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Couple regardant une étiquette dans un supermarché
© Jack Sparrow - Pexels

Eco-Score : une notation environnementale pour les produits alimentaires

Le 13 janv. 2021

Sur le même principe que le nutri-score, un nouvel indicateur baptisé “éco-score”vise à sensibiliser les consommateurs sur l’impact environnemental des produits alimentaires.

Dix acteurs de l’alimentation lancent un nouveau logo pour mesurer l'impact environnemental d’un produit : l’éco-score. Classé de A à E et du vert au rouge, l’éco-score mesure l’empreinte écologique des produits alimentaires. Afin d’établir la notation, 2500 produits alimentaires et plats préparés ont été passés au crible. Sept critères sont pris en compte pour déterminer l’éco-score d’un produit : la culture et l’élevage des ingrédients, leur transformation, leur saisonnalité, leur provenance, l’emballage, le transport et enfin la livraison. Une expérimentation avait été lancée en septembre 2020 encadrée par l’ADEME et l’Inrae.

Graphique de calcul de l'ecoscore

Guider le consommateur dans ses choix alimentaires

Cet éco-score, très proche du Co2 Score proposé par les membres de la Convention citoyenne sur le Climat, est proposé par dix acteurs de l’alimentation, parmi lesquels Yuka, Marmiton ou encore FoodChéri, Seazon, La Fourche, Etiquettable, Open Food Facts, Eco2 initiative, ScanUp, Frigo Magic. Leur objectif est d’informer les consommateurs de l’impact des produits afin de les guider vers des modes de consommation plus responsables. Il peut être appliqué aussi bien aux produits agro-industriels qu’aux plats préparés.

« Depuis plusieurs années, nous travaillons sur des recettes équilibrées et des ingrédients limitant au maximum notre impact sur l’environnement. Je suis fière de pouvoir désormais mettre entre les mains de nos clients un nouvel outil qui va les aider à faire les meilleurs choix possibles pour leurs déjeuners », déclare Caroline Vignaud, chef R&D de FoodChéri.

Fonctionnement de l'éco-score

L’éco-score trop favorable à l’élevage industriel et intensif ?

Toutefois, selon 17 organisations de défense de consommateurs, de l’environnement, ainsi que le Syndicat Agricole Confédération Paysanne et la filière de production biologique française, ce nouvel indice serait trop favorable à l'élevage intensif et industriel. Tous estiment que cette notation risque de « favoriser de manière aberrante l'agriculture intensive » sans prendre en compte les « externalités positives » des systèmes d'élevage extensifs. Selon eux, le problème viendrait de la banque de données publique Agribalyse, qui permet aux consommateurs de connaître l'impact environnemental des produits agricoles en suivant la méthode de l'analyse du cycle de vie (ACV). Mise au point par l'industrie, cette méthodologie « pénalise très fortement les produits issus d'élevages herbagers ou de l'agriculture biologique » et « ne prend pas correctement en compte les atteintes à la biodiversité et l'impact des pesticides », estiment-ils.

Si les concepteurs de l'éco-score se disent « totalement conscients des limites de l'analyse du cycle de vie », ils soulignent néanmoins que les bonus-malus ont le mérite de valoriser les produits labellisés ou produits localement : « Un bœuf à l'herbe français aura un meilleur score qu'un bœuf brésilien n'étant pas en prairie », assurent-ils. Dans l'immédiat, l'éco-score sera disponible sur les applications des partenaires du collectif.

Peggy Baron - Le 13 janv. 2021
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