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"Notre industrie est maltraitée"

Le 29 avr. 2015

A mi-mandat, Vincent Leclabart, Président de l'AACC nous livre son bilan et ses ambitions pour aller contre les idées préconçues véhiculées contre l'industrie publicitaire.

Quel est votre bilan à ce mi-mandat à la présidence de l’AACC ?
Vincent Leclabart
: Le constat est que notre industrie est maltraitée, mal vue par les hommes politiques, les hauts fonctionnaires. Ils méprisent le secteur et ont une mauvaise image des agences et de leur activité, alors que la publicité est une industrie créative. Elle joue un rôle essentiel dans l’économie, la créativité produit un effet de levier absolument considérable sur l’économie et la société.

Comment modifier cette perception ?
Vincent Leclabart:
Nous voulons revendiquer la créativité comme valeur centrale de notre métier. Nous nous définissons comme industrie créative. Des études, dont celles de la Ministre Aurélie Filippetti; et celles d’EY, démontraient que la créativité est centrale pour l’économie et la suppression des droits d’auteurs serait grave.

Nous allons donc sortir plusieurs études dont une étude économétrique qui va tenter de quantifier les effets de levier de notre profession sur l’économie.

Cela existe en Angleterre : cette étude réalisée par Deloitte, conclut qu’une livre investi en pub produirait 6 livres de PIB.

La pub génère du chiffre  d’affaires, des économies, cela diminue le coût social des accidents de la route, de la santé... Nous allons essayer de prouver cela, ce qui n’est pas toujours simple.  Nous travaillons sur la méthodologie.

 

Quels sont vos prochaines initiatives ?

Vincent Leclabart: Nous poursuivons toutes les initiatives telles que les conférences INTEGRAAL et bien d’autres projets à venir.

Nous souhaitons nous rapprocher de l’UDECAM, ensemble nous serons plus forts. Nous voulons également nous rapprocher des régies media, dont nous sommes complètement coupés, ce qui n’est pas normal.

Sur le fonctionnement de l’AACC, nous voulons nous adresser à tous au sein des agences et pas uniquement aux patrons.

Nous voudrions créer une commission sur le Brand Content car cela concerne tout le monde.

 

Comment percevez-vous les annonceurs depuis ce début d’année 2014 ? Sont-ils toujours dans la prise de risque minimale ?

Vincent Leclabart: Oui, c’est sûr. Ils sont un peu plus audacieux sur internet mais, pour la moyenne, ils ne se donnent pas les moyens d’y aller vraiment. Cela bouge quand même assez vite en ce moment. Ce n’est pas la catégorie qui compte, on l’a vu lors de ce Cannes, mais les idées.

Quand on juge, comme ce Cannes, alors que tout n’est pas réel, mais que l’évènement fait office de véritable laboratoire, cela donne envie d’aller mieux. On constate que le sujet est l’idée. C’est la raison pour laquelle la France marche bien. Elle a changé de dimension. Avant, on primait la qualité d’un regard sur quelque chose. On créait une connivence, plutôt de culture anglo-saxonne, désormais c’est dépassé : maintenant on juge, la capacité de faire bouger des gens, de les amener quelque part.

On reste sur une écriture qui reste plus classique en print et outdoor, il y a des choses réjouissantes sur les autres formats. En termes de craft, on a fait des progrès.

L'ADN - Le 29 avr. 2015