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We Love Green, la musique s'engage

Le 26 mai 2016

La 5eme édition du festival We Love Green aura lieu les 4 et 5 juin dans un nouveau décor : la plaine St Hubert du Bois de Vincennes avec PJ Harvey comme tête d’affiche et une quarantaine d’artistes. Tour d’horizon avec Marie Sabot, la fondatrice.

Comment est né We Love Green ?

Marie Sabot : Chez We Love Art, on avait une dizaine d’années d’expérience d’événements indoor de musique électronique et indie dans des lieux atypiques. On était solides en matière de production et on avait envie de lancer un festival en plein air qui soit le plus innovant possible, avec une organisation optimale et un engagement en termes de développement durable. Pas uniquement basé sur l’entertainment donc, mais porte-parole d’un sujet cher à toute une génération. On s’est mis à travailler la logistique en rassemblant des solutions techniques inspirées de ce qu’on avait pu voir en Angleterre dans des festivals comme Shambala, Green Man, Secret Garden…, notamment pour la production d’énergie. Et je suis allée présenter le projet à Emmanuel de Buretel, patron de Because music / Corida / La Cigale, car on avait besoin d’un coproducteur très installé dans le milieu indie, étant nous-mêmes plus électro. Il a foncé illico et nous a aidés à  développer l’événement jusqu’à sa mise en place au parc de Bagatelle pour sa première édition en 2011.

 

Evoquons les artistes…

M. S. : Leur première démarche, c’est celle de choisir de venir sur We Love Green alors qu’ils ont beaucoup de propositions en France et en Europe sur des festivals plus gros, ou très subventionnés, et avec des offres financières plus importantes. On le voit encore cette année avec PJ Harvey et LCD Soundsystem qui ont choisi de se produire chez nous. On ne leur demande pas de prendre position sur l’aspect éco-responsable du festival, mais finalement on s’aperçoit qu’ils le font d’eux-mêmes, via des messages sur leurs réseaux. La plupart porte une attention particulière à la réflexion environnementale et ça nous inspire.

Au préalable, c’est vrai qu’on a des discussions assez délicates avec eux : les puissances électriques et énergétiques sont assez basses sur le festival qui est alimenté en énergie renouvelable, notamment en solaire pour ce qui concerne la grosse scène. On ne peut donc pas répondre à tous les besoins des artistes en termes d’énergie, il faut adapter leur dispositif scénique aux contraintes techniques.

 

Sur quelles améliorations avez-vous travaillé d’une édition après l’autre ?

M. S. : Quand un festival grossit, la première problématique consiste à tenter de conserver ce que l’on a testé de façon laboratoire et qui a fonctionné. Rester optimal et aussi exigeant en passant de 15 000 à 50 000 personnes est le premier challenge. Et il faut avoir les moyens financiers de le faire ! A date, le festival a très peu de financements publics, c’est même anecdotique. On fait partie d’une génération qui monte des projets culturels avec très peu d’aides des institutions ce qui nous oblige à aller chercher des financements privés et à avoir des discussions très poussées pour que nos partenaires adoptent la même charte que nous en termes de production, sur leurs stands notamment.

We Love Green, il faut penser que c’est une petite ville qu’on doit monter. Et à l’échelle de 50 000 personnes, tout le dispositif énergétique – panneaux solaires et carburant recyclé – nous coûte le triple comparé à du diesel.  Il faut optimiser les transports, amener les 35 restaurateurs à travailler en réseaux d’achat, en traçabilité du produit, en mutualisation d’énergie avec les camions frigorifiques. On a donc fait des workshops en amont pour leur faire comprendre les enjeux de l’événement : c’est de la formation, c’est du temps… Concernant les déchets du festival, on a pu rationnaliser d’année en année, en faisant des tests avec la Ville de Paris notamment pour composter l’intégralité des déchets de la restauration.

On tente des choses avec nos moyens. On n’a que 25 000 euros de la région Ile de France et 50K de l’ADEME sur un budget de 3,3 millions d’euros, alors qu’il y a d’autres festivals qui reçoivent des aides à six chiffres ! Donc garder la même exigence est une vraie gageure pour nous.

 

Cette année vous changez de lieu, une question de capacité ?

M. S. : Pour monter We Love Green, la Ville de Paris nous avait proposé en 2010 le parc de Bagatelle, un lieu fragile auquel on n’avait pas du tout pensé au préalable et y installer le festival s’est avéré être un vrai challenge car il y avait beaucoup de contraintes dues à la délicatesse de l’endroit…  L’année dernière avec  50 % de fréquentation supplémentaires, on est arrivés au bout de notre développement à cet endroit.

Sachant que pour cette édition 2016, on va accueillir environ 50 000 personnes contre 35 000 en 2015, le changement de site était nécessaire. La 5e édition de We Love Green va donc s’installer dans la vaste plaine St Hubert du Bois de Vincennes, une suite de clairières très différentes les unes des autres, un espace très sauvage, très nature qui pour nous est le cadre idéal. On est sur un nouveau site et on réinvente une nouvelle dynamique, c’est  un nouveau challenge !

 

 

 

Autres infos :

La plaine Think Tank avec conférences, présence de startups axées développement durable, de l’artiste contemporain danois Olafur Eliasson qui sera invité d’honneur, ainsi que de Fernando Romero, architecte de l’aéroport de Mexico, le plus à la pointe en termes d’innovations technologiques et développement durable.

Plus d'infos ici !

 

L’ADN est partenaire de l’événement. 

L'ADN - Le 26 mai 2016
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