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Manif virtuelle en Turquie

Le 3 oct. 2013

Amnesty International crée le premier site de manifestation virtuelle contre les violences policières en Turquie. Le site utilise les réseaux sociaux, Google Map et Google+.

Dans un rapport publié le 2 octobre à Istanbul, Amnesty International pointe la répression violente des manifestations anti-gouvernementales de juin dernier en Turquie et dénonce des « violations des droits humains à très grande échelle ». Pour protester pacifiquement contre cette violence et demander justice, Amnesty International Turkey a lancé cet été le site internet Backontaksim.org conçu par les agences HEREZIE et ANGSTRÜM offrant à tous un espace libre et sécurisé à l'abri de toute violence policière. 

 

En utilisant Google Map, le site permet aux Internautes de manifester virtuellement, directement sur la place Taksim et de faire part de leur engagement auprès de leur communauté Facebook, Twitter ou Google+. Le site permet aussi d'aller signer une pétition destinée au premier ministre.

 

Malgré le piratage et le blocage du site à deux reprises, les menaces du gouvernement contre les utilisateurs de réseaux sociaux, et le silence total de la presse et de la télévision sur cette opération, le site a reçu plus de 40 000 visites. Près de 6 000 « manifestants » virtuels se sont positionnés sur la place Taksim et la pétition a recueilli 4 700 signatures.

 

L'opération a été largement relayée par d'autres ONG, dont le plus grand site de défense de droits de l'homme Bianet.org. Elle est également soutenue et relayée sur Twitter par de nombreuses célébrités turques : sportifs, acteurs, journalistes, artistes, fashion designers...

 

En juin dernier, la Turquie a été secouée par une vague de manifestations antigouvernementales sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du parti islamico-conservateur. La riposte a été violente : une manifestation pacifique dans le parc Gezi à Istanbul a été violemment dispersée. Dans les semaines suivantes la protestation a gagné tout le pays. Au cœur du mouvement, la place Taksim, à Istanbul, devenue le symbole de la protestation. Interdite aux manifestants, régulièrement évacuée, la Place Taksim a été le théâtre de violences policières excessives : utilisation de balles réelles pour disperser les manifestants, yeux crevés, traumatismes crâniens, gaz lacrymogènes utilisés massivement (plus de 1 000 grenades lacrymogènes), et même sévices sexuels infligés par des policiers à des manifestantes. Au total, cette répression a déjà fait plus de 8 000 blessés et 5 morts, et entraîné quelques 5 000 arrestations arbitraires.

L'ADN - Le 3 oct. 2013