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Futur en Seine : c’est demain !

Le 9 juin 2015

L’ADN est partenaire de Futur en Seine, le festival d’innovation numérique qui rythmera dès demain la région parisienne pendant 10 jours. Rencontre avec Eric Scherer, Curateur de l’événement.

Pouvez-vous nous présenter votre rôle au sein du festival ?

Eric Scherer : Mon rôle est d’organiser de grandes conférences autour d’un thème central. Cette année, il s’agit de remettre l’humain au cœur du numérique. On en a tous besoin aujourd’hui, et les conférences traiteront le sujet de différentes façons. Les politiques publiques sont-elles à la hauteur des enjeux du monde de demain et du numérique ? On se rend compte que ce ne sont pas forcément les gouvernements qui sont les plus performants, mais parfois les villes elles-mêmes… La question qui se pose ensuite est celle des entreprises : sont-elles trop grosses pour innover, pouvoir se réinventer et s’adapter à ce nouveau monde ? Deux tables rondes, avec les patrons de grandes sociétés (SNCF, ADP, FNAC…) vont éclairer la façon dont les entreprises gèrent leur transformation, et dont elles peuvent collaborer avec les startups. Nous allons aussi traiter de sujets humains et sociétaux. Est-ce que l’on ne serait pas trop connecté ? Ce n’est pas un hasard si les patrons de la Silicon Valley prennent des temps off… Le problème, ce sont les frontières entre le monde réel et le monde digital qui s’effacent, au même titre que les frontières personnelles et professionnelles. Nous aborderons également des questions délicates comme la montée de l’intelligence artificielle et des robots. Quelles sont les vraies opportunités ? Comment pourra-t-on redéfinir l’emploi, que faire du temps retrouvé ? Nous décrypterons également les nouvelles plateformes. Qui va se faire « uberiser » ? Comment les plateformes réussissent à bousculer les industries établies ? Quels secrets derrière ces modèles économiques ? Nous parlerons aussi du Blockchain lors d’une conférence avec la Maison du Bitcoin.

 

Le festival traite beaucoup du rôle du numérique dans les enjeux environnementaux. Pouvez-vous nous en dire plus ?

E. S. : L’approche de la COP21 pose certaines questions. Les ressources de la planète ne sont pas infinies : comment la technologie peut-elle nous aider à faire naître des alternatives ? Nous voyons l’apparition d’initiatives autour de l’alimentation responsable. Il faut de nouvelles pistes pour faire manger les milliards d’êtres humains que nous sommes, tout en relevant les défis liés au climat.

 

Les questions posées sont multiples, et les enjeux conséquents. Pourra-t-on les relever ?

E. S. : Ce sont les startups qui vont réussir à nous réinventer. Elles ont un mode d’opération agile, souple, en lien avec les nouvelles générations. Ce sont elles qui vont nous aider à être pertinents dans le monde de demain, on ne pourra pas rester entre grands groupes. Il faut sortir du digital pour le digital et humaniser ces transformations. Il ne s’agit pas de les ralentir, mais de les rendre compréhensibles pour ceux qui sont mis de côté. Il y a une énorme fracture numérique dans nos sociétés : certains avancent au rythme de l’innovation tandis que d’autres n’y comprennent rien.

 

A quoi est liée, selon vous, cette fracture numérique ?

E. S. : Ce n’est pas qu’une question de génération. On peut voir des personnes âgées qui s’y mettent et qui sont assez curieux pour comprendre les mutations, et paradoxalement des jeunes qui s’y refusent. C’est une question de curiosité et de conservatisme. Les politiques restent focalisés sur des questions très classiques de sécurité, de croissance. Les dirigeants des grands groupes mais aussi de l’exécutif et du législatif ne prennent pas les mesures de ce qui se passent. La loi sur la surveillance en est l’une des illustrations : ils sont dépassés par ce qui arrive. Ils n’ont pas forcément en vue les défis de demain. Le résultat, c’est que ce sont les grands patrons des géants du web qui vont s’y pencher. Lorsque les robots pourront remplacer l’humain dans les entreprises, comment va-t-on payer les gens ? Quelles seront les formations de demain ? On ne peut pas continuer comme ça, et pourtant ça ne fait que commencer. Le fait est que nous avons du mal à mesurer l’ampleur de ce qui va arriver. Je ne parle même pas de l’homme immortel, mais de la puissance exponentielle des machines informatiques qui sont en train de dévorer le monde. Nous vivons une époque de transformation extraordinaire. A part l’invention de l’imprimerie, il n’y a pas d’équivalent dans l’Histoire. Et comme cette révolution va très vite et que tout le monde veut apporter sa pierre à l’édifice, on ne s’attarde pas sur les conséquences…

 

Avez-vous des conseils pour bien préparer son festival ?

E. S. : Venez en famille ! Plus il y a de gens, plus l’on découvre ce qu’il y a d’intéressant. Il faut emmener les enfants pour qu’ils puissent expérimenter la réalité virtuelle, jouer avec les imprimantes 3D… Le numérique crée une relation intergénérationnelle inédite où ce sont les jeunes qui apprennent aux vieux. C’est aussi le cas au festival.

 

Retrouvez le programme complet avec le détail des intervenants.

Mélanie Roosen - Le 9 juin 2015
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