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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 2 avr. 2020
Arnaud Barthelemy
© DR

Portrait d'Arnaud Barthelemy, associé chez Alpha Intelligence Capital

Énarque, diplomate, ancien membre de la représentation de la France aux Nations Unis et ex-consul général à Hong Kong, Arnaud Barthelemy a quitté l'administration pour mettre ses talents au service d'une société de venture capital spécialisée dans l'investissement et l'IA. Il fait partie de ceux qui pensent que l'économie a le pouvoir de transformer le monde dans le bon sens.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale et confinés chez nous, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Shift. Un portrait, une rencontre.

Selon vous, l'implication de la finance sur les questions environnementales est nécessaire pour accélérer la transition vers un modèle plus responsable ?

Arnaud Barthelemy : C'est absolument évident. La finance peut avoir un impact majeur. De plus en plus de grands actionnaires et de fonds d'investissements souhaitent investir uniquement dans des sociétés qui font des efforts pour le climat. Il est évident que ça change la donne. Il faut à la fois plus de régulation et plus de contraintes, mais également des acteurs économiques qui font bouger les choses. C’est tout l’enjeu du développement de la finance verte.

 

Votre décision de rejoindre L'ADN Le Shift est le résultat de cette réflexion ?

A.B. : Je suis convaincu que le progrès viendra de l’implication des acteurs économiques, grâce a une règlementation plus stricte et incitative. Ce qui m’ennuie par exemple, c'est qu'il y a deux visions qui s'affrontent aujourd'hui sur le terrain de l'écologie. D'un côté, les adeptes de la décroissance. C'est extrêmement dangereux. La décroissance ne peut rien amener de bon. Elle conduit a l’affrontement pour le contrôle de richesses qui ne croitraient plus. De l'autre côté, il y a des gens qui prêchent pour la mise en place de contraintes plus fortes. Je suis plutôt dans cette deuxième catégorie. Quand les régulateurs fixent de nouvelles règles, les entreprises doivent trouver des solutions pour les respecter. Les technologies qui permettent de lutter contre le réchauffement climatique sont connues et commencent a être mises en oeuvre. Les émissions mondiales de CO2 ont stagné en 2019 et elles ont baissé en Europe et même aux Etats-Unis, grâce notamment à l’utilisation de technologies plus efficientes. Les progrès sont réels. Je ne partage pas nécessairement le catastrophisme ambiant.

 

L'optimisme semble être pour vous un vecteur essentiel du changement ?

A.B. : C'est absolument certain. Je ne vois pas ce que le pessimisme a engendré de bien dans l'histoire de l'humanité. Je crois au progrès et à la capacité des êtres humains à surmonter les défis auxquels ils doivent faire face. Je suis fondamentalement et profondément optimiste sur la nature humaine. Les défis environnementaux nous obligent à réagir. Et nous le faisons.

 

Vous misez également sur l'intelligence artificielle. C'est un cheval de bataille important pour vous ?

A.B. : L'IA, ce n'est que le début. Ça va prendre du temps. Elle est pour l'instant assez rudimentaire. Mais elle permet déjà des gains de productivité importants, c'est à dire de faire plus avec moins de ressources, aussi bien naturelles que financières. En soit, c'est bien.

Les applications de l'IA en matière agricole par exemple nous permettent de produire de façon plus intelligente et plus respectueuse de l'environnement. C'est valable dans beaucoup de domaines. Les modes de consommation deviennent de moins en mois énergivores.

 

Si vous deviez résumer la crise actuelle en trois mots, quels seraient-ils ?

A.B. : Je dirais que ce que nous vivons actuellement, c'est une transformation profonde. C'est le premier mot. Et je pense que chaque crise, aussi profonde voire dramatique qu’elle soit, peut aussi représenter des opportunités, notamment de prise de conscience et de changement de comportements. Allons-nous mieux produire et consommer autrement ? Allons-nous revoir nos modes de déplacement parfois trop frénétiques ? etc…  Les trois mots que j’utiliserai sont donc : transformation, adaptation et opportunités. Et je continue a croire au progrès : ces trente dernières années, des centaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté et de la sous-alimentation. Ne l’oublions pas.

 

Arnaud Barthelemy est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 2 avr. 2020
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