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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 11 mai 2020
Portrait de Christine Petit
© DR

Portrait de Christine Petit, directrice du Talent Management et Culture Managériale du Groupe Orange

Formée à l'Institut National des Télécommunications, Christine Petit a fait toute sa carrière chez Orange. Après avoir fait ses premiers pas en pilotant une Business Unit, puis en dirigeant le département des Services Partagés RH, elle a été nommée en 2017 directrice du Talent Management et de la Culture Managériale pour l'ensemble du groupe. Une position qui lui permet de renforcer l'inclusion et la diversité en interne, tout en repensant le rôle social du numérique.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale et confinés chez nous, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Dans vos fonctions, quelles sont les valeurs que vous portez ?

Christine Petit : Orange est une entreprise un peu particulière puisque nous venons historiquement du service public. C'est ce qui fait que, pour nous, l'expérience client est véritablement clé. Tous les salariés ont à coeur de faire leur travail correctement et de bien répondre aux attentes et aux besoins des utilisateurs. Nous avons aussi la volonté, avec Stéphane Richard qui nous a rejoint il y a une dizaine d'années pour diriger le groupe, d'avoir un véritable dialogue social au sein de l'entreprise, en privilégiant la bienveillance et le respect des personnes. Nous sommes dans le dialogue. Nous nous appuyons sur les talents et les ressources des personnes pour mieux collaborer tous ensemble en actionnant le plus possible l'intelligence collective. C'est notre ADN.

 

Vous essayez d'impulser plus d'humanité dans l'entreprise ?

C.P. : Notre leitmotiv, c'est de dire que le numérique est devenu incontournable dans nos sociétés mais que l'humain doit l'être encore plus. Nous gardons les deux, l'humain et le digital. A nos yeux, les personnes sont essentielles. Nous avons impulsé cette doctrine dans notre culture managériale.

 

Comment une grande entreprise comme la votre participe au changement ?

C.P. : Notre activité est fondamentale pour faire bouger les lignes puisque qu'internet, avec la crise que l'on vit actuellement, permet de télétravailller et de téléapprendre. Si il n'y avait pas la fibre, les mobiles, les réseaux, il serait impossible de fonctionner en période de confinement. A ce titre, nous sommes un acteur majeur du fonctionnement de la société, mais aussi de sa transformation. Nous sommes clés pour répondre à la demande et proposer des services. Par ailleurs, nous nous sommes engagés en interne sur la réduction de notre empreinte environnementale, avec une plus large utilisation des énergies renouvelables et des véhicules propres. Nous souhaitons également renforcer l'inclusion numérique pour qu'il n'y ait plus de laissés-pour-compte du digital, de même que la diversité dans le cadre de notre mode de fonctionnement en travaillant avec des personnes qui ont des profils très variés.

 

Justement, comment lutter contre l'inégalité numérique ?

C.P. : Nous travaillons sur ce sujet en étroite relation avec le gouvernement mais aussi avec des partenaires extérieurs pour réduire le plus possible les zones blanches. Il y a un travail qui est fait pour proposer des solutions techniques là ou il n'est pas possible d'amener la fibre. Avec la crise, certains jeunes qui veulent faire leurs devoirs ne peuvent même pas les télécharger. Les autres opérateurs essayent eux aussi de trouver des solutions. Nous ne sommes pas les seuls à nous pencher sur ce problème.

 

L'égalité numérique est aussi une question d'apprentissage des outils ?

C.P. : Je ne suis pas certaine qu'il sera possible d'atteindre un jour une égalité numérique absolue car il sera très difficile d'obtenir le même niveau de bande passante sur l'ensemble du territoire. Les régions reculées seront toujours moins bien couvertes que le centre de Paris. Le but, c'est d'apporter une réponse adaptée à chaque cas de figure pour que tout le monde puisse se connecter. Le satellite offre cette possibilité. Ensuite, nous avons différents programmes pour permettre aux citoyens d'avoir accès aux savoirs dans une logique d'inclusion. Nous avons ouvert des espaces de coworking pour enseigner aux gens qui ne sont pas familiers du numérique comment utiliser un ordinateur. Nous travaillons également avec les écoles. Nous venons dans les salles de classe pour expliquer le code de manière ludique, parce qu'il faut que tout le monde puisse l'apprendre. Ce programme s'appelle Super Codeur.

 

Qu'est ce que la crise sanitaire peut changer pour le numérique ?

C.P. : Il y a une prise de conscience très profonde que les opérateurs des télécommunications sont vitaux. Au moins aussi vitaux que les secteurs de l'alimentation ou de l'agriculture. Le grand public, les instances, les entreprises, et les gouvernements saisissent pleinement aujourd'hui l'importance de cette activité. Il y a beaucoup de questions qui sont apparues avec le confinement. Est ce qu'il est possible d'en tirer des leçons ? Est ce que cela va changer les modes de fonctionnement du digital ? Est ce que les personnes vont davantage rester chez elles derrière leurs écrans ? Il est un peu tôt pour le savoir.

 

Avec la crise, la coopération et la solidarité peuvent-elles devenir une nouvelle richesse pour les entreprises ?

C.P. : Nous sommes déjà positionnés sur ces sujets là. Nous travaillons depuis plusieurs années avec les territoires et les collectivités locales. Je pense qu'il y aura de plus en plus de coopération avec d'autres entités et d'autres secteurs, ce qui va nous permettre à tous et à toutes de travailler différemment.

 

Un défi post-confinement ?

C.P. : Aller chercher des talents avec des profils différents. Nos priorités n'ont pas bougé. Mais il va falloir reprioriser les choses. Tirer parti de cette période pour être sûrs que nous allons dans le bon sens avec ce que nous faisons au quotidien.

 

Christine Petit est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 11 mai 2020
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