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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 26 juin 2020
Portrait d'Arnaud Chaigneau

Portrait d'Arnaud Chaigneau, chief marketing officer de Schoolab, RaiseLab et MoHo

Diplômé en droit de l'Institut Catholique d'Etudes Supérieures et en management d'Audencia Nantes, Arnaud Chaigneau a co-fondé Intuiti en 2004, une agence de marketing digitale qui a pour but d'optimiser les parcours des utilisateurs pour générer de l'impact sur les business models des entreprises. Il a ensuite accompagné la transformation de NUMA et a été en charge de l'écosystème Startups. Depuis 2019, il est devenu Chief Marketing Officer de Schoolab pour permettre aux organisations de renforcer leurs capacités d'innovation, de RaiseLab pour accompagner les collaborations entre grandes et jeunes entreprises, ainsi que de MoHo pour re-mobiliser les citoyens et les entreprises autour des enjeux de transition écologique et d'inclusion numérique.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier les portraits des membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Comment fonctionne Schoolab ?

Arnaud Chaigneau : Nous intervenons sur tous les sujets d'innovation et de transformation des entreprises par les individus. Notre pari, c'est de dire que les organisations sont transformées par les gens qui les composent. Il faut pouvoir faire grandir les individus pour faire grandir les innovations. Nous faisons travailler ceux-ci sur des projets entrepreneuriaux en poussant le collaboratif et en les mettant en situation.

 

Dans l'idée de replacer les entreprises au service du bien commun ?

A.C. : Dans l'idée de les rendre plus humaines, plus adaptables, et plus agiles. En se refocalisant non pas sur les ressources humaines, mais sur les individus eux-même, nous remettons tous les gens à la bonne place pour que les entreprises puissent innover et créer de l'impact.

 

En quoi est-ce différent de la RSE ?

A.C. : C'est différent parce que l'objectif n'est pas le même. Pour que les individus puissent créer de l'impact, nous leur fournissons de nouvelles mécaniques d'apprentissage par l'entrepreneuriat et par le collectif afin que les organisations gagnent en agilité. Nous créons des formats d'innovation.

 

Ça passe par quelles modalités ?

A.C. : Il y a d'abord du conseil. Nous définissons des projets avec les structures. Par exemple, L'Oréal souhaite créer une nouvelle école de coiffure. Nous allons les accompagner en sollicitant des gens en interne, structurer le projet, et faire grandir les individus dans leur apprentissage des soft skills. Nous travaillons avec les entreprises sur leur culture de gouvernance en définissant une nouvelle manière de manager et de s'organiser. Il y a du conseil, mais toujours accompagné par de la mise en œuvre. Ensuite, nous les aidons à transformer leur manière de produire avec tout ce qui est lié au product management et aux nouvelles méthodes agiles. Enfin, nous leur permettons de recréer des systèmes de flux entre les collaborateurs pour leur permettre de mieux coopérer ensemble. Pour finir, nous leur donnons la possibilité d'imaginer de nouveaux outils pour atteindre leurs objectifs. Le but est de faire en sorte que les gens puissent mieux travailler ensemble avec une réelle fluidité de l'information.

 

C'est un moyen pour mieux définir leur raison d'être et leur rôle social ?

A.C. : C'est vraiment l'enjeu majeur. L'État, comme on a pu le voir avec la crise du Covid, a ses limites. Aujourd'hui, il y a une autonomie et une responsabilisation plus forte qui est donnée aux acteurs privés. Les entreprises ont un rôle citoyen à jouer. Elles doivent être un vecteur de changement. Et dans la séquence qui arrive à présent, tout ce qui ne correspondra pas à ce rôle là deviendra problématique. La mécanique très compliquée qui, normalement, doit permettre à ces structures de participer au changement de manière active tient dans la mise en cohérence de l'ensemble des parties prenantes et dans l'alignement des paroles et des actes.

 

Est ce que le capitalisme est en train de devenir plus vertueux ?

A.C. : Je pense que la France pourrait prendre ce chemin là. Aux Etats-Unis, la définition même du capitalisme est jusqu'au boutiste et beaucoup plus sauvage. Ici, nous sommes sur une logique où il reste, à mon sens, un moyen pour que l'humain retrouve sa place. Si nous opérions une réorientation radicale sur un projet beaucoup plus écologique, je pense que ce serait gérable en France. Mais est-ce qu'on peut le faire en étant en rupture avec le capitalisme sauvage au niveau mondial ? Pour que le capitalisme prenne une envergure plus verte et pousse les entreprises dans cette direction, il faudrait faire l'impasse sur le court terme et avoir une vision ancrée dans un temps long. Et c'est compliqué dans le monde dans lequel on vit. J'essaye de pousser ça avec MoHo. Notre but est recréer des mobilisations citoyennes sur deux grands sujets qui sont la transition écologique et l'inclusion numérique. Nous avons plusieurs programmes, dont un en collaboration avec l'Université de Berkeley qui vise à tempérer l'utilisation du plastique et à trouver des solutions alternatives. Nous allons ouvrir un lieu de 7500 mètres carrés situé en Normandie en décembre. MoHo est une structure d'impact.

 

Votre projet essentiel pour 2020 ?

A.C. : Le lancement de MoHo. Il faut que cette structure, qui est encore toute jeune, puisse trouver son écosystème. Et puis, il faut que ce projet soit compris pour que les gens, les citoyens, les entreprises y voient un accélérateur de transformation et de changement auquel ils peuvent participer.

 

Arnaud Chaigneau est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 26 juin 2020
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