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Graphique de croissance

Levées de fonds : In Extenso et l'ESSEC analysent les tendances

Le 16 avr. 2021

Plus d’un milliard d’euros levés par les start-up en France et un ticket moyen qui progresse, un vent d’optimisme souffle sur le marché du capital-risque et les acteurs ont confiance en l’avenir.

Face aux nouveaux challenges des entreprises, exacerbés par la crise actuelle, In Extenso Innovation Croissance s’associe au Centre Entrepreneuriat et Innovation d’ESSEC Business School dans le cadre de son étude trimestrielle des tendances d’investissement sur le marché du capital-risque. En jeu, une analyse quantitative et qualitative des opérations de levée de fonds en France et en Europe appuyée sur la connaissance approfondie des modèles économiques et les retours d’expérience des acteurs du marché. Aux données chiffrées traditionnellement mises à disposition au titre du Baromètre, s’ajouteront désormais des entretiens d’experts réalisés auprès des fonds et des entreprises qui lèvent. Cette nouvelle démarche a pour ambition d’explorer et de valider les trajectoires de développement des entreprises innovantes à l’échelle des territoires mais également de comprendre le comportement des acteurs du marché.

Un début d’année prometteur pour le capital-risque

Les acteurs le confirment, les voyants sont au vert pour ce début d’année 2021. L’augmentation du montant total des investissements en France (+9%) et en Europe (+96%) associée à la progression généralisée des tickets moyens – respectivement +21% et +103% - sont les signes forts d’un retour à des niveaux d’investissement d’avant crise. La performance record du mois de mars 2021 – près de la moitié des montants levés sur le trimestre – traduit le climat de confiance et l’optimisme exprimé par les fonds au cours des entretiens menés sur la période.

« La digitalisation de l’économie a connu un coup d’accélérateur sans précédent en 2020 du fait de l’urgence des entreprises d’adapter les modes de collaboration. Cette accélération a un effet rémanant : la croissance post-Covid des investissements dans les solutions digitales est supérieure à ce qu’elle était avant le covid. Pour financer une demande croissante, ces start-up digitales font appel au financement en capital auquel elles promettent des perspectives très attractives. Cela se traduit par une hausse soutenue des valorisations. » observe Patricia Braun, Présidente d’In Extenso Innovation Croissance.

Toutefois, le recul du nombre des opérations sur les marchés français (-11%) et européen (-14%) révèle une concentration des investissements sur les entreprises matures (60% des entreprises qui lèvent en France ont plus de 5 ans) et sur les start-up du numérique, au détriment des projets liés à la transition écologique et énergétique. Ce double constat pose la question de l’existence de conditions favorables à l’émergence de réels challengers et innovateurs sur les Cleantech.

« A contrario, les startups cleantech exploitant des technologies incrémentales ou de rupture ne connaissent pas cette cassure de trajectoire. Malgré la volonté collective d’apporter des solutions à l’urgence environnementale, elles font face aux mêmes règles de go-to-market qu’avant la pandémie. La montée en TRL, l’intégration dans les écosystèmes industriels, le passage à l’échelle et les perspectives de valorisation de sortie, restent semblables à l’avant-pandémie. » complète Nicolas Landrin, Directeur du Centre Entrepreneuriat et Innovation de l’ESSEC.

In Extenso Innovation Croissance et l’ESSEC suivront conjointement l’évolution de la destination des investissements sur les prochains trimestres, avec une attention particulière portée sur le risque de dichotomie sur les investissements, causés par une très forte appétence des GP et des LP pour le digital, potentiellement au détriment des cleantech et deeptech.

Peggy Baron - Le 16 avr. 2021
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