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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 16 avr. 2020
Florent Faucher
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Portrait de Florent Faucher, co-fondateur des Youth Hacktivators

La valeur n'attend pas le nombre des années. A seulement 22 ans, Florent Faucher est le co-fondateur et le directeur général des Youth Hacktivators, une communauté de jeunes acteurs du changement qui aide les grands groupes à devenir plus éco-compatibles, plus humains et plus durables. Une transformation qui apparaît à un nombre croissant d'entre eux comme une condition sine qua none pour garantir leur pérennité.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale et confinés chez nous, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Quels projets développez-vous avec Youth Hacktivators ?

Florent Faucher : A l'heure actuelle, nous réunissions une trentaine d'acteurs du changement qui ont entre 18 et 25 ans et des profils très variés. Il y a des scientifiques, des designers, des entrepreneurs.... Nous oeuvrons à la transformation des entreprises en agissant à deux niveaux. D'abord, en participant à des événements, et notamment à "Sustainable Brands Paris", le plus grand salon sur le développement durable en Europe, lors duquel nous challengeons les entreprises dans le cadre de tables rondes et de prises de parole. C'est d'ailleurs lors de l'édition 2019 que Youth Hacktivators a vu la jour. La participation à ce type d'événements est l'occasion de mettre en place de nouveaux formats d'échanges et de co-création. Nous souhaiterions par exemple implémenter la "conférence inversée" pour une prochaine intervention. Créée par Jean-Charles Caillez, elle permet au public de s'exprimer sur une problématique et à un expert d'apporter son point de vue en fonction des réponses.

 

Comment agissez-vous au sein des entreprises ?

F.F. : Nous travaillons avec les départements RH, RSE et marketing. Pour la RSE, nous challengeons les stratégies pour pousser plus loin les objectifs et les ambitions. Nous proposons un plan d'action, articulé autour d'un projet, pour activer la transformation. Nous pouvons également participer à la phase d'idéation des initiatives RSE. Sur la partie marketing, nous sommes un relais de sensibilisation auprès des dirigeants car les jeunes consomment différemment. Nous travaillons avec eux sur de nouvelles offres qui prennent en compte la dimension environnementale. Enfin, nous collaborons avec les RH sur la création d'ateliers et de formations pour inciter les jeunes à s'engager aux côtés des entreprises afin de transformer durablement leurs modèles économiques.

 

La jeunesse est-elle devenue un enjeu important pour les entreprises ?

F.F. : C'est le cas, notamment parce qu'elles doivent renouveler leur stock de talents. Aujourd'hui, la question du recrutement et de l'engagement des jeunes se pose avec beaucoup d'acuité. Ils constituent la force vive des grands groupes. Mais la jeunesse est avant tout animée par une quête de sens. L'an dernier, le "Manifeste étudiant pour un réveil écologique" a eu un énorme impact et a donné lieu à une pétition qui a été signée par la moitié des centraliens. Les élèves de cette prestigieuse grande école d'ingénieurs se sont engagés à ne pas travailler pour un grand groupe afin de ne pas cautionner l'impact négatif de celui-ci sur l'environnement. Pour autant, beaucoup de jeunes restent piégés par le système capitaliste sous d'autres formes que celles de nos aïeux, notamment par la consommation numérique, et ce même si ils sont conscients des enjeux du changement. La génération après la mienne, celle qui a 15 ans de moyenne d'âge, est véritablement beaucoup plus investie.

 

Comment accélérer le changement vers une société plus durable ?

F.F. : Tout d'abord, il faut comprendre les enjeux. Ensuite, la notion d'écosystème est essentielle car il faut agir collectivement pour mettre toutes les parties prenantes autour de la table. Enfin, il faut trouver un nouveau modèle de gouvernance. Il faut engager une collaboration participative pour fédérer les énergies et les idées, ce qui permet notamment d'absorber plus facilement les chocs et les crises, ce qui vaut pour celle que nous traversons actuellement.

 

Que pensez-vous pouvoir apporter au Shift ?

F.F. : Ma valeur ajoutée, c'est mon énergie débordante. J'ai la volonté de transmettre tout ce que j'apprends sur les sujets environnementaux et sociétaux. Je suis dans une démarche de partage. J'aime créer des liens. J'essaye de connecter les membres du Shift qui ne se connaissent pas encore. J'ai également une grande volonté d'agir. Je suis le plus jeune membre du Shift et j'essaye d'incarner la jeunesse engagée auprès de mes pairs.

 

Un défi pour 2020 ?

F.F. : Mon défi, c'est Youth Hacktivators. J'ai envie que cette communauté grossisse et que nous ayons un véritable impact quantifiable à la fin de l'année.

 

Florent Faucher est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 16 avr. 2020
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