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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 3 juin 2020
Portrait de Bruno Vinay
© Geraldine Aresteanu

Portrait de Bruno Vinay, fondateur de tribe to be inspired et experience wizard

Homme de medias et d'évènements, Bruno Vinay a un parcours foisonnant. Après avoir occupé des fonctions en France, notamment chez Hachette Livre et Prisma Presse, et en Australie, chez Bauer Magazines et Telstra Media, il est devenu directeur général du Women's Forum à Paris. Puis il a créé les soirées "Tribe to be inspired", a participé au lancement de Vivatech ainsi qu'au développement de ChangeNow, et a co-construit Sustainable Brands Paris en 2019 avec l'idée que le partage des expériences inspirantes accélère le changement individuel et collectif. Il est un des membres fondateurs de L'ADN Le Shift.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Comment les évènements peuvent-ils favoriser le changement ?

Bruno Vinay : L'expérience est clé. J’ai petit à petit pris conscience que si les formats sont au service du contenu et du vécu, une émotion, une rencontre, un déclic va amorcer chez les participants une évolution dans leur façon d'être et de penser. Cela peut se passer dans un événement, mais aussi grâce à un programme comme L’ADN Le Shift.

 

L'expérience est donc un moyen pour accélérer la prise de conscience ?

B.V. : Oui. Le partage d’un moment, d’une histoire peut provoquer la volonté d’une action. Cette mise en situation donne l’opportunité de mieux partager une problématique, de mutualiser les idées, les solutions et de vivre par procuration les émotions qui sont de véritables moteurs potentiels. Une énergie peut ainsi se déployer. C’est elle qui déclenche l’envie de passer à l’action. Dans les soirées Tribe, où se réunissent environ 200 personnes à chaque session, nous avons toujours une petite poignée de personnes qui prennent la parole à la fin pour annoncer leur volonté de reprendre un projet qu'ils avaient laissé de côté. Quelque soit leur nombre à cet instant précis, le pari est gagné. Et quelque soit le projet aussi. Quand on organise des évènements autour du changement, il faut savoir être humble. Nous aspirons évidemment à ce que tous les présents avancent d'un pas, ensemble. Mais ce n'est pas possible. Il faut accepter que chaque individu soit à un niveau de conscience et de réalisation de ses objectifs qui lui est propre. Chacun avancera à son rythme.

 

Il faut vivre le changement pour commencer à changer ?

B.V. : Pour donner envie d’avancer, il faut créer une impulsion. Celle-ci doit être adaptée à chacun. Toute la finesse de l’organisation réside en la fabrication de matière à expérience suffisamment variée. Chacun doit trouver à un moment du programme, le ou les éléments qui vont le toucher. En fonction de sa maturité dans le souhait de transformation ou de changement. Il ou elle sera inspiré.e par des idées, un parcours et c’est un point de départ crucial. Puis notre rôle est de l’accompagner, une fois sa décision prise, dans la mise en mouvement. Vaincre ses peurs. Quel est le premier pas ? Par où et comment continuer ? Quels outils ? Quels arguments pour convaincre mon entourage, mes équipes, mes supérieurs… ? Comment m‘entourer ?  Quels sont les exemples que j’ai à ma disposition pour changer mes propres paradigmes ?...

 

Multiplier les expériences est la clé pour accélérer le changement ?

B.V. : Exactement. C'est en multipliant les exemples concrets, en rencontrant plus d’acteurs engagés ou en cours d’engagement, que l’accélération peut avoir lieu. Dans les évènements ou les programmes que je mets en place, je suis très attaché au mélange des genres, des profils et des parcours. Le fil rouge commun indispensable est la volonté de bouger et l’intérêt pour l’humain. Aucun changement positif ne peut avoir lieu sans un minimum d’empathie pour son voisin.

 

Votre avis sur la crise ?

B.V. : « Il est urgent de prendre le temps » est la devise avec laquelle nous portons Sustainable Brands Paris vers la prochaine édition. Pour moi, le confinement a (re)valorisé le rapport au temps et aux gens. Dans cette mouvance, l’importance du bien-être, de la consommation et la production locales pourront remettre au goût du jour la campagne, les métiers de la terre et de l’artisanat. C’est une tendance qui pourra toucher l’ensemble de l’échelle sociale, de l’ouvrier au cadre sup. Ce que j’aime est que ce développement – s’il se confirme - va à l’encontre de toute projection futuriste du passé. C’est une belle victoire de l’humain. Faire confiance à l’homme peut nous surprendre positivement.

 

Votre défi post-confinement ?

B.V. : La période est compliquée et cette crise nous oblige à nous réinventer. Le challenge de nos métiers me rappelle l’arrivée du Cinéma en 1920. Cette industrie a fonctionné avec succès sans tuer le théâtre, car elle a introduit de nouveaux formats dans le spectacle qui ont contribué à créer des émotions autrement. Notre objectif aujourd’hui dans l’évènementiel engagé, est d’accélérer le changement en restant frugal et toujours plus respectueux de l’environnement. L’humain reste au centre et notre défi se résume deux mots : ré-enchanter l’expérience.

 

Bruno Vinay est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 3 juin 2020
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