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Champs de blé

Le label équitable Fairtrade / Max Havelaar s’ouvre aux producteurs français

Le 5 mai 2021

Max Havelaar présente un nouveau dispositif de certification pour soutenir les producteurs français les plus fragiles économiquement dans les filières lait et blé.

Selon un sondage OpinionWay inédit pour Max Havelaar, si les Français plébiscitent toujours autant le Made in France, (62%), ils sont désormais 53% à réclamer le respect d’un prix payé aux agriculteurs qui couvre leurs coûts de production. Alors que le gouvernement, dans une prochaine loi EGALIM 2, se penche sur ce mécanisme central du prix payé aux agriculteurs, outil par excellence du commerce équitable, Max Havelaar présente un nouveau dispositif de certification innovant pour soutenir, sans attendre, les producteurs français les plus fragiles économiquement dans les filières lait et blé.

Les Français veulent soutenir les agriculteurs

Pour la 20ème édition de la Quinzaine du Commerce Equitable, Max Havelaar a souhaité donner la parole aux Français via un sondage OpinionWay. Selon eux, les deux principales raisons qui pénalisent le plus l’agriculture française sont pour :

  • 67% des Français, les prix bas imposés aux agriculteurs par intermédiaires et distributeurs
  • 63% des Français, la concurrence avec d’autres pays aux normes moins contraignantes

Conscients des enjeux, les Français reconnaissent aussi l’existence de solutions dont ils se rendent acteurs lorsqu’ils le peuvent. En tête des actions jugées les plus positives pour l’agriculture française, se trouvent :

Et ils agissent ! Les Français se sont largement emparés des moyens dont ils disposent pour soutenir l’agriculture française. En effet, 81% des interrogés déclarent avoir agi pour soutenir l’agriculture dans leur consommation alimentaire.

Un constat préoccupant pour l’agriculture française

Le métier d’agriculteur ne garantit même plus le salaire minium français. Pire, un tiers des agriculteurs perçoit moins de 350 euros de revenu d’exploitation. Dans dix ans, la moitié des agriculteurs auront l’âge de la retraite tandis que le taux de reprise d’exploitation chute chaque année. Le taux de suicide agricole est 12,62% supérieur au reste de la population (MSA 2015). Comment dans ces conditions espérer inciter les jeunes à reprendre les exploitations ?

Les principales causes de cette situation inquiétante sont proches de celles qui ont motivé la création des premières filières équitables il y a trois décennies : déséquilibre du rapport de force entre producteurs et acteurs en aval de la chaîne de production, fixation des prix par des marchés internationaux, volatilité génératrice d’incertitude, pression constante sur les prix sans considération pour les coûts de production réels…

Fort de ce constat, Max Havelaar propose une labellisation des producteurs français : garantie de meilleure rémunération, accompagnement vers une agriculture durable, contribution au maintien de territoires ruraux.

Comme pour les filières Sud, la labellisation équitable peut débloquer certaines impasses en impliquant les consommateurs. Fairtrade/Max Havelaar s’engage aujourd’hui sur les filières françaises de blé et lait grâce à une méthode inédite de fixation du prix garanti en fonction du territoire et d’un objectif chiffré de revenu. La traditionnelle prime collective propre au commerce équitable, l’éligibilité automatique en cas de conversion vers le bio et un cahier des charges compatible Haute Valeur Environnementale-HVE, seront des outils d’accompagnement vers une agriculture durable. L’approche territoriale et l’éligibilité des jeunes en installation contribueront au maintien de l’activité agricole dans les territoires en déprise. Cette innovation est expérimentée sur le marché français et le dialogue ouvert au niveau européen.

La certification Fairtrade/Max Havelaar, un levier de croissance

Parce que le commerce équitable porte des valeurs universelles, le développement d’une production française certifiée Fairtrade/Max Havelaar sera également un levier de croissance pour les filières historiques du Sud. Les nouveaux ingrédients blé et lait compléteront les ingrédients équitables habituels produits hors de France (cacao, fruits exotiques, sucre de canne, café). De nouvelles catégories équitables de produits seront rendues possibles, là où cohabitent lait et vanille, blé et pépites de chocolat… : yaourts, crèmes dessert, viennoiseries, pâtisseries, biscuiterie.

« Plus d’ingrédients certifiés permettront de créer des produits nouveaux, cela créera une solidarité de fait entre agriculteurs fragilisés au Nord et au Sud, et de garantir un juste prix à l’agriculteur, d’où qu’il soit. Les consommateurs réclament cette cohérence. »

Blaise Desbordes, DG de Max Havelaar France
Peggy Baron - Le 5 mai 2021
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