aussi
premium2
premium2